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Les difficultés d’accès aux intrants agricoles et le péril acridien menacent le déroulement de la campagne agricole 2020-2021. Les ministres chargés de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche des Etats membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) notent avec préoccupation la situation de vulnérabilité alimentaire dans laquelle se trouveraient 6,5 millions de personnes au cours de la période de soudure (juin-août) dont plus de 336 680 en situation d’urgence. Cette vulnérabilité alimentaire aggravée par l’insécurité civile persistante dans le Bassin du Lac Tchad, le Liptako-Gourma (Burkina Faso, Mali et Niger) et dans le Nord et le Centre du Mali, pourrait, selon un communiqué, se dégrader avec la crise sanitaire et porter le chiffre à 19,7 millions de personnes.
Les ministres se sont préoccupés aussi, lors d’une visioconférence, du péril acridien qui menace la campagne agricole 2020-2021 effective dans les pays côtiers et en cours de démarrage dans les pays du Sahel. Ainsi, face à la faible capacité de surveillance et d’intervention des unités nationales de lutte antiacridienne, les ministres lancent un appel à la mobilisation pour contenir ce fléau.

Situation pastorale préoccupante
La mobilisation des ressources financières (52%) reste faible pour le financement des plans nationaux de réponses et de gestion de la transhumance 2019. Face à cette situation, les ministres de l’Uemoa chargés des questions agricoles appellent les parties prenantes à plus d’engagement. Ils invitent les acteurs à actualiser les plans de réponses 2020, en tenant compte des besoins des couches les plus vulnérables impactées par les mesures sanitaires mais également ceux nécessaires au maintien du bon fonctionnement des systèmes locaux d’approvisionnement alimentaire et à la relance de la production agricole locale.
Par ailleurs, les ministres alertent sur les risques qui pèsent sur la campagne agricole en cours et se préoccupent de la chute des cours des produits d’exportation de l’Union notamment le coton, tout comme les difficultés de circulation de certains produits des filières anacarde, bétail-viande et légumières.

Le Sénégal se retrouve avec 12% des personnes touchées
Pour prendre en charge toutes ces préoccupations et menaces, il est recommandé aux membres de l’Uemoa d’accélérer la mise en œuvre des plans de réponses et d’assistance alimentaire, inconditionnelle, de protection des moyens d’existence, de réduction de la malnutrition aiguë en faveur des populations en insécurité alimentaire (6 526 102 personnes) principalement concentrées au Burkina Faso (33%), au Niger (31%), au Mali (21%) et au Sénégal (12%). Ils ont convenu d’activer rapidement les mécanismes bilatéraux de coopération afin de faciliter le retour, dans leurs territoires d’origine, des animaux transhumants bloqués aux frontières. «Engager des actions immédiates pour soutenir le déroulement de la campagne agricole 2020- 2021 en cours dans les pays côtiers et qui démarre dans la Zone sahélienne», note-t-on au titre des recommandations.
A l’Uemoa, les ministres ont souhaité le soutien des Etats membres dans la mise en œuvre de leurs plans de réponse à la crise alimentaire et nutritionnelle mais aussi de mener le plaidoyer en faveur de la préservation et du renforcement de la libre circulation transfrontalière des produits alimentaires, du bétail de commerce et des intrants agricoles.

Niveau de récoltes satisfaisant en 2019
La Banque africaine de développement (Bad) est sollicitée pour appuyer le financement des projets soumis par les Etats, élaborés sous la supervision de la Commission de l’Uemoa, dans le cadre de la promotion des filières prioritaires (riz, maïs, coton, bétail-viande, aviculture, pêche).
La réunion des experts a permis de noter le niveau de récoltes globalement satisfaisant de la situation agricole 2019-2020, avec une production totale, pour la zone Uemoa, de 30,63 millions de tonnes de céréales et 26 millions de tonnes de tubercules. «Toutes ces productions enregistrent des hausses, comparées à la moyenne des 5 dernières années», se sont félicités les ministres.
S’agissant de la production halieutique, elle se situe autour de 880 000 tonnes et couvre 53% des besoins minimums en poisson.

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