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Macky Sall ambitionne de copter 30% des sortants du cycle fondamental pour une formation technique et professionnelle, répondant aux besoins du marché du travail. A cet effet, une enveloppe de 100 milliards Cfa sera investie dans 45 centres de formation technique et professionnelle.

Une page se tourne ! Du moins, c’est l’ambition du gouvernement. Faire une formation de courte durée ne sera plus synonyme d’échec scolaire. En effet, Macky Sall a l’intention de copter 30% des sortants du cycle fondamental pour une formation technique et professionnelle, répondant aux besoins du marché du travail. A cet effet, 100 milliards Cfa vont être investis dans la création de 45 centres de formation technique et professionnelle, répartis dans les départements du pays. Ces derniers vont, chacun de son côté, proposer une offre de formations en adéquation avec les besoins de leur zone. Les récipiendaires auront le choix entre l’accompagnement de la Der pour créer leurs entreprises ou devenir salariés d’une boîte après leur formation.
C’est le ministre de l’Emploi, de la formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’insertion qui a détaillé ce projet devant la représentation nationale. Dame Diop dont le budget a été arrêté à 62 milliards 182 millions 777 mille 662 Cfa en autorisation d’engagement et 53 milliards 943 millions 440 mille 089 Cfa en crédit de paiement a rappelé que le fléau de l’émigration clandestine ne s’explique pas par le manque de travail. «La question est beaucoup plus complexe», a-t-il dit. Avant de préciser que «tous ceux qui sont partis, la plupart avaient un emploi. Cette question est plus profonde que cela. L’émigration irrégulière nous interpelle tous. Il ne suffit pas de partir pour réussir. On peut rester ici et réussir». Comme pour souligner la non-pertinence de ce débat, Dame Diop est revenu sur la nécessité de changer de paradigme dans la formation professionnelle. «Beaucoup de nos jeunes ont des diplômes, mais n’ont pas de qualification. Pendant longtemps, nous avons mis l’accent sur l’enseignement général. Nous avons formé beaucoup de littéraires. Malheureusement la structuration de notre économie demande d’autres qualifications. C’est pourquoi le gouvernement opte pour un changement de paradigme. On parle de 6% des demandeurs d’emplois qualifiés sur 32 mille en 2012», a informé le ministre.

Avec 20 milliards du Cfce à son compte : Le 3Fpt veut enrôler 1,5 million de jeunes non qualifiés

Ils sont 1 million 500 mille jeunes Sénégalais à ne pas fréquenter l’école ; et par conséquent n’ont pas de qualification professionnelle. C’est le ministre de l’Emploi, de la formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’insertion qui a en fait l’annonce à l’Assemblée hier, lors du vote de son budget. Fort de cette estimation, Dame Diop a donné des instructions au Fonds de financement de la formation professionnelle et technique (3Fpt) pour changer d’approche. Désormais, le 3Fpt va financer en priorité des formations de courte durée, allant de 3 à 6 mois. Elle va aussi subventionner les écoles de formation ayant une offre répondant au besoin du marché, en mettant l’accent sur l’équipement. Il faut dire que le 3Fpt a désormais les moyens de sa politique, car la Contribution forfaitaire à la charge de l’employeur (Cfce), qui fait environ 20 milliards par an, lui sera directement reversée. «Tous les bacheliers vont être orientés dans les universités publiques. Le 3Fpt va plus se concentrer sur les jeunes qui ne fréquentent pas l’école et qui n’ont pas de qualification professionnelle», a informé Dame Diop.
mgaye@lequotidien.sn

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