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La 3ème édition du Forum de l’insertion organisée par l’Uni­versité Alioune Diop de Bambey (Uadb) a permis au professeur Aminata Diallo, coordonnatrice du Programme sénégalais pour l’entreprenariat des jeunes (Pse-j) de revenir de long en large sur la problématique relative à l’emploi des jeunes. Pour la conférencière, un pays ne peut pas se développer avec des fonctionnaires. «La répartition des jeunes employés du secteur formel montre que c’est essentiellement l’administration publique qui est le principal employeur. 32%. Ça ne marche pas. Un pays ne peut pas fonctionner  qu’avec  des fonctionnaires. Un pays a besoin d’entrepreneurs, a besoin des gens créatifs pour aller de l’avant», dixit le professeur.  Et Madame  Diallo de constater : «Au Sénégal, la demande de l’emploi augmente en ligne et est  deux fois plus élevée que l’offre entraînant un taux de chômage très élevé. Les plus concernés sont les jeunes dont la tranche d’âge varie de 15 à 34 ans où nous avons des taux qui avoisinent les 20%.  90% des emplois des jeunes au Sénégal se trouvent dans le secteur informel dont 32% en milieu urbain et 98% en milieu rural. Nous formons 70% de bacheliers par année dans les lettres, 20% dans les sciences. Nous avons essentiellement des formations généralistes, peu de formations spécialisées. Il faut renverser la tendance et fournir à chaque secteur des spécialistes.» Toutefois, elle recommande d’accompagner les jeunes entrepreneurs en diminuant les taux d’intérêt  des crédits bancaires qui sont, à son avis, très élevés. Aux étudiants, elle dira : «On attend de vous que vous soyez innovants, inventifs, créatifs.»
Sur le Pse-j, Madame Diallo explique qu’il s’agit «d’un programme pilote d’offres de formation alignées sur les besoins macro, méso et microéconomiques en vue de faire des  jeunes Sénégalais  les entrepreneurs de leur propre destin». Le Pse-j vise à mettre en place une formation professionnalisante destinée aux jeunes diplômés porteurs de projets. Il s’agit de former de jeunes entrepreneurs managers capables de s’insérer dans le secteur de leur choix et de booster la croissance en renforçant le tissu économique des Pme-Pmi. Il  s’agit d’une double formation technique et professionnelle dans les domaines prioritaires et d’une formation supérieure en entreprenariat. Cette formation donnera lieu à un diplôme d’État  d’entrepreneur qui sera délivré par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche.
Parlant de l’intérêt du forum de l’insertion initié par l’Uadb, le recteur Lamine Guèye indique que  c’est pour «contribuer à l’ouverture des portes d’insertion et aux mécanismes de création d’emplois par la promotion de l’auto-emploi, en permettant aux étudiants et diplômés de l’Uadb d’avoir une panoplie d’informations et de données pour s’engager et réussir dans cette perspective porteuse qui est l’entreprenariat».

badiallo@lequotidien.sn

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