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Au cœur de l’actualité depuis sa nomination le 1er novembre dernier à la tête du Conseil économique, social et environnemental (Cese), Idrissa Seck était attendu sur beaucoup de questions concernant son choix de rejoindre le camp du président de la République. Le nouveau président du Cese s’est livré à une séance d’explications en convoquant la nécessité de répondre à l’appel de la Nation.

Depuis sa nomination à la tête du Conseil économique, social et environnemental (Cese) et l’entrée des membres de son parti dans le gouvernement, la polémique sur son ralliement au camp présidentiel ne cesse d’enfler. Idrissa Seck, qui était attendu sur beaucoup de questions, a profité de la cérémonie de son installation à la tête du Cese pour répondre à presque toutes les interpellations. Comme il a eu à le dire dès sa nomination, le 1er novembre, le leader de Rewmi, citant Aimé Césaire, dit : «Face à certaines circonstances historiques, il faut dépasser l’attitude du spectateur stérile, dépasser aussi l’attitude de la résignation et de l’exigence sans cause lorsque la Nation a besoin de ses fils.» Ces derniers, indique-t-il, «à l’image du soldat et du policier prêts à y laisser leurs vies, doivent répondre à l’appel». En d’autres termes, le successeur de Aminata Touré à la présidence du Cese justifie son ralliement à la mouvance présidentielle ainsi : «Il faut agir au bénéfice exclusif des populations peu importe le coût pour notre propre image ou même notre vie qui, au regard du destin d’une Nation, demeure une insignifiance.»

«Je suis un homme nuancé»
Autre argument de Idrissa Seck pour son choix de se retrouver avec Macky Sall, c’est «la compétition électorale de 2019» qui, d’après lui, «est derrière nous». A l’en croire, «le contentieux qui en est issu a été éteint par l’ouverture du Dialogue national et les résultats remarquables qu’il a produits». A ceux qui lui rappellent ses propos selon lesquels il n’acceptera plus un décret de nomination, l’ancien maire de Thiès précise et met tout sur le dos du destin. Et il s’explique : «Je n’ai pas dit que je n’accepterai plus une nomination par décret mais que je n’ai plus l’intention d’accepter une nomination par décret. Et comme m’avait appris mon maître (Ndlr : Abdoulaye Wade) qui disait être un nomme nuancé, je suis un homme nuancé, très nuancé.» Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que sa réponse-justification a provoqué une hilarité que même sa «très chère sœur et amie», Aminata Tall, qui était à sa gauche, n’a pu se retenir. «J’ai appris d’un grand soufi que la nécessité crée l’exception (…). L’homme peut se prétendre maître de ses intentions et de ses actes, mais son destin relève de ce que les croyants appellent «volonté divine» et que les non-croyants pourraient nommer «contexte», «circonstance» ou «situation»». Idrissa Seck avait le talent d’un comédien hier. Et il salue quelqu’un de spécial. «Me Ousmane Sèye que j’ai connu à Rebeuss», lâche-t-il avec une franche rigolade. Le protocole de Rebeuss pour les non-initiés. Il insiste également sur le fait que son choix est dicté par la crise liée au Covid-19. «Aujourd’hui comme hier, ma réflexion et mon action portent plus sur les solutions à apporter aux difficultés des citoyens que sur la polémique». M. Seck, comme à son habitude, a convoqué dans son discours des versets du Coran pour justifier sa décision. De même, il a également ironisé en répondant aux remarques qui lui sont faites depuis sa nomination à la tête de cette institution. Ainsi il dit, sourire aux lèvres : «Ceux qui attendent encore à la gare 2019 doivent réaliser que le train est déjà loin, il s’élance déjà du quai 2020 en route pour 2035 et au-delà, si Dieu le veut.»

«Politiquement et étatiquement, nous combattrons ceux qui veulent déstabiliser l’Etat»
Idy a choisi son camp et il l’assume pleinement. Par conséquent, il entend combattre tout opposant qui empêchera Macky Sall de gouverner. Il distingue d’abord deux adversaires. «D’abord, il y a des citoyens qui pensent que ce que notre choix ne va pas dans leurs intérêts ou qu’il remet en cause leurs projets. Pour ceux-là, nous respectons leur opinion et défendons la nôtre. Il y a, ensuite, une deuxième catégorie de citoyens qui voient l’Etat prendre des décisions qui ne sont pas dans leur intérêt et, donc, ils décident de recruter des jeunes démunis pour les manipuler et leur donner des moyens de déstabilisation de l’Etat. Ceux-là doivent savoir que nous veillerons politiquement et étatiquement à ce qu’ils ne puissent causer aucun grand mal, seulement une nuisance par leur langue.»

«Faire du Cese une institution utile aux yeux de tous»
Après avoir répondu aux interpellations sur son choix, le nouveau président du Cese a décliné sa feuille de route. S’adressant aux membres de cette assemblée, Idrissa Seck dira que «le président de la République et l’ensemble de nos compatriotes attendent de nous que nous fassions du Cese une institution utile aux yeux de tous». Ainsi, il informe que lors des sessions, les questions de l’emploi des jeunes, de l’émigration clandestine, les inondations récurrentes, l’érosion côtière et la gestion de nos ressources naturelles seront les premiers thèmes qui seront abordés. Dans la même veine, il relève que «nous devons aussi nous intéresser aux formidables potentialités qu’offre la révolution numérique compte tenu de la nécessité de préparer nos enfants et nos petits enfants au monde de demain qui sera dominé par l’intelligence artificielle». Idrissa Seck a aussi appelé les conseillers à jouer leur partition pour trouver des solutions aux difficultés notées. «Au demeurant, il nous revient de tout mettre en œuvre pour que florissants et nombreux soient les mercis formulés par nos concitoyens à l’endroit de l’Etat et de sa plus haute autorité», a-t-il déclaré.

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