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Les producteurs de la Vallée du fleuve Sénégal ont enfin un instrument d’information sur la gestion des connaissances dans la culture irriguée.

Dans le cadre de la mise en œuvre du programme régional dénommé «Initiative pour l’irrigation au Sahel-2iS», initié par les 6 Etats du Sahel membres du Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse (Cilss) dans le but de combiner leurs efforts pour accroître le rythme et la qualité des investissements dans l’agriculture irriguée, sur la base d’une approche participative et systémique de résolution des problèmes et de développement de solutions adaptées, le Projet d’appui régional à l’initiative pour l’irrigation au Sahel (Pariis) a procédé à l’installation officielle de la plateforme multi-acteurs sur la gestion des connaissances dans le sous-secteur de l’irrigation dans la région de Saint-Louis. Cette plateforme aura pour mission entre autres d’appuyer et d’accompagner le processus d’identification, de documentation, de partage et de mise à l’échelle des innovations et expériences réussies dans les zones d’intervention du projet, dans le but d’accompagner les producteurs pour une meilleure productivité de l’agriculture irriguée.
Au-delà de l’installation officielle de la plateforme multi-acteurs sur la gestion des connaissances dans le sous-secteur de l’irrigation dans la région de Saint-Louis de façon spécifique, cette réunion avait pour objectif de favoriser une bonne connaissance des missions, objectifs et mandats de la plateforme, garantir une bonne compréhension par les membres de la Pma, des problématiques, enjeux, bonnes pratiques, défis et perspectives de l’irrigation dans la région, vulgariser les résultats de l’étude de capitalisation des bonnes pratiques sur l’irrigation au Sénégal, définir les priorités et les grandes orientations du plan d’actions de la Pma d’ici la fin de l’année 2020, et visiter des périmètres pour constater de visu les expériences et bonnes pratiques en matière d’irrigation dans la région de Saint-Louis, afin d’amener les acteurs à s’approprier la plateforme multi-acteurs.
Le Pariis, qui concerne le Burkina Faso, le Mali, la Mauri­tanie, le Niger, le Sénégal et le Tchad, est une émanation de la déclaration de Dakar, suite à la conférence de haut niveau sur l’irrigation au Sahel, organisée au Sénégal le 31 octobre 2013.
Lors de celle-ci, les 6 Etats du Sahel ont convenu, dans une «Déclaration de Dakar», de combiner leurs efforts pour accroître le rythme et la qualité des investissements dans l’agriculture irriguée, sur la base d’une approche participative et systémique de résolution des problèmes et de développement de solutions adaptées. C’est ainsi qu’ils ont mis en place avec leurs partenaires le programme régional dénommé «Initiative pour l’irrigation au Sahel-2iS». Placé sous la tutelle du Ministère de l’agriculture et de l’équipement rural (Maer), le Pariis Sénégal, avec un financement de plus de 16 milliards de francs Cfa dont 89% de la Banque mondiale, 7% du gouvernement et 4% des bénéficiaires, adopte une approche régionale basée sur le concept de «solutions d’irrigation» pour une agriculture irriguée, productive, durable et rentable pour la création d’emplois et la sécurité alimentaire en passant notamment par l’amélioration des capacités de planification, d’investissement et de gestion des parties prenantes et d’accroissement des superficies aménagées.
Dans le cadre de la mise en place de ces plateformes multi-acteurs, le Pariis utilise deux approches : une interrégionale qui consiste à mettre en place une Pma interrégionale couvrant plusieurs régions au sein d’une même zone d’intervention, et une autre régionale visant à mettre en place une Pma dans chaque région.
Rappelant au terme de la réunion que ce projet a été lancé depuis 2013, l’adjointe du gouverneur chargée des Affaires administratives, qui présidait la rencontre, a fait savoir que sa mise en œuvre n’a commencé qu’en 2019. Elle a souligné qu’il préconise un changement de paradigme basé sur la planification locale pour permettre d’améliorer les investissements sur l’irrigation pour la maîtrise de l’eau. La Pma qui sera un cadre d’échange et de partage des expériences permettra, selon le gouverneur, de mieux maîtriser les enjeux sur le plan local, pour pouvoir aboutir à un système d’irrigation efficient et capable d’apporter des rendements conséquents. Grâce à son caractère innovant, cette plateforme permettra en résumé d’avoir une interactivité des acteurs afin de mener le projet à son terme et dans les délais, dans la mesure où la mise en œuvre a déjà connu un léger retard, selon le gouverneur qui a rappelé qu’un comité de pilotage avait été mis en place, mais on s’est rendu compte qu’il ne pouvait pas régler le problème dans le fond. C’est ainsi que le Pariis est venu en appoint avec une stratégie basée sur la planification locale.
Ali Sané Niang, coordinateur du projet, a quant à lui fait savoir que c‘est un projet qui a pour ambition de développer l’irrigation dans 6 pays de Sahel, dont le Sénégal. S’agissant de Saint-Louis qui fait partie des zones d’intervention, l’ambition est de développer sensiblement le potentiel d’irrigation non seulement par un développement des technologies, mais surtout par un accompagnement des acteurs pour qu’ils soient capables non seulement de développer les systèmes, de les mettre en œuvre, mais aussi de les rendre durables, a expliqué M. Niang. C’est d’ailleurs, ajoute-t-il, tout le sens de la mise en œuvre des Pma pour fédérer les actions. Il ajoute également que ce sera un cadre d’échange et de partage de tous les acteurs qui sont concernés par l’irrigation dans la région. Ses membres seront chargés de donner des orientations, de déceler les difficultés et proposer  des solutions durant toute la mise en œuvre du projet qui doit se terminer en 2024 pour qu’au finish on retienne les meilleures pratiques appelées «solutions d’irrigation» dans le cadre du Pariis, poursuit-il.

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