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Nul n’est éternellement roi ! Mbagnick Ndiaye l’a appris hier lors de la double passation de services qu’il a effectuée dans les locaux du ministère de la Culture et de la communication qu’il a dirigé pendant 3 ans. Abdou Latif Coulibaly, nouveau ministre de la Culture et Abdoulaye Bibi Baldé, nouveau ministre de la Communication, des télécommunications, des postes et de l’économie numérique, qui prennent la relève dans ces deux ministères, ont promis de poursuivre ses actions.

Au ministère de la Culture, la page Mbagnick Ndiaye est désormais tournée. La passation de services qui s’est déroulée hier a permis au tout nouveau ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, et à Abdoulaye Bibi Baldé (ministre de la Com­mu­nication, des télécommunications, des postes…) de rentrer officiellement dans leurs fonctions. Nombreux étaient ceux qui ont attendu les 3 hommes passés en revue pendant près de 3 bonnes heures les dossiers du ministère de la Culture et ceux de la Communication. Au sortir, Mbagnick Ndiaye a reconnu : «Nous avons trop duré à la passation de services parce que les dossiers étaient volumineux et nous avons tout passé en revue direction par direction, activité par activité.»

Ces dossiers que Mbagnick fourgue à Latif
Parmi ces dossiers, l’ancien ministre de la Culture a mentionné ceux qui lui tiennent à cœur et qu’il urge pour son successeur Abdou Latif Coulibaly de prendre en main. «Pour commencer, il y a les dossiers les plus urgents à régler. C’est l’organisation du Festival national des arts et de la culture. La 3e édition est prévue dans quelques mois à Louga. Et Louga a été expressément choisie par le chef de l’Etat qui a demandé à ce qu’une enveloppe spéciale additionnelle soit dégagée pour son organisation», a-t-il indiqué. Parmi les dossiers qu’il a légués à Abdou Latif Coulibaly, M. Ndiaye a mentionné celui du patrimoine matériel et immatériel. A ce propos, renseigne-t-il, «nous avons fait beaucoup de choses et peu de choses. Nous avons rénové les mosquées anciennes de Halwar, à Gangué Souley, les mosquées de Karan­taba… et l’église de Karabane qui était totalement en ruine. A ce niveau, il y a la cloche qui est en fonte qu’il faudra réhabiliter et la restauration des mausolées de plusieurs de mes aïeuls qu’il faudra poursuivre».
L’autre dossier «extrêmement sensible et important» aux yeux de Mbagnick Ndiaye et qu’il convient de bien piloter est le Mémorial du «Joola». «Depuis le naufrage du Joola, les populations sénégalaises réclament l’érection d’un mémorial à la mémoire des disparus. C’est un vieux dossier qui a duré dans les tiroirs, que nous avons sorti et qui est en phase finale. Votre mission sera de faire en sorte que d’ici 2019 le président de la République puisse l’inaugurer», a-t-il dit à M. Coulibaly, avant de faire l’état des lieux des institutions telles que le Grand Théâtre, le Musée des civilisations noires, le Monument de la renaissance africaine, la Place du souvenir africain, la Maison de la culture Douta Seck…

Il fait ses adieux
Mbagnick Ndiaye, qui occupera désormais le poste de ministre de l’Intégration africaine et de la francophonie, a fait ses adieux à ses ex-collaborateurs du ministère de la Culture et des démembrements de ce ministère comme la direction des Arts, celle de la Cinématographie, celle du Livre et de façon plus large à tous les acteurs au service de la culture, notamment dans les centres culturels régionaux, les associations des écrivains, les éditeurs… A tous, M. Ndiaye a tenu à dire merci. «Je remercie ces agents et collaborateurs. Vous avez été magnifiques, formidables. Vous pouvez compter sur eux», a-t-il assuré à son successeur, tout rassuré de passer le témoin à un homme comme Abdou Latif Coulibaly. «Je pars avec beaucoup de joie. Le (nouveau) ministre de la Culture est mon frère triplement. Il est Sérère, je suis Sérère. Nous habitons la même région et nous sommes ensemble depuis plus de 15, 20 ans. Je suis rassuré, très rassuré que ça soit vous qui preniez en charge ce département», a-t-il dit à l’endroit du Sokonois qui, aussi en ce qui le concerne, n’a pas tari d’éloges, tout comme Abdoulaye Bibi Baldé qui a félicité son collègue sortant pour ses réalisations dans la Commu­nication (notamment le vote du projet de Code de la presse).
Pour sa part, M. Baldé a promis d’inscrire son action dans la continuité et de privilégier le dialogue et la concertation. «Un remaniement, ce n’est ni un recommencement ni une fin. C’est une continuité», a-t-il déclaré, laissant les femmes du ministère de la Culture raccompagner leur ancien ministre de tutelle avec beaucoup de présents.
aly@lequotidien.sn

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