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A Diamniadio hier, le président de la République a décrété les «cleaning days» pour lutter contre l’insalubrité à Dakar. Une trouvaille de Paul Kagame que Macky Sall compte réussir au Sénégal.

Référence pour la jeunesse africaine, Paul Kagame inspire également ses pairs chefs d’Etat. Macky Sall a été séduit par le programme «cleaning days» (les journées de la propreté) qui a véritablement changé le visage de Kigali et instauré par le Président rwandais. Il ressort le «set-setal» qui a disparu du vocabulaire des Sénégalais depuis belle lurette. A Diamniadio hier, dans le cadre du lancement de la Campagne nationale pour la propreté, le président de la République a décidé d’initier une journée nationale de propreté chaque mois. «Cela peut être un samedi ou un dimanche. C’est ce que les Anglais appellent les ‘’cleaning days’’», a déclaré le chef de l’Etat qui sort un autre concept anglais après le «fast track». M. Sall espère de cette journée de propreté que toutes les populations sortent pour participer aux opérations de nettoiement. «Cela deviendra une obligation parce que cette situation impacte négativement l’image de nos villes, de nos quartiers, de nos villages, mais aussi la vie de nos populations et de notre développement socio-économique», insiste le Président à l’occasion du lancement de la Campagne nationale de promotion de la propreté (Cnpp). Il dessine un visage hideux de notre cadre de vie qui doit être transformé : «La propreté est fondamentalement un enjeu sanitaire, une exigence socio-culturelle et également économique de haute portée pour l’image et le rayonnement international de notre pays. Le Sénégal propre doit interpeller nos consciences et impulser un sursaut collectif exceptionnel pour lutter contre l’insalubrité», dit-il en réitérant «l’engagement de l’Etat à jouer pleinement son rôle en tant que garant de l’hygiène publique». «Pour ce faire, nous devons changer de paradigmes et nous convaincre, une fois pour toute, que l’insalubrité et l’occupation anarchique des espaces publics constituent encore des défis majeurs pour notre pays. Nos paysages et cadres de vie sont altérés par les effets néfastes des déchets divers, des eaux usées, du fléau du plastique, des pollutions d’origines multiples et des nuisances de toutes sortes», regrette le Président Sall qui dénonce «une urbanisation mal maîtrisée, et nos nouvelles habitudes non viables de production et de consommation».
Cette sortie ne serait-elle pas redondante ? Le 2 avril dernier, jour de son investiture, Macky Sall avait affiché sa détermination à faire de Dakar une ville propre à travers l’amélioration du cadre de vie, la promotion d’un habitat décent pour tous et la sauvegarde de l’environnement. «Il y a urgence à mettre fin à l’encombrement urbain, à l’insalubrité, aux occupations illégales de l’espace public et aux constructions anarchiques dans des zones inondables comme le Technopole de Dakar. J’appelle à une mobilisation générale pour forger l’image d’un nouveau Sénégal, un Sénégal plus propre dans ses quartiers, plus propre dans ses villages, plus propre dans ses villes ; en un mot, un Sénégal ‘’zéro déchet’’», avait-il dit.

Soham El Wardini : «J’ai honte…»
Un constat peu reluisant que partage le maire de Dakar. Soham El Wardini, en phase avec les opérations de nettoiement menées par le ministère de l’Urbanisme, du logement et de l’hygiène publique, a exprimé sa désolation par rapport au visage de la capitale. «C’est une question qui nous interpelle tous. J’ai honte quand je vais dans certains quartiers de Dakar. Nous ne pouvons que saluer le lancement de cette campagne. Celle-ci permettra de promouvoir la propreté et l’hygiène publique», salue le successeur de Khalifa Sall.
Une mutualisation des efforts entre la Ville de Dakar et le gouvernement, c’est donc l’appel lancé par Mme Wardini. Il faut savoir que cela n’a pas été toujours le cas à cause de divergences politiques. Par ricochet, l’image de Dakar en a pâti. En 2015, un arrêté du ministre de la Gouvernance locale, Abdoulaye Diouf Sarr, avait éjecté Khalifa Sall et la Ville de Dakar de la gestion des ordures pour la confier à l’Unité de coordination de gestion des déchets solides (Ucg). Quatre ans plus tard, les résultats sont loin d’être atteints et la capitale se morfond dans l’insalubrité. «Nous avons l’intention de donner des primes aux communes les plus propres. Il s’agira de voir quel mode de récompense l’Etat devra adopter», a encore promis à Diamniadio Macky Sall. Les Dakarois attendent de voir.
bgdiop@lequotidien.sn

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