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Ce samedi, la talentueuse «jazz woman», Awa Ly, a donné son premier concert à l’Institut français de Dakar. La française, d’origine sénégalaise, et italienne d’adoption, a tout bonnement assuré avec les titres tirés de son dernier album five to feather (cinq et une plume). L’émotion était au comble.

Tous se sont levés pour faire un standing ovation à Awa Ly. 5 minutes à l’applaudir, la chanteuse était restée sur scène toute émue, la main au cœur comme pour dire je vous porte dans mon cœur. Ce sont les dernières images du premier concert que la chanteuse de jazz, Awa Ly a offert, ce samedi au théâtre de verdure de l’Institut français de Dakar. Deux bonnes heures ont suffi à Julie Dervaux et sa fille pour tomber sous les charmes de l’artiste à la voix sensuelle. «C’est magnifique, elle a une très belle voix. Elle est très généreuse humainement. Ça ressort, c’est vraiment un très, très beau concert», insiste-t-elle à côté de sa fille de 8 ans qui acquiesce de la tête. «J’ai trouvé que le concert était bien, elle a donné toute son énergie, elle a bien dansé, j’ai bien apprécié», commente-t-elle d’une voix candide. Même son de cloche chez le chorégraphe Jean Marie Mallet : «la voix de Awa est assez exceptionnelle. J’aime beaucoup comment elle passe sur différents registres. Elle a  de très bons musiciens. C’est une soirée agréable», a-t-il confié au terme de la prestation de Awa Ly.
C’est en effet devant un public hétérogène, composé de proches parents et amis sénégalais, des Français, des Italiens que le quartet, (Awa, le bassiste, le guitariste et le violoncelliste) est monté sur scène, déroulant ses premières notes. Vêtue de noir, surmonté d’un châle blanc, Awa Ly cristallisait tous les regards.  Micro aux mains, elle dit bonsoir et poursuivit sa balade musicale dans différentes langues : italien, anglais, et français, et wolof ; la nouvelle star de la world musique maitrisait tout et montrait ses différents registres : soul, funk, jazz… Elle déployait autant de grâces pour captiver l’attention de ses spectateurs sénégalais et leur faire découvrir, mais surtout pour savourer les 10 titres qui composent son dernier album five et feather (5 et une plumes). Entré dans son univers, le public la suivait avec des claps et parfois des refrains qu’elle lui demandait chaleureusement de répéter.

«A Dakar, sur la terre de mes parents je suis émue»
Entre deux morceaux, Awa Ly saisissait l’occasion d’expliquer la genèse de ses morceaux, de présenter son équipe ou encore de parler de ses rêves de son ressenti à l’instant T. «Sur la terre de mes parents ; la première fois à Dakar, je suis très émue», a-t-elle confié en voyant un public si réceptif à ses chansons. Fière et comblée de se produire pour la première fois sur la terre de ses ancêtres, la chanteuse prendra cette tribune pour aborder les maux de l’émigration clandestine à travers son titre Here (Ndlr, un morceau joué sur scène avec  Faada Freddy du groupe Daara ji Family).
Alors qu’elle vit en Italie depuis plus de 17 ans, Awa Ly a été témoin du drame qui s’y produit tout les jours et qui concerne les migrants Africains. «Je suis sûre que vous avez entendu parler de cette île non pas pour sa beauté, mais pour le drame humain immense qui se consume à son large. Le 3 octobre 2013, un petit navire de pèche, a sombré aux larges de Lam­pedusa. Il y avait plus de 500 personnes à son bord. Entre le 3 octobre et le 10 octobre 2013, la mer a continué à rendre des corps des cadavres, d’hommes, d’enfants, de femmes, plus de 360». Pour beaucoup de médias ce fut un tournant, mais aussi pour elle. En octobre 2013, elle composa alors la chanson, Here, la première de son actuel album five et feather. «Malheureuse­ment ce drame, il y en avait eu avant 2013, on est en 2017 et le cauchemar continue encore : nos frères, nos sœurs meurent en mer à la recherche d’une vie meilleure à la recherche de la sécurité, de la paix». Ana loukofi diarr (Ndlr, A quoi bon ? ça sert à quoi ?) l’entend-on répéter en cœur dans Here.

Appel à plus de volonté politique
Selon la chanteuse, il y a de quoi se solidariser pour mettre définitivement un terme à la saignée. «Il y a les moyens de faire en sorte qu’il n’y ait même pas une seule vie humaine qui se perde en mer». Pourvu que la volonté politique y soit et que chacun à son niveau fasse quelque chose pour aider son prochain. Tout au long de son spectacle Awa Ly a chanté l’amour, l’amour avec grand A et appelé à l’union des cœurs. Pour elle, c’est la base de tout. «L’humanité a besoin de ça pour avancer !», crie-t-elle.

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