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M. Nobert Toe, Vice-gouverneur de la Bceao Pr. Victot Harison, Commissaire aux Affaires économiques de la Commission de l’Ua, hier à la réunion du Bureau de l’Abca.

La Commission de l’Union africaine (Ua) «note le défi que représente la mise en œuvre du Programme de coopération monétaire en Afrique». L’Ua a ainsi décidé d’entreprendre de nouvelles initiatives afin d’accélérer le processus de création des institutions financières panafricaines, selon Victor Harison, commissaire aux Affaires économiques.

Une délégation de la Com­mission de l’Union africaine se rendra à Abuja, le mois prochain pour discuter avec la Banque centrale du Nigeria des questions liées à l’opérationnalisation de l’institut monétaire africain de l’Union africaine, a annoncé hier le commissaire aux Affaires économiques, à l’ouverture de la 1ère réunion ordinaire au titre de l’année 2019 du Bureau de l’Association des Banques centrales africaines (Abca) tenue dans les locaux de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). En effet, explique Victor Harison, «depuis l’adoption des instruments juridiques du fonds monétaire africain, de la Banque africaine d’investissement, le nombre de signatures de ratification reste faible pour que ces instruments puissent entrer en vigueur».
Auparavant, assure le commissaire Harison, la Commission de l’Ua «a créé et soumis un questionnaire aux Etats membres à Yaoundé lors de la 3 ème session du Comité technique spécialisé (Cts) tenue les 7 et 8 mars derniers, pour connaître les facteurs explicatifs des taux relativement faibles de signatures de ratification, mais aussi avoir leur point de vue sur la création de la Banque centrale africaine. Les informations collectées seront compilées avec des retours récoltés lors des prochaines visites des pays sélectionnés.
La commission travaille également à la nomination d’un envoyé spécial chargé de suivre et accélérer le processus de ratification des institutions financières panafricaines».
Au cours des dernières années, relève-t-il, «l’environnement économique et financier a évolué rapidement pour ne pas dire profondément bouleversé au plan international.
La création de ces institutions panafricaines visant à renforcer la stabilité macroéconomique et à contribuer au financement du développement est d’autant plus nécessaire que l’économie mondiale est de plus en plus marquée par l’incertitude due, entre autres, à la montée du protectionnisme et du nationalisme économique avec de nouvelles orientations politiques dans certains pays, à l’émergence de nouveaux enjeux géopolitiques, aux crises financières, aux risques élevés de surendettement et à la forte volatilité de la croissance et des prix des produits de base».
La Commission réitère ainsi, son souhait «de renforcer la collaboration avec les banques centrales africaines pour traduire dans la réalité le projet de création de la Banque centrale africaine qui est une clé de voûte de l’intégration continentale».
La Commission de l’Union africaine, à travers son département des Affaires économiques, a organisé la 3e session du Comité technique spécialisé de l’Ua sur les finances, les questions monétaires, la planification économique et l’intégration, les 7 et 8 mars derniers à Yaoundé, au Cameroun. Cette session avait pour thème «Politique publique pour une transformation productive». Pour M. Harison, «ce thème est particulièrement crucial dans un contexte où l’Afrique doit entreprendre de profondes réformes structurelles pour réussir à transformer, diversifier son économie, afin d’ajouter des valeurs à ses matières premières non transformées par l’industrialisation, de créer des emplois décents et productifs pour sa jeune population et d’endiguer les flux de migration des jeunes africains vers d’autres pays».
A cet égard, renseigne-t-il, «le rôle essentiel des institutions financières panafricaines est admis particulièrement, dans la création d’un environnement propice au développement du système financier africain dynamique et moderne afin de mobiliser les ressources intérieures et les investissements directs intra-africains pour financer le programme de transformation productive du continent et atteindre les objectifs de l’Agenda 2063».

«Parvenir à la convergence macroéconomique dans les meilleurs délais»
A cette session du Cts ainsi que la réunion des experts qui l’a précédée, l’Association des Banques centrales africaines a été invitée à présenter le rapport du groupe d’experts sur l’affinement des critères de convergence du Programme de coopération monétaire africaine dans le cadre du Comité conjoint qu’elle partage avec l’Union africaine.
C’était une occasion pour l’Abca de discuter de l’harmonisation des critères de convergence et des délais pour la création de la Banque centrale africaine. L’opportunité était aussi de recueillir les recommandations et avis des techniciens des Etats membres, notamment en ce qui concerne leurs contraintes quant à la création de cette institution.
A cet effet, le comité avait formulé, entre autres recommandations, d’entreprendre une étude pour déterminer les raisons pour lesquelles la signature et la ratification des instruments juridiques des institutions financières panafricaines sont lentes ; développer une stratégie visant à accélérer le processus qui devrait être présentée à la quatrième réunion du Cts sur les finances, les affaires monétaires, la planification et l’intégration ; travailler en étroite collaboration avec l’Abca en vue de réviser les échéances pour la création de la Banque centrale africaine en se référant aux rapports de l’Abca sur l’affinement des critères de convergence, du problème de coopération financière en Afrique et tenir des réunions consultatives avec les communautés économiques régionales sur les critères de convergence macroéconomique afin de parvenir le plus rapidement possible à un consensus et proposer un calendrier pour leur mise en œuvre.
Par ailleurs, les ministres en charge des Finances, des affaires monétaires, de la planification et de l’intégration des Etats membres exhortent l’Abca à inclure le Pib par habitant comme critère secondaire dans le programme de convergence macroéconomique et approuve que l’examen par les pairs soient entrepris conjointement par la Com­mission de l’Union africaine et le secrétariat de l’Abca.
La Commission note le défi que représente la mise en œuvre du Programme de coopération monétaire en Afrique. Toutefois, exhorte le commissaire, «nos efforts devront être multipliés pour travailler avec les communautés des Etats économiques régionales et les Etats membres pour proposer un calendrier qui permet de parvenir à la convergence macroéconomique dans les meilleurs délais».
dialigue@lequotidien.sn

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