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La direction de l’Equité et de l’égalité travaille pour une intégration du genre dans les politiques et programmes de développement. Une façon pour cette direction, en collaboration avec les ministères sectoriels, de corriger les injustices et autres discriminations à l’égard des femmes mais aussi d’impliquer aussi bien les femmes que les hommes au processus de développement.

Le Sénégal veut institutionnaliser la question du genre dans toutes les politiques publiques. Désormais, dans toutes les interventions de développement, les décideurs devront prendre en compte les besoins spécifiques des hommes et des femmes. Une directive du Premier ministre a même instruit les différents ministères à installer des cellules genre dans chaque département. A ce jour, informe le chef de cabinet du ministre de la Femme, de la famille et de l’enfance, venue présider l’atelier de sensibilisation des journalistes sur les enjeux de l’intégration du genre dans les interventions, 20 cellules ont été installées sur les 33 départements ministériels que compte notre pays.
La direction de l’Equité et de l’égalité du genre en charge de ce combat s’est engagée d’abord à déconstruire le «construit social» en s’attaquant aux stéréotypes et aux discriminations dont sont souvent victimes les femmes. Une discrimination, qui existe dans nos textes et règlements comme par exemple la pension de réversion. «Les femmes qui travaillent, cotisent à la Caisse de sécurité sociale mais quand elles décèdent avant l’âge de la retraite, leurs héritiers ne bénéficient pas d’une pension de réversion. Ils ont juste droit au capital décès. C’est une injuste», regrette Mme Absa Wade Ngom, directrice de l’Equité et l’égalité du genre au ministère de la Femme, de la famille et de l’enfance. Mme Ngom évoque aussi  l’âge légal du mariage qui est fixé à 16 ans par notre législation alors qu’au niveau régional il est de 18 ans. Autant de chantiers pour la direction qui promet de larges réflexions avec les acteurs pour apporter des solutions.
La direction de l’Equité et de l’égalité, qui promeut une participation équitable des femmes et des hommes au niveau des instances, de décision s’est réjouie pour autant des avancées notées dans la lutte pour une société plus équitable. La directrice évoque la loi sur la parité, la nationalité, et sur l’équité fiscale. Elle note aussi une plus grande ouverture des communautés par rapport aux questions de genre. Le défi pour elle, c’est de consolider ces acquis et de réussir l’institutionnalisation effective du genre dans les ministères sectoriels.
Absa Wade Ngom a profité de l’occasion pour répondre aux détracteurs de la loi sur la parité pour dire qu’il ne saurait question d’accepter sa remise en question. «C’est inimaginable», soutient-elle. Elle ajoute que la parité est le résultat d’un long processus de négociation, de dialogue entre les femmes sénégalaises de toutes obédiences confondues et le gouvernement du Sénégal. La directrice, qui reprend ici les propos du Président Obama, indique qu’on ne peut pas gagner un match en jouant avec la moitié de son équipe. «Dans une société, il faut que les hommes et les femmes cheminent ensemble si on veut promouvoir une société juste et équitable», conclut-elle.
ndieng@lequotidien.sn

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