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«Interdits de visite» dans les différentes Mac de Dakar, les parents des détenus arrêtés dans le cadre de l’enquête de la tuerie de Bofa-Bayotte ne savent plus à quel saint se vouer. Venus à Dakar, ils sollicitent l’intervention de la Ligue sénégalaise des droits humains (Lsdh). Sensible à cette requête, Me Assane Dioma Ndiaye a promis de solliciter une demande de liberté provisoire pour les deux malades, qui se trouvent au Pavillon spécial, et d’accélérer le dossier afin qu’ils soient jugés dans un délai raisonnable.

Les parents des hommes arrêtés dans l’affaire de la tuerie de Bofa-Bayotte ne décolèrent pas contre les autorités judiciaires. Ils estiment qu’ils ne sont pas autorisés à rendre visite à leurs parents transférés à Dakar depuis le 28 février dernier. Pourtant, ils ont brandi des permis de visite en bonne et due forme accordés par l’autorité compétente. Selon El Hadji Sané, qui a montré un permis de visite accordé le 1er mars, il n’arrive pas à accéder à ses parents éparpillés dans les différentes maisons d’arrêt de la capitale. «A l’exception des 6 détenus qui se trouvent au Camp pénal, on nous a interdit de rendre visite aux autres. On ne peut pas communiquer avec nos parents alors que nous avons des permis. On ne sait pas dans quelles conditions ils sont détenus à Rebeuss, à Cap Manuel et au Pavillon Spécial», s’offusque-t-il. Ils sont 6 à Rebeuss, 3 à Cap Manuel et 2 au Pavillon Spécial. El Hadji Sané condamne ainsi l’attitude des agents pénitentiaires. «Quand vous remettez le permis de visite aux gardes pénitentiaires, ils partent avec avant de revenir au bout de quelques minutes pour vous dire que ce n’est pas possible.  Ce n’est pas normal de retenir des gens et de les priver de visite», dit-il, en ne dissimulant pas sa colère. A l’en croire, l’Administration pénitentiaire les fait valser chaque fois qu’ils viennent pour des visites. «Certains agents pénitentiaires nous ont demandé d’aller nous procurer un permis de visite auprès du juge d’instruction de Ziguinchor et d’autres nous ont dit que c’est pour les besoins d’enquête qu’il ne nous a pas été permis de rendre visite à ces détenus», insiste M. Sané. Il relève que Seyni Sané, âgé de 82 ans et Lamine Sagna, qui se trouvent au Pavillon spécial, ont subi des interventions chirurgicales. «On ne sait pas dans quel état ils sont et ils ne nous permettent pas d’aller les rendre visite», ajoute-t-il, la voix étreinte par l’émotion. Ayant perdu tout espoir de pouvoir rendre visite aux détenus, ces parents se sont tournés vers la Ligue sénégalaise des droits de l’Homme pour solliciter son intervention.
Ils se sont rendus en masse hier au Palais de justice de Dakar pour rencontrer Me Assane Dioma Ndiaye. Selon toujours les confidences du sieur El Hadji Sané, le président de la ligue des Droits de l’Homme a promis de rencontrer le juge d’instruction pour solliciter une demande de mise en liberté provisoire pour le vieux Seyni Sané et Lamine Sagna. Me Assane Dioma Ndiaye a promis aussi de se saisir du dossier pour diligenter les choses afin que René Kapin Diatta et compagnie puissent être jugés dans un délai raisonnable.
En attendant, 29 personnes arrêtées après la tuerie de Bofa-Bayotte, qui a coûté la vie à 14 personnes, ont été inculpées pour meurtre. Après quelques jours de détention préventive à Ziguinchor, 17 personnes ont été transférées à Dakar. Il s’agit de Moussa Diédhiou, Seyni Sané, Mamadou Lamine Diémé, Tombon Oumar Badji, Cheikh Oumar Diédhiou, Badara Sané, Adama Diémé, Nfaly Diémé, Abdou Sané, Alfousseyni Badji, Papa Sané, Mamadou Lamine Sagna et René Kapin Diatta.
justin@lequotidien.sn

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