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La question de la peine de mort est revenue lundi dernier lors du vote du budget du ministère de la Justice. Nombreux sont les députés qui ont demandé l’application de la peine de mort contre les auteurs des assassinats. Le député Imam Mbaye Niang, très favorable à cette loi, souligne qu’elle est d’abord reconnue par toutes les religions révélées. Il pense que seul Dieu a le droit de vie et de mort sur les personnes. D’après lui, si on organisait aujourd’hui un référendum au Sénégal sur cette question, beaucoup de citoyens seraient favorables au retour de la peine de mort. D’ailleurs, «beaucoup de députés sont favorables au retour de la peine de mort», dit-il.
Le député Seydina Fall dit Bougazely est du même avis : «Je suis de ceux qui veulent le retour de la peine de mort.» Il y a trop d’assassinats ces temps-ci, rappelle-t-il avant de montrer que ceux qui rejettent cette loi tout comme leurs enfants sont inaccessibles par ces assassins.
Le député Mously Diakhaté est aussi favorable à l’application de la peine de mort à cause, dit-elle, de la recrudescence des crimes odieux perpétrés dans le pays.
Mais des élus comme Moustapha Diakhaté ne partagent pas cet avis. Il rappelle à ses collègues que la peine de mort a été abrogée en 2004 par Abdoulaye Wade et Macky Sall comme Premier ministre. «Je veux rester dans cette logique», a-t-il dit.
De l’avis du député Babacar Diamé de la majorité, il y a une autre façon de sanctionner les assassins : «Il faut les déshabiller, les enduire de karité et les flageller 100 coups avant de les condamner à perpétuité.»
Les députés ont aussi interpellé le ministre de la Justice sur la lancinante question du vol de bétail. «Les voleurs de bétail causent souvent trop de préjudices aux éleveurs», fait remarquer Adama Sow. Le pis, poursuit le député, si le voleur est condamné, au bout de quelques jours il recouvre sa liberté. A l’en croire, c’est une situation qui peut amener les populations à se faire justice.
En réponse à ces préoccupations sociales, le ministre de la Justice a condamné vigoureusement l’assassinat de madame Fatoumata Mactar Ndiaye. Pour lui, on a l’impression qu’il y a une situation d’insécurité. Mais Sidiki Kaba tient à préciser que les coupables d’assassinat seront passibles d’une condamnation à perpétuité. La peine de mort, ajoute le ministre, n’est pas une question personnelle. La politique pénale est définie, précise-t-il, par le président de la République qui s’adresse par la suite à l’Assemblée nationale qui vote la loi qui devient une loi d’Etat. La peine de mort, poursuit-il, est abolie depuis 2004.
Sur le vol de bétail, M. Kaba de reconnaître que les peines doivent être revues à la hausse. Quand on prend à quelqu’un tout ce qu’il a, on rend sa vie difficile. Les procureurs de la République et les procureurs généraux ont reçu des instructions pour requérir de lourdes peines.
Interpellé à nouveau sur la question des certificats médicaux de complaisance sur la base desquels des prévenus sont condamnés à tort, Sidiki Kaba a promis de saisir l’Ordre des médecins pour y veiller.
Le budget du ministère de la Justice pour la gestion 2017 a été arrêté à la 36 milliards 420 millions 305 mille 700 francs contre 30 milliards 301 millions 657 mille 420 francs en 2016, soit une augmentation de 6 milliards 118 millions 648 mille 280 francs.

justin@lequotidien.sn

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