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L’interrogatoire d’audience dans l’affaire des présumés terroristes se poursuit. Hier, l’accusé Lamine Coulibaly a nié les faits qui lui sont reprochés. Mais il reconnaît avoir séjourné dans des zones comme Sambissa, fief du groupe islamiste Boko haram au Nigeria.

«J’ai été torturé en Mauritanie pour que j’indique le lieu où se trouve Mohamed Ndiaye. Et c’est sur que j’ai déclaré avoir rencontré Abubacar Shekau au Nigeria.» C’est la déclaration tenue hier par Lamine Coulibaly devant le juge de la Chambre criminelle. A la barre, le co-accusé de l’imam Alioune Badara Ndao n’a pas reconnu les accusations portées à son encontre. Toutefois, le natif de Bokidiawé dans le Fouta, a confirmé son séjour au Nigeria dans des fiefs contrôlés par la secte islamiste Boko haram. D’après lui, il s’y est rendu pour des raisons d’études et non pour faire le jihad. Et son voyage avec les nommés Abou Diallo, Maïmouna Ly et Mody Tall n’était pas planifié, selon Abu Diafar, son surnom. Cependant, cette prise de position est loin des aveux qu’aurait faits le sieur Coulibaly à l’enquête préliminaire. En effet, d’après le juge Samba Kane, il avait soutenu avoir suivi une formation dans le maniement des armes notamment les fusils, les roquettes et les Kalachnikovs.
A la Division des investigations criminelles (Dic), Lamine Coulibaly avait aussi déclaré avoir rencontré Abubacar Shekau, chef de Boko haram. Alors pour quitter son bastion, Coulibaly et ses camarades sénégalais avaient servi comme prétexte à Shekau qu’ils «restent dans le mouvement et une fois au Sénégal, ils vont travailler pour implanter ses idéaux dans nos pays».
Interpellé sur sa participation supposée aux combats aux côtés des jihadistes, il a juré n’avoir «jamais suivi d’entraînement militaire, ni assisté, encore moins participé à un combat». Parlant principalement le soninké, Lamine Coulibaly a indiqué qu’il n’a pas bénéficié d’un interprète ni à la Dic ni devant le juge d’instruction. C’est pourquoi, dit-il, il n’a pas compris certaines questions des enquêteurs. Mais il est vite démenti par son avocat. «Je me porte en faux contre cette déclaration. Devant le juge d’instruction, il ne s’est jamais posé un problème de langue durant l’interrogatoire», recadre Me Daf très remonté contre son client.
Auparavant, l’accusé est revenu sur les péripéties de son périple au Nigeria. D’abord, il a indiqué avoir rencontré les nommés Makhtar Diokhané, Omar Yaffa, Ibrahima Bâ, Ibrahima Diallo, Ibrahima Mballo, Mohamed Ndiaye dans la ville de Abadam. Soupçonnés d’appartenir au groupe islamiste Boko haram par des populations, ces dernières les avaient dénoncés à la police qui a procédé à leur arrestation.
Dans son récit, Lamine Coulibaly a raconté qu’ils ont été torturés en prison à Gayda. «On ne mangeait qu’une fois dans la journée et des fois on ne nous donnait rien.» C’est dans ces conditions-là, narre-t-il, que son compatriote, Mousta­pha Faye, est mort. Et le reste du groupe a eu son salut grâce à l’intervention de l’ambassadeur du Sénégal à Abuja qui a facilité leur retour sur Dakar. Quelque temps après, Lamine Coulibaly est arrêté par la police mauritanienne qui le soupçonnait de vouloir rallier la Libye en compagnie de Mohamed Ndiaye. Ils avaient l’intention, soulignent les policiers, d’aller combattre dans les rangs de l’Etat islamique.
A propos de son voyage au Nigeria, Lamine Coulibaly dira qu’il a «gagné en expérience mais (a) perdu plusieurs années d’études».
msakine@leqauotidien.sn

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