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Après des décennies de mise en œuvre d’expériences pilotes réussies de l’introduction des langues nationales dans le système éducatif, on peine à généraliser ces programmes sur l’ensemble du système. Les acteurs parlent de difficultés à trouver un modèle approprié et d’un défaut de financements. Pourtant, tous s’accordent sur les résultats très prometteurs, la qualité des enseignements dans les classes bilingues.

Le Sénégal va célébrer ce mercredi la Journée internationale des langues nationales. Cette activité sera bien sûr un moment pour la Division de l’alphabétisation et des langues nationales (Daln) de revenir sur les avancées dans le domaine de l’alphabétisation et des langues nationales. Déjà notre pays a procédé à la codification de 22 langues nationales sur les 25 qu’il compte. A ce jour également, 13 langues nationales sont enseignées dans les programmes d’alphabétisation. Il y a aussi le Programme lecture pour tous. Un important programme financé par l’Usaid qui a démarré dans 6 académies avec l’utilisation de 3 langues nationales (pulaar, seereer, et wolof) pour améliorer les apprentissages en lecture dans les 3 premières an­nées de l’élémentaire. Sans compter les initiatives de l’Ong Ared dans 4 académies, mais aussi le Programme école et langues nationales (Elan) appuyé par l’Orga­nisation internationale de la Francophonie qui enseigne le wolof, pulaar, seereer, joola, sooninké et mandinka.
Des initiatives qui ont incontestablement contribué à la promotion des langues nationales, mais les défis restent énormes. Depuis des décennies, le ministère de l’Education procède à des expériences pilotes avec ses partenaires, mais peine à passer à l’échelle nationale. Pourtant, les autorités sont conscientes de l’apport positif de l’introduction des langues nationales dans le système éducatif. «Les résultats scolaires sont meilleurs dans les classes où on a introduit, en plus de l’enseignement général, une langue maternelle», constatent-elles.
Mais qu’est-ce qui empêche donc la mise à l’échelle ? Pour la directrice de l’Alphabétisation et des langues nationales, Ndèye Mané Diouf, la difficulté se trouve dans le modèle à proposer à la communauté. «Les langues sont très sensibles et nous avons 25 langues au Sénégal. Chacun voudrait que sa langue fasse partie des celles enseignées. Ce qui n’est pas pour le moment possible», révèle-t-elle. Et c’est pour éviter ce genre de problèmes que le ministère descend à la base pour mettre en place des comités. «Cela, pour trouver avec la population locale un modèle approprié dans le but de faire accepter les choix des langues», renseigne Ndèye Mané Diouf.
Il y a également les moyens financiers qui souvent font défaut. «Nous avons seulement 1% budget de financement», rappelle-t-elle. Toutes choses qui font que la mise à l’échelle prend du temps, mais «elle se fera par étape», assure Mme Diouf. La phase pilote du Programme lecture pour tous va durer 5 ans et «j’ose espérer qu’au bout de ce programme, nous allons passer à l’échelle nationale», souhaite Mme Diouf.
Cette année, la commune de Fandène est à l’honneur et les acteurs du sous-secteur de l’alphabétisation et des langues nationales, mais aussi les communautés vont se retrouver dans cette localité pour honorer la communauté «Noon» (langue sérère dans la région de Thiès), parrain de cette 12ème édition.
ndieng@lequotidien.sn

1 COMMENTAIRE

  1. Article très intéressant. Néanmoins, il va falloir que les autorités fassent preuve de réalisme sur cette entreprise car je pense que la population de manière générale est de nos jours consciente de l’importance capitale que peut avoir les langues maternelles de leurs enfants sur la formation de ces derniers. Merci.

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