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59 éléments du patrimoine constituent la première liste de l’inventaire pilote du patrimoine immatériel du Sénégal. La cérémonie de restitution de cet inventaire a eu lieu hier à Dakar. Selon le ministre de la Culture et de la communication, elle n’est que le préalable qui permettra au Sénégal d’inscrire, en sus du «xooy» et du «kankourang», d’autres aspects de sa culture sur la liste du patrimoine mondial immatériel.

Vêtues de robes vertes, des ceintures de perles et d’amulettes autour du corps, elles sont encore jeunes pour certaines, un peu moins pour les autres. Mais toutes entonnent à l’unisson et en rythme le chant dédié à leur génie tutélaire, Mame Ndiare. Ces femmes sont représentatives d’un élément important du patrimoine immatériel de la région de Dakar et portent l’étendard du Tourou Mame Ndiare. Avec le «leul» communautaire de Pikine, le «ndawrabine», danse traditionnelle léboue et le «bakk» des lutteurs traditionnels, ce sont là les 4 éléments qui ressortent de l’inventaire pilote du Patrimoine culturel immatériel (Pci) de la région de Dakar. L’inventaire qui s’est intéressé à toutes les 14 régions du pays a validé au final 59 éléments, 4 en moyenne pour chaque région. Selon le chef du département Pci du ministère de la Culture et de la communication, M. Oumar Badiane, la nécessité de réaliser cet inventaire s’est imposée devant les fortes influences étrangères qui pèsent sur nos cultures. Mais il s’agit avant tout de développer la mémoire collective des communautés, souligne-t-il. Pour la région de Saint-Louis, on retrouve sans surprise dans l’inventaire provisoire le «ceebu jen», mais aussi les mythes et légendes autour du personnage de Penda Sarr et les méthodes de tissage des nattes chez les Maures. A Matam, c’est la tradition des pêcheurs qui est intégrée dans l’inventaire avec le «fifiire» auquel s’ajoutent le «caydé», le «yaaro» des Peuls et le «yela». Kaolack ne déroge pas à sa réputation et intègre le «ngoyane» dans son inventaire ainsi que le «miss» de Gandiaye qui est une chasse traditionnelle. A Thiès, le rituel de guérison sérère du «paj», les «dallu Ngaye» ont été intégrés tandis qu’à Sédhiou, les éléments répertoriés concernent les méthodes de fabrication des instruments traditionnels que sont le balafon et la kora, sans oublier le «kankurang». «Ce sont les communautés qui choisissent et décident quels aspects elles vont renseigner», explique M. Badiane au terme de la cérémonie de restitution de l’inventaire pilote du Patrimoine culturel immatériel (Pci). Les communautés sont au cœur du processus de compilation des données. Et c’est la raison pour laquelle l’enveloppe de 99 mille 889 dollars, soit près de 60 millions de francs Cfa, allouée par le Comité international de sauvegarde du Pci, a permis d’assurer la formation de 28 personnes dans chaque région, un directeur de centre culturel et un acteur culturel.

Liste du patrimoine mondial
«Le Pci, c’est ce qui constitue l’âme de la population. Pour le Sénégal, il s’agit d’un ensemble d’évènements comme les évènements festifs, le savoir-faire ancestral, les rites, toutes ces choses qui constituent l’âme d’une population. Et c’est important que ça puisse être transféré de génération en génération», souligne le directeur régional pour l’Afrique de l’Ouest de l’Unesco, Dimitri Sanga. Le ministre de la Culture et de la communication, Abdoulaye Diop, qui a présidé la rencontre, s’est réjoui du travail des équipes de l’Unesco et de son ministère qui ont fait l’ensemble des départements du pays pour recenser les éléments de ce patrimoine immatériel. Selon M. Badiane, en 2016, un premier inventaire avait abouti à une liste de 375 éléments. «Mais on s’est rendu compte que la constitution des éléments n’était pas assez forte. Il a fallu faire un tri et on s’est retrouvé à 188 éléments, signe qu’il y avait un défi de formation. Cet inventaire est un préalable pour l’inscription sur la liste mondiale du patrimoine», souligne le ministre Abdoulaye Diop. Pour M. Sanga, avec 59 éléments, le Sénégal a des chances de voir certains de ces éléments rejoindre le «xooy» et le «kankurang» sur cette liste du patrimoine mondial immatériel.

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