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Directeur général du Fonsis, M. Ibrahima Kane

Quatre ans après le démarrage de ses activités, le Fonds souverain d’investissements stratégiques du Sénégal (Fonsis) a mobilisé environ 300 milliards de francs Cfa. Selon le Directeur général du Fonsis, M. Ibrahima Kane, quatorze entreprises et projets «ont mobilisé environ 300 milliards d’investissements dans le pays sur fonds propres et en dette». M. Kane qui s’exprimait à l’occasion d’un atelier organisé ce week-end à Saly en collaboration avec le Collectif des journalistes économiques du Sénégal (Cojes) portant sur le Capital investissement, indique que le Fonsis a réussi sur cette enveloppe, un effet levier de un sur quatorze. «C’est-à-dire que pour un franc investi par Fonsis, on a levé 14 fois le montant pour le projet.» Globalement souligne M. Serigne Dame Diakhoumpa, sur les 33 projets autorisés par le Conseil d’administration dont 9 sont déjà opérationnels en septembre 2018, le Fonsis a mobilisé des engagements de 31 milliards dont les 26 milliards restent à décaisser. «Globale­ment, nous avons un portefeuille de 9 sociétés pour un coût d’investissements de 154 milliards, le Fonsis va mettre 7,9 milliards. Donc juste avec 7,9 milliards de l’Etat, nous avons généré 154 milliards d’investissements», explique M. Diakhoumpa. Sur ces projets déjà opérationnels, 34% concernent le secteur financier, 18% les industries et la même portion également concerne le secteur des énergies.
Aujourd’hui, avec une dotation budgétaire de près de 10 mil­liards de francs Cfa reçus entre 2013 et 2017 ainsi que des actifs, le Fonsis a mis en place des modes de financement assez innovants. C’est le cas de Poli­med. La structure qui est installée dans l’enceinte de l’hôpital de Mbour propose une large gamme de services radiographiques. «Polimed, c’est un investissement d’environ 1 milliard de francs Cfa que nous avons installé au sein même de l’hôpital de Mbour qui a permis de construire un bâtiment, d’acheter des équipements scanners, de radio et d’endoscopie. Et ces services sont utilisés par le personnel hospitalier et facturés aux populations au prix public», explique le directeur du Fonsis.
Président de Polimed, Pape Demba Diallo assure que grâce à l’implantation de ce centre médical, Mbour qui était un désert médical, recommence a accueil­lir des spécialistes tout en développant un statut de centre de formation pour ce qui concerne les endoscopies. La structuration de ce projet est une réussite. Ce qui a poussé le Fonsis à travailler à le répliquer dans le domaine sanitaire mais également dans d’autres secteurs. Ainsi, Touba va être dotée d’un renouvellement des infrastructures de l’hôpital Matlaboul Faw­zeyni. Selon M. Diallo, Polimed va y construire un bâtiment de cinq étages d’une capacité de 120 lits et comportant 6 blocs opératoires, une maternité et un service de chirurgie. Le coût total du projet étant de 6,5 milliards de francs Cfa. «L’objectif, c’est de faire un, puis plusieurs Polimed. Nous avons fait un premier investissement qui fait de très bons résultats et nous sommes en discussion avec d’autres centres hospitaliers pour structurer la réplication dans le secteur de la santé. Et c’est un dispositif que nous sommes en train de structurer dans d’autres secteurs. Après la santé, c’est l’agriculture. Nous avons commencé les discussions avec la mairie de Sandiara et à Medina Yoro Foula (Kolda) de façon à mettre en place une société qui investit dans l’infrastructure agricole et cette infrastructure va attirer des opérateurs qui, sans qu’on soit bloqué par des problèmes fonciers, pourront faciliter l’exploitation agricole», précise M. Kane.

Actionnaire temporaire
Le rôle d’investisseur stratégique du Fonsis consiste à fructifier l’actif et les avoirs de l’Etat, de provoquer une accélération de la mise en œuvre des projets de l’Etat et d’investir massivement auprès des entreprises et des Petites et moyennes entreprises (Pme) avec comme objectif la création de valeurs et d’emplois pour le pays, rappelle M. Kane. Dans ce cadre, la structure a dédié 20% de ses ressources aux Pme, grâce à la création de sous-fonds comme Teranga Capital et le Sous fonds Saed. Et déjà, des Pme ont pu être financées. C’est le cas de la société Agrotec dans la vallée du Fleuve Sénégal spécialisée dans les machines et travaux agricoles, la logistique et la commercialisation, entre autres. A côté de ces projets, Fonsis a également développé ces dernières années des projets dans le domaine des énergies renouvelables. Le Projet Scaling Solar développé à Kael et Kahone va ainsi permettre d’injecter 60 Mw de solaire dans le système de la Senelec. Mais ici, l’innovation a permis d’atteindre un minimum historique sur le prix du Kw/h fixé à 25 francs Cfa, le prix le plus bas d’Afrique.
Dans toutes ces opérations, Fonsis apporte des fonds propres ou quasi-fonds propres. «Nous sommes un actionnaire temporaire qui va partager les risques et les bénéfices et qui va vendre ses actifs en cas de réussite et se retirer», a dit Ibrahima Kane. Ainsi, dans le cas du projet de Bus rapide transit (Brt), sur les 230 milliards du projet, Fonsis va apporter 30 milliards sur la partie opération, annonce Amarou Aw, analyste financier. «Fonsis va porter la part du secteur privé national (Dakar Dem Dikk et Aftu) le temps qu’il s’organise pour prendre le relais», soutient M. Aw.
mamewoury@lequotidien.sn

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