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Trouver une solution à la crise financière et budgétaire qui sévit à l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra) : c’est le vœu des syndicats des travailleurs de cette organisation. Regroupés en intersyndicale, les syndicats de l’Isra qui disent avoir épuisé toutes les voies de négociation à l’interne ont décidé de se référer à la Coalition des centrales syndicales qui va mettre en œuvre une stratégie pour amener les autorités à trouver une solution.

Par Dieynaba KANE

Après avoir essayé de régler les difficultés dont ils sont confrontés au niveau interne «en vain», les syndicats de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra) ont décidé de porter le combat avec les centrales auxquelles ils sont affiliés «pour des solutions urgentes et durables». En conférence de presse hier, le porte-parole de cette intersyndicale a d’emblée dénoncé «la crise budgétaire et financière persistante qui sévit» dans cette institution. Saliou Niang informe qu’en plus de cette crise financière qui a duré 12 mois s’ajoute celle structurelle vécue depuis des années. Listant les difficultés notées à l’Isra, le syndicaliste renseigne que «les programmes de recherches sont exécutés avec beaucoup de difficultés du fait de l’insuffisance et de la précarité du budget annuel basé à près de 50% sur les financements de bailleurs de fonds externes». Selon lui, «cette absence de financement durable se traduit par un défaut de prise en charge correcte des recherches stratégiques publiques pas toujours une priorité pour les bailleurs étrangers». Selon M. Niang, «ces faibles moyens financiers induisent ainsi un déficit chronique en personnels techniques et scientifiques, accentué chaque année par les vagues de départs à la retraite non remplacés et le durcissement des conditions de recrutement des stagiaires». Pendant ce temps, fustige-t-il, «le personnel administratif est renforcé. Le recrutement de 10 chercheurs et 20 techniciens par an sur une période de 10 années, conformément aux engagements du ministère de l’Agricul­ture et de l’équipement rural auprès du Conseil scientifique technique, tarde à se réaliser». La crise à l’Isra, d’après les syndicalistes, est profonde au point que les salaires ne sont plus payés à temps et les couvertures sociales ne sont pas prises en charge. «Les salaires qui étaient payés entre le 25 et le 27 du mois échu n’arrivent qu’au-delà du 10 du mois suivant. En plus de cette situation qui affecte les travailleurs à tous les niveaux, les charges sociales sont suspendues jusqu’à nouvel ordre. Les travailleurs de l’Isra et leurs familles ne sont plus admis par les structures publiques et privées de santé qui prenaient en charge leurs consultations, analyses et ra­dios, pour défaut de paiement des factures», a informé M. Niang.
Se prononçant au nom de la Coalition des centrales syndicales nationales, Cheikh Diop de la Cnts/Fc souligne que leur organisation va faire «siennes les préoccupations des travailleurs de l’Isra». Ainsi, informe-t-il, ils vont mener «le combat à un niveau supérieur jusqu’à la résolution du problème». D’après Cheikh Diop, il s’agira de mettre en œuvre une stratégie pour faire face à «cette situation qui hypothèque l’avenir de la recherche agricole au Sénégal et les menaces qui pèsent sur ses employés». Le secrétaire général de la Cnts/Fc a également lancé un appel au président de la République pour une «hausse substantielle du budget de l’Isra, dégagé des canevas permettant de faire bénéficier aux départements concernés logés à l’Isra des contributions (…)». Cela, «pour une meilleure prise en charge des besoins stratégiques et de veille dans toutes les productions agricoles au sens large et enfin de revoir en profondeur le système d’exécution budgétaire».

dkane@lequotidien.sn

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