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En visite au Sénégal le 2 février dernier, Jacques Godfrain, président de France volontaires, a rencontré plusieurs responsables sénégalais qui s’intéressent à cette question. Il a insisté durant son séjour dakarois sur l’importance du volontariat dans un monde où le repli sur soi gagne du terrain.

Dans un monde où les populations se replient sur elles-mêmes, le volontariat est une plateforme qui peut promouvoir des valeurs universelles comme la générosité, l’échange et la solidarité. En visite au Sénégal, Jacques Godfrain, président de France volontaires et ancien ministre de la Coopération française, explique l’importance du volontariat : «C’est un enjeu humain, une rencontre entre les nouvelles générations. Cela ne se conçoit que dans le cadre d’une politique de jeunesse.» Il parle d’un choix et de philosophie de vie dans la mesure où certains ont décidé de dédier une partie de leur vie au volontariat. L’ex-ministre de la Coopération qui a parcouru plusieurs pays africains mesure le rôle qui pourraient jouer les volontaires du Sud dans les pays du Nord «où le repli sur soi-même» est en train de détruire presque la cellule familiale. Il dit : «Le Sud a besoin du Nord et vice-versa. Nos modes de vie au Nord évoluent, mais pas dans le bon sens. Alors que le Sud a des valeurs, des comportements et des modes de vie qu’il faut prendre en compte pour combattre l’égoïsme.» M. Godfrain est un fervent partisan de la réciprocité «même si certains, au départ, ne l’ont pas accueilli à bras ouverts parce qu’ils redoutaient des problèmes consulaires et d’accueil. Il n’y en a jamais eu. Les volontaires du Sud nous apportent cette façon de voir les choses et surtout le souci de l’autre. Par exemple, un enfant n’est jamais seul dans les villages parce que d’autres pa­rents s’en occupent. C’est l’antidote à l’égoïsme». Il a raison surtout qu’au Sud, comme il l’exprime clairement en soutenant que ceux qui prônent le repli sur soi-même ont des voix. «Il faut combattre le repliement. Le nouveau monde doit être ouvert et le volontariat, notamment des jeunes, c’est le contraire du repli sur soi-même. C’est une offre humaine et non un rapport de sujétion», avance M. Godfrain. Lequel a été reçu durant son séjour dakarois par Pape Birima Thiam, directeur de la Coopération technique. Coordon­nateur du Comité national de coordination et de promotion du volontariat, il a une vision assez large du développement du volontariat dans ce pays. Il dit : «On a un volontariat international bien inscrit dans notre dispositif de coopération. Nous avons un millier de volontaires engagés au Sénégal. Nous croyons à la réciprocité parce que c’est une évolution naturelle du volontariat et de la coopération.» Il insiste sur la réciprocité des échanges qu’il considère comme «un instrument de solidarité entre les pays amis et le Sénégal pour contribuer à son développement économique. Elle permet en même temps à nos partenaires de connaître le Sénégal et ses valeurs. On ne peut pas connaître un monde sans se connaître. S’il n’y avait pas de volontaires, qu’est-ce qu’on serait devenu ? Un pays se construit avec toutes les énergies et les volontaires apportent leur savoir-faire et leur expertise partout, dans les zones les plus reculées».
En tout cas, le nouveau régime essaie de promouvoir davantage le volontariat avec une nouvelle loi qui est dans le circuit administratif. «Le projet de loi est arrivé en sa phase finale. ll reste la procédure de l’adoption parce que tout est fin prêt», annonce M. Thiam. Au ministère de la Jeunesse, de la construction citoyenne et de la promotion du volontariat où a été reçu M. Godfrain, on essaie de trouver les moyens nécessaires pour atteindre les objectifs comme la réforme annoncée du Service civique national. Entre ce ministère et France volontaires, on continuera à façonner les relations.
Créée en 2009 sur les cendres de l’Association française des volontaires du progrès (Afpv), la plateforme France volontaires a pour objet de promouvoir et de développer les différentes formes d’engagement et la construction de nouvelles formes de solidarité. Présen­tement, ils sont 104 volontaires français à servir au Sénégal.
bsakho@lequotidien.sn

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