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Enlèvements, tortures, meurtres…
Le pire s’est encore produit. Comment expliquer un tel degré de sadisme ?
C’est inhumain !
C’est à croire que nous sommes maudits.
«Le petit Serigne Fallou Diop est mort. Son corps a été retrouvé ce lundi à Colobane Gouye Mouride, Rufisque.»
Ces mots trottent dans ma tête et me poussent encore à parler, à écrire. J’ai mal, j’ai honte, j’ai peur.
–J’ai mal pour ces pertes, ces pauvres enfants, ces anges volés et tués. Il faut être un véritable sadique pour prendre la vie d’un être humain. Un enfant, de plus, l’innocence personnifiée.
–J’ai honte, car cela s’est produit dans mon pays. Ce dernier fut tant de fois chanté et vanté, décrit depuis la nuit des temps comme étant un havre de paix. Pays de la Téranga (l’hospitalité), de la générosité. Aujourd’hui, qu’en est-il de toutes ces valeurs ?
–J’ai peur, comme presque tous mes concitoyens. L’angoisse et la psychose sont palpables. On a peur pour nous, on a peur pour nos enfants. Notre sécurité est mise à rude épreuve. Qui aurait cru que l’on atteindrait ces bassesses abyssales ?
Je le répète, ne négligeons aucun effort. On ne sait pas quelle plume ou quelle bouche sera lue, écoutée et entendue par la population, car qu’on le veuille ou non, ces individus qui séquestrent, kidnappent, violent, assassinent nos enfants sont des Sénégalais (ou des résidents).

L’horreur est portée
à son paroxysme
Serigne Fallou était âgé de 2 ans et six mois et il a été enlevé depuis jeudi dernier à Bargny. Ses restes ont été retrouvés dans un état indescriptible.
Les cas se suivent et se ressemblent :
Il y a quelques jours, nous étions choqués -et nous le sommes toujours- en apprenant les meurtres crapuleux commis sur une fillette à Mbao et un petit garçon à Touba et les cas d’enfants kidnappés sont pléthore.
Suite à cela, j’avais partagé avec vous mon article sur les enlèvements et meurtres d’enfants (le voici). Et en parlant de ce fléau, j’avais aussi attiré l’attention sur d’autres maux qui gangrènent notre société : harcèlement, viol, torture, esclavage…
Prenons le harcèlement, par exemple, rares sont les personnes qui en parlent. Et Dieu sait qu’il existe bien au Sénégal. Mais qui ose le dénoncer ? Ceux qui le font sont automatiquement taxer de fouteurs de trouble.
Il y a seulement 24 heures, je disais à un ami que sur certaines pages et au sein de certains groupes qui pullulent sur Facebook, j’y vois quotidiennement des commentaires et publications haineux. L’ami en question m’a alors dit qu’on n’a pas de soucis à se faire car, selon lui, les Sénégalais sont des gens pacifiques.
Pacifiques, oui, mais ils dorment sur leurs lauriers… Pas besoin de vous dire que ces groupes sont sources de malaises et de discordes. Pourtant, leurs objectifs premiers étaient de blaguer, de déstresser et de partager nos délires entre Sénégalais et Sénégalaises.
Cependant, le constat actuel est tout autre. Ne négligeons pas le «va te suicider» jeté à la figure d’un internaute juste parce que ce qu’il a publié dans le groupe ne te plaît pas. Signalez ces commentaires aux administrateurs, vous verrez qu’ils ne vous répondront jamais.
Il y a trop de laxisme dans ce pays. Où sont les politiciens, où sont les gouvernants ? Ces personnes qui nous dirigent sont comme soudainement devenues muettes et sourdes… C’est incroyable !
Revenons aux meurtres d’enfants !
D’aucuns pensent qu’il s’agit de sacrifices humaines… Je ne dirai pas non…Je ne dirai pas oui.
Tout ce que je peux dire, c’est que si au 21ème siècle nous en sommes encore à ce stade de «sauvagerie», je ne vois plus à quoi nous servent les siècles d’évolution, de civilisation et de modernité.
L’homme traque son semblable comme le ferait un prédateur en voyant sa proie sans défense. Ignoble, ignoble !
#Dafadoy #anangeen sont les hashtags utilisés sur les réseaux sociaux pour dire stop aux enlèvements et meurtres d’enfants (dafa doy = ça suffit; ana ngeen = où êtes-vous ?).
Rokhaya SADJI
bloggueuse

1 COMMENTAIRE

  1. Salut. Merci beaucoup. C’est une année plus tard que je vois que vous aviez publié ma contribution. C’est gentil. Je compte en faire une autre car malheureusement ce fléau est toujours d’actualité. -Rokhaya Sadji-

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