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C’est comme si l’annonce du report des Jeux Olympiques de la Jeunesse (Joj) jusqu’en 2026 avait «dopé» les autorités sénégalaises. 24 heures après cette décision prise par le Cio, le ministre des Sports, Matar Ba, et le président du Comité d’organisation des Joj (Cojoj), Diagna Ndiaye, ont convoqué la presse pour lancer un nouveau départ, un nouvel élan vers «Dakar 2026». Réactions croisées.

REPORT DES JOJ
Matar Ba : «La rencontre de ce matin a pour objet de vous entretenir du report des Jeux Olympiques de la Jeunesse de 2022 à 2026. C’est donc d’un commun accord, à l’amiable et en toute connaissance de cause, que le gouvernement du Sénégal et le Comité international olympique (Cio) ont décidé de reporter, à 2026, les Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2022. Et ce report permettra à notre pays, selon les termes du communiqué conjoint, de poursuivre les excellents préparatifs menés avec l’appui du Cio et des Fédérations internationales. Et je voudrais ici renouveler mes chaleureuses félicitations et mes encouragements au Président Mamadou Diagna Ndiaye pour la hauteur et la finesse de son approche et pour la qualité de son leadership. Je renouvelle mes félicitations et mes encouragements au président Diagna Ndiaye surtout pour le témoignage éloquent que le président de la République Monsieur Macky Sall et le Président Thomas Bach lui ont fait du travail immense déjà accompli en deux années, avec la collaboration des équipes qui vous entourent. Je vous renouvelle l’engagement de mon département à accompagner vos efforts en direction des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026.»
Diagna Ndiaye : «Je tiens d’abord à remercier et souligner la présence de Messieurs les ambassadeurs d’Espagne, du Japon, de France, de l’Union européenne et de Madame le maire de Dakar. La décision qui a été prise de façon commune par le Sénégal et le Cio, n’est due à aucun retard sur la préparation des Jeux. Je crois que le ministre Matar Ba est largement revenu là-dessus. La date disponible c’est 2026 ; parce que comme vous le savez, 2021 c’est Tokyo, 2024 c’est Paris et 2026 c’est donc Dakar. C’est la seule date disponible. Pour 2028, ce sont les Jeux de Los Angeles. Donc, c’est quelque chose qui s’inscrit tout naturellement dans l’agenda olympique. C’est une décision que je salue au nom de tout le mouvement olympique national, au nom de tous les sportifs. Des manifestations d’adhésion à ce choix lucide et réfléchi au regard de la situation que vit le monde entier, ont été reçues de partout, de nos amis du monde entier, du mouvement olympique africain, du mouvement sportif national, de nos partenaires qui étaient et qui restent mobilisés à nos côtés pour relever le défi. Tous ces partenaires nous disent que nous étions prêts avec vous pour être dans le temps, mais désormais on a plus de temps pour mieux faire les choses avec vous. Cette décision est encore une fois la preuve de la solidarité du mouvement sportif en ces moments d’incertitude dans le monde entier. Ce report nous donne le temps de travailler avec sérénité, sans pression, pour délivrer en 2026 des Jeux Olympiques mémorables.»

REHABILITATION STADES, SITES…

Matar Ba : «Au-delà de ce qui a été programmé pour les Jeux Olympiques, le Sénégal continue le travail qu’il a déjà entamé et qui est de régler définitivement les questions des infrastructures sportives. Aujourd’hui, c’est un handicap par rapport à la pratique sportive. Et l’Etat continuera son chemin. Je pense que l’organisation des Jeux Olympiques sera quelque chose de plus par rapport à la programmation de l’Etat du Sénégal au niveau des infrastructures.»
Diagna Ndiaye : «Nous n’avions pas d’agenda des constructions. D’ailleurs, ce week-end, Monsieur Wade (Ibrahima, Coordonnateur des Joj) et les équipes étaient encore jusqu’à 3 heures du matin, au Village olympique, les réceptifs pour les athlètes… L’agenda 2022 nous impose même d’avoir largement une avance sur novembre 2026. De ce point de vue, je pense qu’on peut rassurer tout le monde car ce report nous donne une avance importante. Et sachez qu’en termes de coût, notre tableau des opérations financières est respecté et n’engage pas d’autres dépenses supplémentaires.»

STADE OLYMPIQUE DE DIAMNIADIO

Matar Ba : «Le Stade olympique fait partie du schéma du chef de l’Etat pour doter le Sénégal de bonnes infrastructures de dernière génération. Cela n’a rien à voir avec les Jeux Olympiques de la Jeunesse, mais c’est un plus pour les athlètes et par rapport aux prochaines compétitions africaines et mondiales. Si on a un stade comme ça, ce serait donc extrêmement important pour l’image du Sénégal, et aussi celle de l’Afrique en général.»
Diagna Ndiaye : «Vous savez, dans notre programme initial, le Stade olympique ne figure pas dans le cahier des charges. Le président de la République, lors du lancement de son mandat et par rapport à ses objectifs concernant les projets prévus, avait décidé de l’érection de ce Stade olympique. Tant mieux pour nous, si on a ce stade dans les délais. Si ce n’est pas le cas, ça ne nous pose pas de problème parce que nous nous projetons sur 2026. Mais sachez que pour ce qui est du cahier des charges, avec les accords que nous avons signés avec l’Agence française de développement, les choses sont vraiment sous contrôle. Les travaux ont démarré. Mais le fait qu’on soit projeté sur le théâtre 2026, nous donne largement le temps pour les infrastructures, pour l’organisation, de la méthodologie afin d’arriver à être largement en avance.»

GESTION DES INFRASTRUCTURES AVANT 2026

Matar Ba : «Ce qu’il faut comprendre, c’est que le Sénégal abordera ces préparations avec beaucoup d’intelligence. Il faudra s’adapter. On ne peut pas construire des stades et les fermer en attendant 2026. Donc, si on péchait au niveau de la gestion, ce serait dommage. Il faut qu’on veille à avoir une bonne gestion de nos infrastructures et permettre aux jeunes Sénégalais de pouvoir en disposer. Si Iba Mar Diop est terminé, il n’y aura plus d’abus comme avant et permettre à tout un chacun de faire n’importe quoi. Nous nous inscrivons dans une dynamique de recevoir le monde, donc, il faut se donner les moyens de gérer ces questions… Aujourd’hui, on est à six ans des Joj, on ne peut pas dire que rien ne changera au niveau des infrastructures, sur les sites et autres, mais nous serons très ouverts et réceptifs pour continuer le travail.»
Diagna Ndiaye : «Le Cio a prévu, entre aujourd’hui et 2026, si les opportunités et les situations l’exigent, de signer des avenants, au regard de la nouvelle situation. C’est évident ! Je pense que vous aurez l’opportunité de nous revoir et on réajustera au fur et à mesure.»

FAIRE TOUJOURS CAP SUR… 2022

Diagna Ndiaye : «On doit continuer à travailler comme s’il n’y avait pas report. Comme si on faisait cap sur 2022. A savoir consolider les acquis. Ce report nous permet de dérouler dès maintenant un vrai programme de préparation de jeunes champions, futurs médaillés, comme j’ai eu à l’évoquer avec nos partenaires chinois lors de ma visite à Beijing en décembre 2019, qui sont toujours prêts à nous accompagner dans ce sens.»
Matar Ba : «Tout ce que je peux dire, c’est que les Fédérations continuent leur travail. Elles sont là pour faire de la promotion, de la détection, encadrer les jeunes, bien évidemment. Elles seront appuyées par le Comité olympique qui ne cesse de donner des bourses. Donc ce travail ne va pas s’arrêter. Au contraire, il faut l’intensifier avec les partenaires qu’on a en Europe et ailleurs pour la bonne préparation. Maintenant, le travail revient aux Fédérations, accompagnées bien évidemment par l’Etat et le Comité olympique. Si on doit continuer, ne pas se relâcher en se disant qu’on a encore six ans… Non, on doit se dire qu’on a une échéance qui reste 2022 ; pour ne pas relâcher et continuer le travail. Non seulement, on va encadrer ces jeunes-là, mais on va détecter d’autres qui pourront faire plus que ce qu’on pensait de ces jeunes-là. Donc, le travail va continuer.»

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