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Les partis de l’opposition ont sonné la mobilisation pour la marche du collectif Noo lank de cette après-midi à la Place de la Nation. Des renforts qui peuvent également constituer un inconvénient.

Le collectif citoyen Noo lank marche cette après-midi à la Place de la Nation (ex-Place de l’Obélisque) contre la hausse du prix de l’électricité en vigueur depuis le 1er décembre dernier. Après une première mobilisation jugée «réussie» le 13 décembre, Fadel Barro et ses camarades ont ratissé large, surtout chez les organisations politiques. Abdoulaye Wade, Ousmane Sonko, Khalifa Sall ont adhéré à leur cause et promis de mobiliser leurs partisans pour rehausser la dimension de cette activité. De façon générale, le Front de résistance nationale (Frn) a invité mardi tous ses membres à y prendre part activement au lendemain de sa rencontre avec les animateurs de Noo lank. «Le Frn demande à tous les leaders de lancer des appels à leurs militants et sympathisants à se mobiliser pour la réussite de la manifestation. Le Front a décidé de délivrer un message fort lors cette importante manifestation, de façon visible et sans équivoque pour exprimer, encore une fois, sa détermination constante contre les dérives du pourvoir de Macky Sall», a déclaré dans un communiqué Moctar Sourang, coordonnateur du Frn.
En enrôlant l’opposition politique, Noo Lank espère une mobilisation grandeur nature. Une façon de mettre la pression sur le régime en place afin qu’il revienne sur la hausse du prix de l’électricité. Il est aussi question d’obtenir la libération de Guy Marius Sagna et Cie. Ce dernier et 2 autres activistes sont en prison depuis le 29 novembre dernier pour avoir manifesté pour la même cause devant les grilles du palais de la République.
Toutefois, les initiateurs de la marche risquent également le revers de la médaille. Face à une classe politique de plus en plus discréditée auprès des jeunes, la participation des hommes politiques -notamment ceux des partis traditionnels – peut inciter certains à rester chez eux. Lors de la marche du 13 décembre, il n’y avait que des mouvements citoyens et des organisations de la Société civile au-devant. Dans le cadre des rassemblements de la plateforme Aar li ñu bokk en juin et juillet derniers sur le pétrole, des politiciens se sont fait huer pour avoir tenté de donner une coloration politique à l’activité. Le défi de la mobilisation est si important que cette fois-ci il s’agit de la Place de la Nation et non celle de l’Indé­pendance qui est interdite. Le 20 décembre, les jeunes de Noo lank avaient été réprimés par les Forces de l’ordre. Mais en tous les cas, la marche de ce vendredi sera un baromètre pour expérimenter ce «mariage» entre politiques et citoyens lambda.

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