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A l’Assemblée nationale du Sénégal composée hier uniquement de députés de la majorité, le président de la République du Cap-Vert, Jorge Carlos de Almeida Fonseca, a donné un cours sur la démocratie et la sécurité. Deux notions qui divisent la classe politique sénégalaise.

L’exercice ressemble à un cours magistral. Et il vient d’un pays modèle en matière de démocratie. A l’Assemblée nationale du Sénégal hier, dans le cadre de sa visite officielle de 4 jours, le président de la République du Cap Vert a donné une leçon pour la préservation de la démocratie. Dans un Hémicycle que les députés de l’opposition ont boudé pour dénoncer les «violations» des principes démocratiques du pouvoir en place, Jorge Carlos de Almeida Fonseca a indiqué que la démocratie ne doit pas être remis en cause sous le prétexte de la sécurité. Justement, la semaine dernière, la manifestation de l’opposition devant les grilles de l’Assemblée nationale contre le projet de loi sur le parrainage, a été interdite par le préfet de Dakar pour des raisons de sécurité.
Cependant pour se livrer à un tel exercice, le Président capverdien s’est montré très diplomatique à l’égard du Sénégal, «un pays ami» et «une des démocraties les plus solides en Afrique», selon ses termes. Et un peu plus tôt dans la journée au palais de la République, le dirigeant insulaire n’a pas voulu, devant son homologue Macky Sall, se prononcer sur le boycott de l’opposition parlementaire. Son cours s’adresse donc à la «sous-région» ouest-africaine. «La démocratie ne peut être hypothéquée comme une condition pour garantir la sécurité. La démocratie n’a de sens que si elle est au service du système démocratique et du bien-être des personnes et de leurs institutions. Elle ne peut pas être une valeur absolue qui chevauche toutes les autres, au contraire, elle doit être un instrument au service de la démocratie», explique le Président Fonseca sous les yeux d’anciens présidents de l’Assem­blée nationale comme Mamadou Seck, Youssou Diagne et Abdoul Khadre Cissokho.

«Le sacrifice des principes démocratiques ne peut être le prix à payer pour la sécurité»
Selon lui, le dilemme de la démocratie ou de la sécurité «n’a pas de raison d’être» car, dit-il, «il est de la responsabilité de l’Etat de garantir la sécurité afin que le régime démocratique puisse être pleinement exercé». En ce sens, «le sacrifice des principes démocratiques ne peut être le prix à payer pour la sécurité», a encore ajouté le chef de l’Etat capverdien. Il poursuit : «(…) La sécurité est chaque jour qui passe considérée comme un bien essentiel. Elle doit être préservée pour qu’on puisse profiter des avantages du système démocratique. Elle est une condition pour le plein exercice des principes démocratiques. Elle ne peut jamais être considérée comme une contrepartie du régime démocratique.»
Jorge Carlos de Almeida Fonseca voit encore des situations en Afrique de l’Ouest où des libertés «ne sont pas respectées», comme une presse «très conditionnée», un fonctionnement des partis «très limité» et des élections «ne se déroulant pas toujours de manière démocratique».
bgdiop@lequotidien.sn

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