PARTAGER

«La torture a beaucoup diminué dans les prisons sénégalaises, même si les mauvaises conditions de détention peuvent être considérées comme une forme de maltraitance», a déclaré hier à Thiès, Josette Marceline Lopez Ndiaye, Observateur des lieux de privation de liberté (Onlpl). C’était en marge d’un atelier de formation initiée par l’Onlpl à l’intention de 500 élèves agents de police de la 45e promotion de l’Ecole nationale de police et de la formation permanente. Ces futurs agents d’exécution des lois seront formés au cours de session de formation de cinq jours sur la gravité de la torture, des mauvais traitements, des traitements inhumains, cruels et dégradants. «Sans nous vanter, nous pouvons dire qu’elle a beaucoup diminué. Nous avons parcouru presque tout le Sénégal. Nous n’avons pas rencontré beaucoup de cas de torture», a-t-elle estimé.
Toutefois, précise Mme Ndiaye : «On ne peut pas dire qu’elle ait disparu, mais en tout cas les cas de torture ont diminué.» Définissant la torture comme «le fait pour un agent public d’exercer volontairement des violences physiques ou psychologiques sur une personne dans le but d’obtenir d’elle des renseignements ou des aveux, de lui faire subir des représailles ou des actes d’intimidation ou de discrimination quelconque», la patronne de l’Onlpl, de relever que cette méthode est toujours «utilisée par les Forces de l’ordre». Elle cite le cas de «Dominique Lopy, décédé des faits de torture dans les locaux du commissariat de Kolda le 13 avril 2007, Ibrahima Samb, qui aurait été torturé à mort par quatre policiers à Mbacké en 2013». Sans compter le cas «Saliou Sarr qui aurait perdu la vie, suite à des brûlures causées par une matraque électrique au commissariat d’arrondissement de Thiaroye le 14 juillet 2018». Et d’ajouter : «A part la personne morte d’électrocution, on n’a pas connu beaucoup de cas de torture. Il y a des gens qui meurent en prison, mais ils ne meurent pas à cause des tortures, mais parce qu’ils sont malades. Nous suivons ces différents cas, en nous rendant sur les lieux, pour déterminer les causes de décès de ces personnes».
Josette Marceline Lopez Ndiaye n’a pas manqué de signaler que des sanctions pouvant aller de 5 à 10 ans d’emprisonnement sont prévues contre les auteurs de tels actes. Non sans préciser : «Leur responsabilité peut être mise en cause de manière disciplinaire, administrative et pénale.» Pour dire, selon Mme Ndiaye, toute la pertinence de cette formation à l’intention des Forces de l’ordre. «Le respect des droits humains par ceux qui détiennent la puissance publique ne va pas de soi. C’est pourquoi nous restons convaincue que c’est uniquement par le bais de la formation, voire de la sensibilisation que nous pouvons inculquer aux agents d’exécution des lois la culture des droits humains. C’est de cette manière que nous arriverons à ériger un rempart contre toute atteinte à la dignité humaine.»
nfniang@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here