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Alors que s’achève aujourd’hui le délai annoncé pour la révision du tarif du péage, le concessionnaire est dans l’expectative et attend des directives claires du concédant, en la personne du chef de l’Etat. Et le silence n’aide pas à améliorer le climat entre les partenaires, ni à gagner la confiance des usagers.

La fin du mois de juillet est arrivée, et avec elle l’échéance que le gouvernement et le président de la République avaient fixée pour annoncer la réduction du tarif du péage sur l’autoroute de l’Avenir. Il est vrai que d’ici la nuit, tout peut intervenir, mais on peut constater que rien, aussi bien les jours avant que ce jour, ne l’a présagé malgré les assurances du ministre des Infras­tructures, des transports et de la décentralisation, Abdou­laye Daouda Diallo (voir Le Quotidien no 4634 des samedi 28 et dimanche 29 juillet). Cela fait que les différents protagonistes se perdent en conjectures.
A commencer par les membres du Collectif citoyen des usagers de l’autoroute à péage (Ccuap) qui tentent, sur les réseaux sociaux, de lancer une grosse activité pour mettre les pouvoirs publics sous pression. Et si l’Etat et ses services sont restés zen, il semblerait que du côté de la société Eiffage, la direction a commencé quelque peu à se poser des questions. Même si aucune information officielle n’en sort, et malgré le silence de M. Gérard Senac, directeur général d’Eiffage Sénégal, des bruits finissent par percer.
La plus grosse inquiétude du côté d’Eiffage serait de passer auprès de l’opinion comme celle qui ne souhaiterait pas une quelconque réduction du prix de l’autoroute. Des personnes qui ont accepté d’échanger avec nous assurent que l’entreprise concessionnaire est «totalement ouverte à la baisse des prix». C’est dans cet esprit qu’Eiffage avait pris part aux travaux de la commission mise en place pour la renégociation du tarif du péage. La commission en question, qui se réunissait à l’hôtel Pullman Teranga, a mis fin à sa mission au 30 juin 2018. Depuis lors, du côté d’Eiffage, on est resté sans nouvelle. Or des propositions avaient été faites dans le cadre des travaux, dont les différents protagonistes espéraient avoir une certaine idée.
Si le président de la République voulait vraiment annoncer une certaine baisse du prix du péage, la logique voudrait qu’il en fasse part au concessionnaire qui est censé mettre en œuvre cette décision, au lieu que cela se fasse de manière unilatérale et que ce dernier soit mis devant le fait accompli. A moins, craignent les membres du personnel de l’entreprise, que le gouvernement ait en tête l’idée de renégocier, en certaines de ses parties, le contrat de concession. Cette idée est confortée par les informations selon lesquelles l’Etat du Sénégal se serait adjoint les services d’un célèbre cabinet d’affaires pour cette tâche. Ce qui fait dire aux employés d’Eiffage que dans ces conditions, «ce serait alors une renégociation globale d’un contrat signé sous la garantie de partenaires internationaux. Cela ne pourrait donc pas se faire au pied levé, car il faudrait que les conseils de tous les acteurs concernés étudient tous les aspects et modalités».
Une manière de faire savoir qu’au sein d’Eiffage, l’on n’a pas peur d’une certaine baisse des prix, et que si blocage il y avait, ce ne serait certainement pas à leur niveau.
Il faudrait rappeler que c’est le 15 mai 2018 que le Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne a pris l’arrêté no 010678, portant renégociation du contrat de concession de l’autoroute à péage Patte d’Oie-Aibd. Comme dit en son article 2, la mission de la Commission interministérielle était de «renégocier les conventions liant l’Etat du Sénégal à la société chargée de l’exploitation de l’autoroute à péage… afin notamment de baisser les tarifs du péage, faire participer des entités nationales dans le capital de la société d’exploitation de l’autoroute à péage Patte d’Oie-Aibd».
L’Apix devait en assurer le secrétariat, tandis que pas moins de trois ministères importants, en plus de la Primature, de la Présidence et d’une multitude d’agences et directions nationales en complétaient la composition. Ce comité interministériel se retrouvait avec une délégation d’Eiffage où il y avait une équipe venue spécialement de France pour participer auxdites négociations. Il serait étonnant que le travail de tout ce monde n’ait abouti à rien.
mgueye@lequotidien.sn

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