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Le Centre d’information des Nations unies de Dakar (Cinu) a célébré, hier, la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique à la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar (Cciad).

La traite négrière a été une époque douloureuse pour l’homme noir. Le commerce triangulaire, tracé entre l’Afrique, l’Europe et l’Amérique, a laissé ses empreintes pour l’éternité. Hier, des siècles après, les souvenirs atroces de ces moments de l’histoire ont été revisités. Mais l’accent a été surtout mis sur la contribution des esclaves dans la création de la culture de l’Occident. C’était à l’occasion de la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique. Le panel organisé par le Centre d’information des Nations unies de Dakar (Cinu) avait pour thème «Contribution des Afro descendants aux musiques dans leur mode d’expression contemporaine en Afrique».
Une exposition a permis de comprendre que les esclaves déportés n’ont pas servi seulement dans les plantations. Ils ont utilisé leur force, mais aussi ils ont transmis la culture de leurs origines aux Américains. Cette exposition réalisée à la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar (Cciad) a montré que c’est dans l’héritage de l’esclavage que les Occidentaux ont puisé leur créativité dans le domaine culturel. Des danses d’Afrique centrale ont donné naissance à la rumba cubaine, à la samba brésilienne, mais aussi à une danse qu’on appelle le tango en Argentin. Le marimba, qui signifie «xylophone» en bantou, demeure un instrument de musique populaire en Colombie, au Costa Rica, en Equateur, au Guatemala, au Mexique et au Nicaragua.
Invité à animer le panel sur la diaspora et son apport dans la musique africaine, Ndiouga Benga, enseignant chercheur au département d’histoire de l’Ucad, a proposé une analyse de ses images. Il dit : «La musique est faite d’influence locale et également d’influence extérieure. Ce que l’on peut dire de la musique africaine, c’est que les esclaves qui ont été transplantés du contient (…) sont partis avec leur patrimoine, leur culture matérielle et immatérielle.» M. Benga a notamment donné l’exemple du rapport qui existe entre la Louisiane et la Sénégambie où les Peuples partagent des choses sur le plan culturel, vestimentaire, culinaire, des langues. Pour l’ancien ministre de la Culture, aujourd’hui conseiller spécial du chef de l’Etat, Abdoul Aziz Mbaye, ce «crime abominable de l’humanité contre elle-même est irréparable, il ne peut être réparé d’une action de compensation».
Présent à la rencontre, Amadou Lamine Sall, secrétaire général de la Fondation Mémorial de Gorée, a loué l’utilité de cette future architecture. Il déclare : «Le Mémorial de Gorée sera une des plus grandes attractions de par l’audace de son architecture, de ses contenus et de son actualité.» Toujours selon M. Sall, «le complexe du mémorial sera un lieu de recueillement, de souvenir, mais aussi un centre de communication d’activités artistiques et esthétiques (…)».
msakine@lequotidien.sn

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