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Le Conseil national de lutte contre Sida vise d’ici à l’horizon 2030 à éliminer le Sida dans le pays. Pour ce faire, des innovations ont été apportées dans la prise en charge des personnes infectées afin de mesurer la charge virale qui permet de rompre la chaîne de transmission.

Eliminer le Sida d’ici à 2030 est l’objectif que s’est assigné le Conseil national de lutte contre le Sida (Cnls). En tout cas, c’est la principale conclusion de la 2e journée scientifique sur le Sida qui s’est tenue du 3 au 5 décembre à Diamniadio. Pour obtenir ce résultat, il faudrait atteindre d’abord les trois «90» dont l’un consiste à mettre la main sur 90% des personnes infectées. Lesquelles doivent savoir qu’elles sont infectées et qu’elles doivent être mises dans les circuits de soins et réussir à faire marcher leur traitement. En fait, la volonté des professionnels de la santé et des chercheurs, qui ont pris part à cette 2e journée scientifique organisée sous le signe de l’innovation dans le cadre de la prise en charge, du diagnostic et de l’accompagnement de l’élimination de la transmission mère-enfant, est de permettre à 90% de personnes infectées d’ici à 2020 d’être mis dans les circuits de traitement. Ce qui permettra, selon le Professeur Alimatou Diop Ndiaye, responsable de l’Unité biologie moléculaire au niveau du laboratoire de bactériologie de l’hôpital Aristide Le Dantec, de mesurer la charge virale. Ainsi, pour éliminer le Sida d’ici à 2030, «il faut que 90% de ces populations soient sous traitement et aient une charge virale indétectable», souligne-t-elle.
D’après Alimatou Diop Ndiaye, si la charge virale est indétectable, cela veut dire que le virus ne se multiplie pas dans l’organisme. Et selon elle, il ne peut pas être transmis à quelqu’un d’autre. Cela, précise-elle, permet de rompre les chaînes de transmission. «Nous espérons que si nous atteignons ces objectifs intermédiaires en 2020 et les trois ‘’90’’, on pourra d’ici à 2030 espérer pouvoir éliminer le Sida au Sénégal», rassure-t-elle. En écho, Pr Pape Saliou Sow, parrain de cette journée, renchérit : «Nous devons être en mesure de commencer le traitement le plus tôt possible.» A l’en croire, les études ont démontré que la prise en charge immédiate du traitement viral permet de diminuer la charge virale le plus longtemps possible et de retenir le patient. Selon le Professeur Sow, il faut réexaminer notre système de soin en utilisant le «papier buvard» pour ceux qui sont dans les régions et l’envoyer à Dakar. Ces nouvelles stratégies, informe-t-il, sont pratiquées dans les pays de l’Afrique de l’Est et du Sud pour le rendu des résultats et pour l’éducation des patients. «Ces pays utilisent ces nouvelles technologies pour envoyer des messages le matin pour dire au patient bonjour afin de lui rappeler de prendre son médicament», dit-il, en suggérant l’invention de nouveaux processus pour la prise en charge des malades afin d’atteindre les trois «90». Toutefois, sa collègue Aminata Diop Ndiaye reconnaît qu’il y a encore des difficultés pour identifier des personnes porteuses du virus du Vih si l’on sait que les nouvelles infections proviennent des jeunes. «Au sein des familles, on a parfois une maman qui est affectée, mais on ne sait pas la situation des autres enfants», indique-t-elle.
justin@lequotidien.sn

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