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A travers un espace virtuel créé dans le réseau social WhatsApp appelé «Dental Birane», les populations de Mbolo Birane (Podor) ont transcendé les frontières pour regrouper tous ses fils dans un espace fermé, discuter et partager des questions liées au devenir de leur localité. C’était lors des Journées culturelles de Mbolo Birane.

Les jeunes du village ont initié les 24 et 25 décembre les 48 heures culturelles de Mbolo Birane durant lesquelles les populations ont exprimé les différentes facettes culturelles du terroir. On a pu découvrir de belles prestations en tenues traditionnelles. C’était également pour les populations un moment de se rappeler de leurs illustres fils qui se sont toujours investis pour le développement de la localité. Ainsi, un vibrant hommage a été rendu à Mamadou Amadou Kane, un fils du village, décédé en 1997. Monsieur Kane qui a cheminé avec les éminents savants de la culture poular, tels que Mama­dou Samba Diop dit «Mour­todo», Digo Tapsirou, entre autres personnalités, a été un fervent défenseur des valeurs traditionnelles. A travers l’alphabétisation, il a toute sa vie durant lutter contre l’ignorance.
Ces 48 heures ont été un rendez-vous culturel ayant enregistré la présence d’artistes de divers horizons, avec une animation de diverses sommités et sonorités. Ce fut également l’occasion pour les participants de penser au développement économique de la localité. En effet, Mbolo Birane, chef-lieu communal, ne dispose toujours pas d’une maison ou d’un complexe culturel pour les jeunes. Le village ne dispose pas non plus d’un stade municipal. Ce que réclament aujourd’hui les jeunes de la localité qui font du foot leur sport favori. Ils évoquent aussi la nécessité de trouver une stratégie pour l’emploi des jeunes et des mesures d’accompagnement auprès des populations menacées par la famine du fait de la mauvaise pluviométrie dans le département de Podor.
Ces jeunes de la localité, unis comme un seul homme, ont également primé les meilleurs élèves des deux écoles du village pour les encourager à persévérer dans le travail. Quelque 54 élèves dont les meilleurs des écoles du village ont donc été récompensés lors d’une cérémonie officielle en présence du parrain et de la marraine, Aïssata Guissé, originaire de Mbolo Birane, émigrée en France. Le lot de fournitures scolaires remis aux potaches est composé de cartables, de cahiers et de matériels géométriques. Des jeux de maillots ont également été remis aux différentes Asc. Toutes ces actions ont été menées par des fils du village d’ici et d’ailleurs.

Moment d’histoire
Ces journées culturelles ont été un moment riches en culture et plein d’enseignement. Après les prestations culturelles de la première journée, les jeunes ont eu droit à une véritable leçon d’histoire, la Genèse de la vie et l’œuvre de Birane Hamet Diouldo, du nom du fondateur de Mbolo comme son nom l’indique, «Diouldo», (musulman). Une histoire contée par l’actuel chef de village. Birane Aly Hamet Diouldo Kane, fondateur du village, eut comme credo la promotion et l’expansion de l’islam dans les différentes contrées du Fouta. Quoi de plus normal pour un descendant de Hamet Diouldo (qui signifie musulman) ? Il se serait installé à Mbolo Birane, d’après différentes sources, vers 1513. De là, il se consacra à l’apprentissage du Coran et à sa vulgarisation. Il en sortit avec une érudition reconnue qui fit de lui un homme de Dieu, un fervent défenseur des valeurs islamiques, de paix et de concorde. De cette soumission aux recommandations du miséricordieux, il récolta une grâce qui lui permit d’asseoir son pouvoir. Il fut récompensé par un arsenal de trois objets qui relèveraient de mystère : Un exemplaire du saint Coran, un sabre et une pierre. Ses petits-fils se passent cet héritage, signe de son œuvre protectrice inestimable au service de la communauté.
Correspondant

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