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Me Aïssatou Sow Badiane, présidente de la Chambre des notaires.

Les 18 et 19 avril, se tiennent à la Place de l’Indépendance les journées du notariat sous le thème : «Le notaire, garant de la sécurité juridique.» La Chambre des notaires a exprimé à la tutelle son souhait de voir enfin l’aboutissement du projet de loi portant statut des notaires.

Combien de Sénégalais s’attachent les services d’un notaire ? Il n’existe pas de statistiques pour savoir le nombre exact mais le Sénégalais n’a pas cette culture d’authentifier ses actes devant un notaire. En effet, l’utilité et le rôle d’un notaire ne sont pas trop connus du grand public. Alors pour mieux vulgariser le métier, la Chambre des notaires du Sénégal a initié les journées du notariat ouvertes hier. Elles se tiennent à la Place de l’Indépendance sur deux jours sous le thème : «Le notaire, garant de la sécurité juridique.» Dans un pays où le litige foncier par exemple est quotidiennement inscrit dans les rôles des tribunaux, les citoyens doivent bien saisir cette occasion pour s’imprégner de l’utilité de l’acte notarié. L’achat d’immobilier, la succession ou encore la création d’entreprise sont entre autres les domaines d’intervention des notaires. «Nous sommes d’abord des garants de l’ordre public. C’est une mission très importante. Nous sommes des dépositaires d’une parcelle de l’autorité du pays. Nous sommes des garants de l’authenticité et de la sécurité du règlement. Nous agissons au nom de l’Etat. C’est la légitimé de notre action», a exprimé Me Aïssatou Sow Badiane, présidente de la Chambre des notaires du Sénégal. Sur le sens de l’évènement, elle a expliqué qu’«en organisant les journées du notariat, la Chambre des notaires du Sénégal s’inscrit dans la dynamique de l’information continue du citoyen et de la sécurisation de ses opérations quotidiennes. Le notaire est parfois perçu comme un personnage un peu austère, rigide, triste. Or nous ne sommes pas de tout cela».
Par ailleurs, Me Aïssatou Sow Badiane a réitéré le souhait des membres de la Chambre des notaires de voir enfin l’aboutissement du projet de loi portant statut des notaires. Sur le même sillage, elle n’a pas manqué de solliciter le renforcement de la présence des notaires à travers le pays là où cela est nécessaire. Là, il faut souligner que sur l’ensemble du territoire, il y a 42 charges de notaires dans lesquelles exercent 51 notaires dont 25 femmes qui assurent la transparence et la sécurité des transactions. Toutefois, la création d’une charge, une étude ou office relève des prérogatives de l’Etat. Le magistrat, Malick Lamotte, a proposé ce qu’il a appelé une «déjudiciarisation osée» pour certaines matières comme les questions liées aux statuts personnels, au règlement et à la dévolution afin de permettre aux notaires d’aller plus vite et de désengorger les rôles des juridictions. Au nom de Me Malick Sall, le Secrétaire général du ministère de la Justice, Aïcha Gassama Tall a salué cette proposition. «Le Sénégal a un prestige d’avoir des notaires de qualité, un notariat de qualité et qui apporte une réelle contribution de qualité aux institutions africaines et de l’Union internationale du notariat.» Le président de la Commission des affaires africaines de l’Union internationale du notariat, l’Algérien Me Achite-Henni Abdelhamid, a annoncé que Dakar accueillera le 31ème congrès des notaires d’Afrique en octobre prochain. Le Sénégal a la chance d’avoir, poursuit-il, un Rapporteur général, Fatou Mballo, pour le prochain congrès mondial qui se tiendra à Jakarta en Indonésie du 27 au 30 novembre. Une première pour une femme africaine, dit-il.
msakine@lequotidien.sn

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