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L’Isra a mis en place de nouvelles variétés de semences adaptées pour faire face au changement climatique. Ces réalisations ont été étalées hier par les autorités de cet institut de recherche à l’ouverture de ses Journées scientifiques prévues du 5 au 9 février.

L’Institut sénégalais de recherche agricole (Isra) a atteint plus de 120 tonnes de semences de pré-base en arachide et plus de 35 tonnes de semences pré-base en riz, selon le président de son Conseil d’administration. Ngagne Sène indique aussi que l’institut est en train de réaliser plus de 8 fermes semencières à travers le territoire national. Cela, après avoir créé 10 nouvelles variétés d’arachides adaptées aux différentes zones agro-écologiques. Aussi, «malgré l’attente d’un lyophilisateur, l’unité de production de vaccins fait des recettes d’environ un milliard par an», a renseigné M. Sène hier à l’ouverture des Journées scientifiques de l’Isra.
«En termes de création variétale, 5 variétés de niébé et 3 variétés de sorgho sans tanin ont été homologuées en 2016, 10 variétés d’arachide entre 2016 et 2017, 14 variétés de riz de qualité en 2017 et j’en passe», a listé Alioune Fall. Le directeur général de l’Isra est ainsi revenu sur le rôle important que la recherche a joué en amont, notamment à travers la création de variétés adaptées au contexte climatique et à la mise à disposition de semences de pré-base de qualité.
Au côté du Centre international de recherche agricole dans les zones arides (Icarda en anglais), l’Isra a, en outre, contribué à la sélection d’une variété de blé dur adapté aux fortes températures. «Cette avancée significative permettra certainement de réduire la facture d’importation du blé et de corriger le déséquilibre de la balance commerciale», a espéré Abdou Mboup, représentant du ministre de l’Agriculture et de l’équipement rural. Pour lui, le développement n’est rien d’autre que la science. «La différence entre le Nord et le Sud, c’est qu’ils connaissent mieux que nous. Donc, si nous voulons rattraper notre retard au niveau de la production et du développement, nous devons être au niveau de ces pays en matière de production. Donc, la science doit être une priorité absolue si nous voulons avancer», a dit M. Mboup.
Les Journées scientifiques de l’Isra, prévues du 5 au 9 février, ont démarré hier. Cette première édition, placée sous le thème «Changement climatique et développement agricole durable : Stratégies d’adaptation des acteurs et nouveaux paradigmes de la recherche», est une retrouvaille qui va permettre aux chercheurs de l’Institut sénégalais de recherche agricole de partager les résultats de leurs recherches avec les collègues des structures d’enseignement et de recherche au niveau national et international. Il s’agira aussi de débattre des questions de recherche qui sous-tendent l’atteinte d’un développement agricole durable. «Nous espérons que ces journées vont durer dans le temps et qu’elles seront un rendez-vous national, régional et international, tous les deux ans, et où nous convions la communauté scientifique et les bénéficiaires des résultats de la recherche d’assister et d’interagir avec nous», a dit le directeur général de l’Isra. Traitant du thème, Alioune Fall invite les chercheurs à trouver des solutions pour faire face au changement climatique «qui n’est pas une question de demain ou d’après-demain, mais d’aujourd’hui». «Nous voulons, à partir de maintenant, que tout le monde comprenne que le climat est un intrant comme l’engrais, les semences, car si le climat n’est pas là, on a beau acheter de l’engrais et mettre des semences, il n’y aura pas de résultats», avertit-il.
ksonko@lequotidien.sn

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