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Sidy Loum risque de payer cher la rancune qu’il avait contre son coach. Poursuivi pour assassinat et détention illégale d’arme, il risque la perpétuité si le juge de la Chambre crinelle suit le réquisitoire du Parquet. Il sera édifié le 17 octobre prochain.

Par Justin GOMIS

Placé sous mandat de dépôt en 2011, Sidy Loum risque de prolonger son séjour carcéral à vie. Alors qu’il n’a que 24 ans. Le Parquet a requis contre ce jeune footballeur, la prison à perpétuité. En fait, il aurait commis un meurtre de son entraineur de foot, qui lui a valu hier sa comparution devant la Chambre criminelle pour assassinat et détention illégale d’arme. Les faits remontent à 2011 dans la localité Pikine. Lors d’un match de football au stade Alassane Djigo, Sidy Loum n’était pas dans les choix de son coach. Une pilule que le joueur avait du mal à avaler. Depuis lors, il rumine une colère noire contre Thiémoko Kondé. Les relations entre les parties étaient devenues glaciales au point que Sidy Loum n’adressait plus la parole à son entraîneur. Après une première bagarre, dominée par la victime, Sidy Loum est allé s’armer d’un couteau. Il part à la recherche de Thiémoko Kondé pour se venger. Il a demandé à des voisins, s’ils l’avaient vu. Sachant que les relations entre les parties n’étaient pas au beau fixe, ces derniers lui ont fait croire qu’il est rentré. Toutefois, cela n’avait pas dissuadé Sidy Loum. Depuis lors, il se promenait avec un couteau en épiant son coach. Alors que sa victime se rendait à la mosquée pour la prière du vendredi, il est allé se cacher dans une maison qui donne sur la route que Thiémoko Koné devait emprunter à son retour. Quand la victime est revenue de la mosquée, il est sorti de sa cachette pour lui asséner un violent coup par derrière en lui tranchant la carotide. Après avoir commis son crime, il a jeté l’arme et est allé se cacher à Touba. Mais, il sera vite déniché par les limiers avant d’être déféré et placé sous mandat dépôt pour les délits sus-indiqués.
Hier devant la barre, il n’a pas cherché à cacher la vérité. Il a reconnu sans ambages les faits. Seulement, il a tenté de diluer sa responsabilité en soutenant que c’est la victime qui a ouvert les hostilités quand ils se sont croisés sur le chemin de la mosquée. «C’est lui qui a engagé la bataille», a-t-il répondu à la question du juge. Aussi, il dit être armé parce qu’il avait reçu des menaces de la part de son entraineur. «Je me suis armé de couteau parce qu’il me menaçait», a-t-il ajouté. Des moyens de défense battus en brèche par l’épouse de la victime. «Sidy Loum n’était pas allé pour prier, mais pour tuer Thiémoko», a précisé la bonne dame, selon qui, l’accusé disait à ses amis qu’il aller le tuer. «Mon mari marchait et il est venu par derrière pour l’asséner un coup de couteau au niveau du cou», a-t-elle expliqué.
Selon l’avocat de la partie civile, «la préméditation est réelle, car Sidy Loum était en colère parce qu’il n’a pas été sélectionné» par l’entraîneur. C’est pourquoi, indique la robe noire, «qu’il avait une haine viscérale» contre M. Kondé. «Depuis plus d’un an, il ne lui adresse pas la parole», poursuit-il en rappelant que l’accusé détenait toujours un couteau pour se venger. L’avocat, qui est aussi convaincu que Sidy Loum «s’est caché dans une maison pour attendre le retour de la victime pour lui asséner un coup», a réclamé 30 millions de francs en guise de réparation.
Selon le Parquet, il a attendu la victime pour l’atteindre par derrière en lui donnant un coup au cou. «La préméditation ne souffre d’aucun doute», déduit-il en ajoutant que Sidy Loum a attendu pendant un an pour commettre son acte en étant toujours armé de couteau. Il a requis les travaux forcés à perpétuité.
L’avocat de la défense a, quant à lui, invité la Chambre criminelle à prendre du recul dans cette affaire avant de trancher. «Il n’est pas contesté qu’il a donné un coup mortel, mais les circonstances de cet acte méritent d’être élucidées», conseille-t-il en soulignant que «le témoin n’est pas en mesure de dire qui s’est jeté sur l’autre». «La victime l‘a menacé en lui disant que tu veux te f… de moi», ajoute l’avocat selon qui, le «guet-apens ne tient pas». Estimant que les coups sont portés sans intention de donner la mort, il a sollicité l’application de la loi. La décision sera rendue le 17 octobre prochain.
justin@lequotidien.sn

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