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Si le réquisitoire du Parquet est suivi, Abdoul Mbaye risque 1 an ferme. Il comparaissait pour faux et usage de faux, complicité de faux et tentative d’escroquerie. La décision sera rendue le 18 mai.

«Toute scène de ménage qui se prolonge, disait Roland Barthes, ne peut s’achever que par un meurtre.» Entre Abdoul Mbaye et son ex-épouse, il s’agit d’un meurtre moral. Après des années de vie commune, les deux ex-conjoints ont lavé hier leur linge sale devant le Tribunal correctionnel où le procureur a requis 1 an de prison ferme contre M. Mbaye. L’ancien Premier ministre a attrait Mme Aminata Diack pour complicité de faux en écriture publique authentique, usage de faux en écriture publique authentique et tentative d’escroquerie. Alors que le Professeur de médecine à l’Ucad a fait comparaître son ex-mari pour faux commis dans un document administratif, complicité de faux dans un document administratif d’usage dudit document et tentative d’escroquerie. Avant de procéder au jugement, le juge a joint ces deux affaires où l’agent de l’officier d’état civil, Adama Thiam, comparaissait pour faux dans un document administratif.
A la barre, Abdoul Mbaye a déclaré s’être marié avec son ex-épouse sous le régime de la communauté des biens en 1981 et que le changement de ce régime a été fait de concert avec la dame Aminata Diack. «Pour le changement, nous avons signé une requête de conjoint», a-t-il appris au Tribunal. Ce que reconnaît son ancienne épouse qui s’empresse de préciser qu’il s’agit d’une requête bien préparée qu’elle a accepté de signer pour préserver les intérêts de la famille. Selon toujours Aminata Diack, c’est entre 2007-2008 que son ancien mari lui a dit que ce qu’ils avaient fait n’était pas bon. A la question de savoir comment il assurait les charges domestiques, Abdoul Mbaye répond : «Sachez que lorsque je l’ai épousée, je gérais la nourriture, ses voyages, l’éducation et la scolarisation de nos enfants, sa santé, car j’ai payé toutes ses opérations, je lui changeais régulièrement ses voitures, elle vivait dans le luxe. Je l’habillais comme toute grande dame, je l’ai logée dans une maison.» Il informe qu’après leur divorce et pour les 50 ans de la dame, il lui a offert un chèque de 50 millions. Un geste apprécié par  des applaudissements de ses souteneurs.
Considéré comme le cerveau de cette affaire, Adama Thiam, officier d’état civil, estime qu’il s’est appuyé sur une décision de justice que lui avait apportée un greffier nommé Me Hyacinthe Gomis. «Cette ordonnance, précise-t-il, demandait une rectification de la communauté des biens en séparation de biens. Je n’ai fait qu’exécuter la décision», s’est-il défendu tout en précisant n’avoir pas constaté d’irrégularités après lecture de l’ordonnance. «J’ai été convoqué en 2012 par la présidente du Tribunal départemental de Dakar qui m’a fait savoir que le juge qui a rendu la décision n’était pas compétent. Elle m’a dit de remettre l’ancienne option, à savoir la communauté des biens, sans me remettre une décision de justice ;  je lui ai dit qu’on ne peut pas le faire», renseigne l’officier d’état civil. Il reconnaît qu’il s’est plié à cette volonté de la présidente du Tribunal départemental en raturant l’acte de mariage. «C’est pour éviter qu’un autre agent ne commette une erreur en portant les mentions qui se trouvent derrière l’acte en question», poursuit-il. En réaction, le Parquet lui a rappelé qu’il leur est interdit de faire des ratures. «La seule obligation qui vous est faite, c’est de porter la mention», dit-il. En réponse, Adama Thiam reconnaît avoir commis une erreur en portant la mention sur le registre et fait des rectifications sur le livret de famille.
Dans son réquisitoire, le Parquet a essayé de montrer la culpabilité de l’ex-Premier ministre. Il a requis 6 mois assortis de sursis pour les délits de faux et complicité de faux et 2 ans dont 1 an ferme pour tentative d’escroquerie. Alors que les avocats de son ex-épouse ont réclamé 500 millions en guise de dommages et intérêts. Ils ont plaidé la relaxe. Les avocats de Abdoul Mbaye ont, quant à eux, demandé de renvoyer leur client des fins de la poursuite et de débouter la partie civile de sa demande et réclamé le franc symbolique. L’affaire est mise en délibéré au 18 mai.

justin@lequotidien.sn

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