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La menace brandie par le gouvernement, pour amener les syndicats à suspendre leur mot d’ordre de grève, a soulevé la colère chez certains d’entre eux. Pour le Secrétaire général du Saemss, cette sortie du gouvernement est «inacceptable». Joint par téléphone hier, Saourou Sène fustige l’attitude des autorités. Pour lui, ce n’est pas la menace qui leur fera lever leur mot d’ordre. Le Secrétaire général du Saemss, syndicat membre du G6, soutient que cette tentative des autorités de casser le mouvement ne passera pas. D’après M. Sène, les enseignants sont déterminés à mener la lutte jusqu’au bout. Déplorant ainsi l’attitude du gouvernement, le syndicaliste soutient que «la meilleure solution serait de convoquer les syndicats pour résoudre la crise». «Mais au lieu de cela, ils ont opté pour l’humiliation en faisant des ponctions sur les salaires et ils vont aller vers des réquisitions», a-t-il fustigé au bout du fil.
Pour Abdou Faty, la menace de l’Etat ne fait que renforcer la détermination des enseignants. Le syndicaliste en veut pour preuve leur marche à Diourbel qui, selon lui, a été une réussite. «Les enseignants ont répondu au gouvernement de la meilleure des manières à la marche de Diourbel en montrant leur détermination, et que rien ne peut les faire reculer, ni les menaces ni les réquisitions», fait-il savoir. D’après le syndicaliste, le gouvernement, au lieu de faire dans la menace, devrait rappeler les syndicats du G6 à la table de négociations. De même, il estime que les autorités doivent être conséquentes dans leur démarche. «Le gouvernement devait rencontrer le G6 pour qu’on lui fasse des contre-propositions. Depuis, il n’y a pas eu de rencontre. Les syndicalistes ne peuvent pas suspendre dans le vide, il faut un document pour qu’on sache qu’est-ce qui a été fait pour les lenteurs administratives, pour les rappels, pour l’indemnité de logement…», a-t-il expliqué.
Embouchant la même trompette, Gougna Niang, membre de l’inter-cadre des syndicats d’enseignants, estime que le gouvernement, avec cet «ultimatum», a montré ses limites. Pour lui, ayant une mission de service public, l’Etat a le devoir de faire tout pour que les choses se passent normalement. Pour M. Niang, les enseignants ne deman­dent que le respect des accords signés et jugés réalistes et réalisables par le gouvernement. Soutenant qu’ils sont dans leurs droits, Gougna Niang informe que «les menaces ne les feront pas reculer». «Le gouvernement doit faire des propositions à la mesure des attentes des enseignants au lieu de faire dans la menace. Nous sommes prêts à tout, le gouvernement a expérimenté toute sorte d’actions : les ponctions sur les salaires, les réquisitions ; il ne reste que la radiation», a-t-il dit. Déplorant ce rapport de forces, Niang soutient que «les enseignants sont déterminés, la solution dépendra de l’attitude responsable que le gouvernement va avoir».
dkane@lequotidien.sn

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