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Le procès de l’imam Alioune Ndao et ses codétenus, poursuivis pour des faits supposés de terrorisme, se tiendra à Dakar le 14 mars prochain. Etant le tout premier procès que le Sénégal tient en matière de terrorisme, il suscite quelques craintes et interrogations du côté des organisations de défense des droits de l’Homme comme Amnesty international qui fustigeait dans son dernier rapport la longue détention de l’imam Ndao. L’occasion a donc été saisie par la presse, lors de la réunion des premiers présidents de Cour suprême sur la prévention et la lutte contre le terrorisme, qui s’est tenue hier, pour interpeller le ministre de la Justice, garde des Sceaux sur cette question. Ainsi, Ismaïla Madior Fall a tenu à dissiper toute crainte. «On veille à ce que le jugement respecte un Etat de droit et un procès équitable», a-t-il déclaré. Assurant que ce procès respecte «tous les standards d’un procès équitable». D’ailleurs, M. Fall souligne que dans l’actuelle législation, des textes sont prévus sur cette question. «La législation organise la juridiction qui est le Tribunal de grande instance, mais à composition spéciale qui doit juger le terrorisme», a-t-il ajouté.
Le seul problème, selon le ministre, réside sur le fait que «nos juges» ne soient pas habitués à de tels procès. «Il n’est pas fréquent qu’ils aient en face d’eux un problème de terrorisme ou des faits de terrorisme à juger», a-t-il fait remarquer ; d’où l’importance de la réunion des premiers présidents de Cour suprême du Sahel à Dakar. «Nous avons des juges qui viennent de pays différents où il y a parfois une expérience judiciaire en matière de lutte contre le terrorisme. L’échange entre ces juges peut permettre une sorte d’apprentissage par les pairs. Une sorte d’échange, de dialogue qui permet aux juges de renforcer leurs capacités pour faire face aux faits liés au terrorisme», a-t-il dit.
S’agissant des renvois notés dans le cadre du procès de l’imam Ndao, (Ndlr : Le procès a été déjà renvoyé à deux reprises), Ismaïla Madior Fall l’explique comme un fait «inhérent à la procédure judiciaire». «Parfois, ce sont les avocats même qui demandent le renvoi pour mieux s’imprégner du dossier. Le renvoi dans le domaine judiciaire, c’est pour faire en sorte que les meilleures conditions soient réunies pour la tenue du procès», a-t-il dit. Révélant par ailleurs que maintenant des quartiers spéciaux sont aménagés dans les prisons au Sénégal pour ceux qui sont accusés d’actes terroristes afin d’éviter la radicalisation d’autres prisonniers.
Originaire de Kaolack, l’imam Alioune Badara Ndao avait été arrêté depuis octobre 2015. Lui et ses présumés complices sont poursuivis pour apologie du terrorisme et appartenance à un réseau terroriste au Sénégal. Son procès qui devait se tenir le 27 décembre dernier a été renvoyé une première fois au14 février, puis au 14 mars.
aly@lequotidien.sn

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