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L’affaire du taximan Ibrahima Samb, tué en 2016 d’une balle à la tête, a été vidée hier par la Chambre criminelle avec la condamnation de Ousseynou Diop à 15 ans de réclusion criminelle. Cette histoire avait réveillé les vieilles blessures de la famille de Ibrahima Samb qui avait trépassé après avoir reçu une balle à la tête.

La famille du taximan pourra sans doute faire son deuil. Mais Ousseynou Diop va continuer à ronger son frein en prison. Il a été condamné hier à 15 ans de réclusion criminelle par la Chambre criminelle pour le meurtre du taximan Ibrahima Samb. Alors que le Parquet avait requis à son encontre 20 ans de prison. En plus, Ousseynou Diop devra payer  la somme de 75 millions de F Cfa en guise de dommages et intérêts à la partie civile, à la famille du défunt : 50 millions à la mère de la victime et 25 millions à ses deux sœurs.
Cette scène dramatique s’est jouée dans la nuit du 27 octobre 2016 à la station Shell située sur la route de l’aéroport militaire Léopold Sédar Senghor. Quand Ousseynou Diop a pris son arme pour tirer sur le taximan. «J’avoue que j’ai tort. Je demande pardon à la famille. Je me considère dorénavant membre de cette famille à qui j’ai causé du tort. En revanche, les déclarations des témoins ne correspondent pas à la réalité», explique-t-il, plein de remords. Il a eu une première altercation avec le défunt dans la station où il est venu faire le plein de sa Mercedes. Selon lui, sa voiture avait été heurtée par le taximan. Puis l’incident a été suivi d’échanges d’injures, d’empoignades. Et ils ont été séparés maintes fois par les pompistes, selon les témoins à la barre. C’est dans la foulée que l’accusé tira un coup de sommation en l’air, puis un deuxième qui a atteint et écrasé l’une des roues du taxi, le troisième a été fatal à Ibrahima Samb. Alertés, les gendarmes trouveront son corps sans vie gisant dans une mare de sang. «C’est le chauffeur de taxi qui m’a heurté. Je suis descendu pour le mettre en ordre sur un ton sérieux. Il m’a directement insulté lorsque je l’ai interpellé sur son acte. Il m’a tendu une embuscade en érigeant son taxi devant ma voiture. J’ai donné un tir sur le pneu, c’était pour éviter d’être poursuivis par le taximan et ses compères parce que je savais qu’il n’allait pas abdiquer. Et me sentant menacé, je me suis retourné et automatiquement le tir est parti», raconte-t-il. Il ajoute : «J’ai agi aveuglement sans vouloir donner la mort. C’est une balle perdue, elle est sortie accidentellement. Je ne l’ai pas visé. J’ai appris sa mort dans les grilles à la gendarmerie. J’ai craqué comme jamais de ma vie.» Mais ces arguments de défense n’ont pas convaincu le Parquet général. Il estime qu’il y a eu mort d’homme, surtout que l’accusé l’a reconnu. Il estime qu’aucun acte dangereux ne compromettait sa sécurité du moment, car son protagoniste ne détenait pas d’arme. «C’est parce qu’il se sentait simplement offensé qu’il est retourné prendre le pistolet dans sa voiture. Le dessein de la préméditation a été formé en allant chercher l’arme. En réalité, Ousseynou Diop c’est un type qui ne se laisse pas faire, qui n’a pas la maîtrise de soi, un type d’homme qui se laisse emporter par sa colère. Les faits d’assassinat sont largement constitués à son encontre. L’homicide est volontaire et a été largement et minutieusement préparé alors que rien ne faisait obstacle à son départ», ajoutait l’Avocat général qui avait requis 20 ans de réclusion criminelle.

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