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Le policier congolais Paul Londe Mwilamb­wé, inculpé au Sénégal dans l’affaire de l’assassinat de Floribert Chébeya, exige un procès. Selon son avocat, sa vie et sa sécurité sont menacées. Il demande à être jugé afin de livrer sa vérité des faits.

Réfugié au Sénégal pour sauver sa vie, le policier congolais Paul Londe Mwilambwé ne dort plus à poings fermés. Craignant pour sa sécurité et sa vie, le commissaire de police change de domicile à tout instant. Selon les confidences de son avocat, Me Domingo Dieng, M. Londe fait souvent l’objet de menaces de mort nonobstant son statut de réfugié au Sénégal. L‘implication du bâtonnier congolais, Joseph Mukendi Wa Mulumba, qui s’est constitué pour défendre l’ex-flic congolais dans cette affaire relative à l’assassinat du défenseur des droits de l’Homme Floribert Chébeya alors qu’il s’était constitué pour les parties civiles dans la même affaire, inquiète son avocat sénégalais. «Aujourd’hui, confie la robe noire, il a retourné sa robe pour soi-disant défendre les intérêts de Paul Londe. Ce qui n’a pas manqué de susciter des inquiétudes chez le prévenu qui ne l’a d’ailleurs jamais rencontré.» En tout cas, son conseil a peur qu’il soit infiltré par le pouvoir congolais qui traque Paul Londe, le seul témoin oculaire de l’assassinat de Floribert Chébeya. «D’ailleurs, une note d’information indique que Paul Londe est recherché par les agents secrets du Congo, dévoile son avocat. Par tous les moyens, l’Etat congolais cherche à le liquider même après avoir réussi à se réfugier au Sénégal. Et connaissant les méthodes de son pays, M. Mwilambwé craint vraiment pour sa vie», avance son avocat. Par conséquent, son conseil a saisi le bâtonnier de l’Ordre des avocats du Sénégal «afin de porter à sa connaissance cette situation qui le préoccupe aussi». Dans le même sens, Me Domingo Dieng a saisi les autorités de l’ambassade de Belgique pour, dit-il, obtenir «la protection de la famille  de Paul» car, selon lui, sa femme qui vivait à Lubumbashi a échappé à un enlèvement en pleine rue. «Elle n’est plus en sécurité, alerte-t-il. Elle vit en clandestinité avec ses 4 enfants dont la scolarité est fortement menacée», ajoute l’avocat.
Le prévenu qui a été entendu depuis plus d’un an sur le fond par le doyen des juges tarde à être jugé pour livrer la vérité sur cet assassinat. Ce qui amène l’avocat à dire que le procès constitue le dernier espoir de son client qui ne réclame que justice.
Il y a 6 ans, le corps de Floribert Chébeya, directeur de l’Ong de défense des droits de l’Homme «La voix des sans voix», était découvert dans sa voiture à Kinshasa alors que son chauffeur, Fidèle Bazana, est porté disparu. Cette affaire qui concerne 8 personnes dont 4 qui ont pris la fuite a fait l’objet d’un procès en 2011. Ainsi, la Cour militaire de Kinshasa a condamné 4 prévenus à perpétuité. Mais en 2015, l’affaire a été jugée devant la Haute cour  militaire de Kinshasa qui a acquitté tous les quatre policiers. Quant au colonel Daniel  Moukalay, sa peine a été réduite à 15 ans et les poursuites contre les fugitifs suspendues. Le général John Numbi qui serait le principal commanditaire de cet assassinat n’a jamais déféré à une convocation de la justice. Même en appel. Dans cette affaire qui implique de hauts gradés de la police, le prévenu Paul Londe, jugé par contumace, a été condamné à perpétuité. Réfugié au Sénégal, il a été inculpé avant d’être placé sous contrôle judiciaire en attendant son procès qu’il réclame aujourd’hui.
justin@lequotidien.sn

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