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Que Macky Sall n’espère pas d’état de grâce de la part des membres du Syndicat des travailleurs de la justice (Sytjust) à son égard. Son secrétaire général annonce qu’il n’y en aura pas. Me El Hadji Ayé Boun Malick Diop et ses camarades attendent du concret par rapport aux engagements pris par l’Etat du Sénégal.

Après sa victoire, Macky Sall doit faire face maintenant aux urgences. Il avait pris un certain nombre d’engagements vis-à-vis des travailleurs. Il est attendu de sa part une concrétisation des promesses afin d’éviter un climat social tendu dans le pays. En tout cas, le Syndicat des travailleurs de la justice (Sytjust) ne lui accordera pas de temps de répit après sa prestation de serment prévue le 2 avril prochain. «Nous n’allons accorder aucun état de grâce (à Macky Sall). Parce que le gouvernement est très imprégné des choses qui concernent le Sytjust. Le président de la République Macky Sall est très bien imprégné de nos préoccupations. Parce qu’il a eu à recevoir le Sytjust pendant deux tours d’horloge. Et nous avons discuté en profondeur des questions qui concernent les travailleurs de la justice. Donc pour nous, il n’y a pas de temps de grâce», a laissé entendre Me El Hadji Ayé Boun Malick Diop, Secrétaire général du Sytjust.
Joint hier par téléphone, Me Diop a rappelé les raisons qui les avaient poussés à suspendre leur mouvement d’humeur, qui avait fini de paralyser le fonctionnement de la justice. Il dit : «Nous avons arrêté à l’orée de l’élection présidentielle par patriotisme et par responsabilité. Parce que la situation politique du pays était tellement tendue que c’était même rajouter de l’huile sur le feu qui couvait. Donc on a arrêté le mouvement parce que, c’était la position qui nous paraissait la plus sage.» Mais il reconnaît quand même que les «actes forts» posés par le gouvernement avant la Présidentielle ont également pesé sur la balance. Il s’agit de l’adoption de deux décrets signés le 14 décembre qui consacrent l’augmentation de l’assiette du fonds commun «en réparation du préjudice que le gouvernement nous avait causé». Toujours en réponse à la satisfaction des doléances des grévistes du secteur de la justice, l’Etat avait signé un décret le 30 janvier 2019, qui instaure un nouveau statut pour le centre de formation judiciaire. Un autre décret a été signé le 5 février 2019 pour consacrer un nouveau statut des fonctionnaires de la justice. «Donc ce sont des actes forts qui ont rejoint notre conviction patriotique de participer à l’apaisement du climat socio-politique du pays», a soutenu Me Diop. Selon lui, les travailleurs de la justice attendent aujourd’hui des actes concrets, à savoir la mise en œuvre des décrets, qui viennent d’être signés notamment en organisant les formations nécessaires aux différents corps de fonctionnaires qui sont instaurés par le nouveau statut. Nous attendons aussi, dit Ayé Boun, la publication des décrets portant élargissement de l’assiette du fonds commun pour une question d’opposabilité aux tiers. Me El Hadji Ayé Boun Malick Diop et ses camarades veulent aussi un règlement définitif de la question indemnitaire. Si rien n’est fait, averti le Sg du Sytjust, ils useront de tous les outils légaux à leur disposition parmi lesquels la grève pour se faire entendre. «Certainement nous allons dérouler des plans d’actions si c’est nécessaire. Parce que la grève n’est pas seulement l’unique moyen d’atteindre nos objectifs. Le Sytjust a eu à faire des acquis dans le passé et rien ne justifie que nous ne soyons pas optimistes. Parce que nous croyons à la force du combat et nous ne cèderons pas», dira Ayé Boun.
msakine@lequotidien.sn

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