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Des greffiers et des auditeurs de justice ont prêté hier serment devant le Tribunal de grande instance et la Cour d’appel de Dakar. Issus du concours direct et indirect pour les greffiers, ils sont invités à la loyauté et à la discrétion dans l’exercice de leur fonction. Le Parquet général a invité les autorités à faire du Cfj un établissement public avec plus de moyens financiers.

C’est une promotion de 25 greffiers et 9 auditeurs de justice qui a prêté hier serment au Palais de justice de Dakar. C’était devant le Tribunal de grande instance pour les greffiers et la Cour d’appel pour les auditeurs de justice. Parmi ces greffiers, 20 sont issus du concours direct et les 5 autres du monde professionnel. Contrairement aux auditeurs de justice qui viennent tous du concours direct. «Au regard de la sélectivité, nous retiendrons pour le greffe un taux de 0,43%, traduisant le rapport entre les candidats qui se sont présentés et les 20 candidats définitivement reçus. Dans la même sous-section, 470 se sont présentés pour 5 postes pourvus, soit un taux de 1,06%. La promotion des greffiers compte au total 7 femmes et 18 hommes. La moyenne d’âge est de 28 ans pour le concours direct et 42 pour le concours professionnel. Sept ont la Licence, huit le Master et deux le Bac», a informé Mamadou Tall, directeur général du Centre de formation judiciaire. Selon lui, cette donne explique un peu le sens de la réforme introduite par le décret de 2019 fixant désormais le diplôme d’accès professionnel de greffier à la Licence, hissant la hiérarchie à A2. A l’en croire, «cette promotion est la dernière à entrer dans le corps des greffiers avec le Baccalauréat».
Vu le rôle primordial que joue le Cfj dans la formation des magistrats, l’Avocat général près la Cour d’appel de Dakar, Aliou Ndao, a fait un réquisitoire sur les conditions difficiles de travail au Centre de formation judiciaire, à savoir la vétusté et la faible capacité des locaux. Il suggère ainsi de faire de ce centre, qui a toujours été une direction, «un établissement public en augmentant ses moyens et ses ressources financières».
Cet avis est partagé par la Chancellerie qui assure le fonctionnement de cet établissement. «Dans cette quête de l’excellence dans la formation, le département s’est engagé à doter le Centre de formation judiciaire de moyens nécessaires pour réaliser ses importantes missions sur la formation initiale et continue des personnels judiciaires», promet la secrétaire générale du ministère de la Justice.
En attendant, elle enjoint les nouveaux fonctionnaires de la justice de prendre à cœur leur mission. «Ce serment montre à suffisance la responsabilité qui pèse sur vos frêles épaules. Elle vous met le pied à l’étrier, car vous allierez apprentissage théorique et mise en situation professionnelle qui requiert droiture, loyauté, dignité et confidentialité», conseille-t-elle. En insistant sur leur importance dans le système judiciaire. «Magistrats comme greffiers, la qualité de vos savoir-faire ainsi que votre intégrité dans la réalisation de vos missions respectives participent à la perception et au renforcement de notre Etat de droit. La bonne gouvernance qui constitue la lame de fond de la gestion des affaires publiques et de notre économie sera l’affaire de la justice ou ne sera pas», dit-elle.
De l’avis du Parquet général, une décision de justice n’a de valeur que si elle est rendue devant un greffier. Il conseille aussi aux greffiers et aux auditeurs de justice «à savoir garder le secret professionnel, à ne rien divulguer, à s’engager dans leur métier, à avoir la dignité, la droiture, la loyauté et une obligation de transparence vis-à-vis de la hiérarchie». Alors que le représentant du bâtonnier leur a demandé d’éviter «un comportement déloyal qui fait qu’on retrouve les dossiers en cours dans la place publique» avant de les inviter à «faire du secret professionnel un véritable sacerdoce».
justin@lequotidien.sn

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