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Tous les rêves ne se ressemblent pas, surtout les rêves des artistes…
Kalidou Kassé est un «artiste fondamental» dont l’exposition magistrale s’est ouverte au Musée des civilisations noires (Mcn) le 27 novembre 2020.
La banderole de l’exposition qui a été déployée sur la façade principale du Musée des civilisations noires a été placée, en hauteur, à côté de celle de George Floyd que l’artiste fondamental avait également immortalisé sur une affiche créée au Monument de la renaissance africaine (Mra) : c’était hier lorsque l’Amérique et le monde ont tremblé de honte et se sont révoltés…
Kalidou Kassé a soutenu et défendu la cause de George Floyd : il est toujours, en tant qu’artiste, mais aussi en tant qu’homme, là où la résistance s’organise…
Le président du Comité scientifique de l’exposition, l’Administrateur général du Monument de la renaissance africaine, le Pr Abdoulaye Racine Senghor, a su marquer également de son «cœur artistique» cette grande et belle exposition.
L’artiste qui est né à Diourbel a retracé, durant le vernissage, lorsque la parole lui a été donnée, son parcours et il nous a parlé de son enfance, de sa mère «aux doigts agiles» et de son père, homme élégant, «l’homme au béret», béret qu’il a décidé, comme son père, de porter depuis plusieurs années…
Le béret de l’artiste le relie à son «royaume d’enfance», Diourbel, et il n’a rien oublié de ses rêves d’enfant qu’il sait nous faire partager dans les œuvres qu’il réalise.
Diourbel c’était aussi les baobabs, c’était «le baobab qui marche», c’était «les trois âmes», c’était hier…
Le «cycle de quarante ans» de production artistique, étrangement, coïncide avec le «cycle de quarante ans» de vie professionnelle dans le pétrole, des quatre ingénieurs pétroliers qui ont assisté au vernissage de cette exposition fabuleuse ; cette coïncidence qui nous renvoie à la chimie et à l’œuvre que l’artiste a réalisée pour l’Iressef (Diam Niadio), dirigé par le Pr Souleymane Mboup, nous a conduit à évoquer, dans ce texte écrit pour lui, «le chant des molécules»…
Le Pr Souleymane Mboup, qui vient d’être distingué au plan international et dont une bactérie – mboupella massilenssis – portera désormais le nom, était présent également au vernissage : tous les signes «moléculaires» étaient présents …
Kalidou Kassé ou le chant des molécules : l’exposition des œuvres de l’artiste est belle comme une molécule, pour utiliser la «formule de transmutation» de Isidore Ducasse, Comte de Lautréamont.
Parler de molécule à propos d’une œuvre de l’artiste que l’on trouvera exposée au Musée des civilisations noires, c’est inviter les visiteurs à entrer dans le «domaine intérieur», le «nouveau monde» peint par l’artiste Kalidou Kassé est un monde «bleu et noir» qu’il faut aller chercher très loin et que seules, peut-être, les «technologies avancées» permettent d’explorer…
Le «cycle de quarante ans» de production artistique est un «cycle long» composé de cycles à durée moins longue qui ont caractérisé le travail de cet immense artiste international : cycle 1, cycle 2, cycle 3, cycle 4 ; les «cycles» de Kalidou Kassé ressemblent aux cycles du sommeil et l’on reconnaît dans les œuvres produites «le cycle du sommeil paradoxal» qui est souvent confondu à celui du rêve…
Tous les rêves ne se ressemblent pas, surtout ceux des artistes…
«Les hommes éveillés n’ont qu’un seul monde, mais les hommes endormis ont chacun leur monde…» (Héraclite d’Ephèse).
Lorsque l’artiste Kalidou Kassé peint, il peint des «rêves» venus de son enfance, venus de la vie des autres, de sa mère, de ses amis, du pays qu’il aime, le Sénégal…
Kalidou Kassé aime le soleil, les baobabs et le fil…
Le «fil» parce qu’il l’a évolué à la Manufacture des arts décoratifs de Thiès (Msad) où le «fil» est roi…
Dans les œuvres accrochées aux cimaises, le soleil, les baobabs et «le fil» sont présents avec leurs marques distinctives : la lumière, l’architecture végétale, le fil de l’homme qui tisse, le pagne tissé, et surtout la «navette» dans son mouvement composé de deux temps : le temps de l’artiste et celui du monde…
Des haltes nombreuses ont été nécessaires, au long du parcours de cette exposition, car les titres choisis par l’artiste pour faire «exister» ses œuvres ouvrent des portes sur d’autres mondes…
Citons, avec la permission de l’artiste, quelques titres : «Tisser le futur», «Au fil du temps», «Le fil est un lien», «Voyage du soleil», «Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous»…
Le constat est général : émerveillement devant les œuvres du grand artiste Kalidou Kassé.
Les critiques d’art diront ce que le nouveau cycle de création de l’artiste leur inspire et quel(s) message(s) nouveau(x) porte l’artiste en direction du Sénégal, de l’Afrique et du monde.
Le cycle de création qui s’est ouvert comme s’ouvrent tous les matins du monde est celui qui correspond à une nouvelle «esthétique» de l’artiste ; il faut le découvrir vite, car il est impressionnant de beauté pure, de «mesures», de ta­lent…
Kalidou Kassé est passé, je le crois, «de l’autre côté du miroir…» comme je l’ai dit au Pr El Hadji Malick Ndiaye, Commissaire de l’exposition.
Il y a dans la nouvelle démarche picturale de l’artiste comme un «renversement pictural» qui confine véritablement à un «renversement de lumière»…
Kalidou Kassé est mon ami depuis trente ans, il est l’ami de la famille et il sait qu’il est aussi, depuis 2014, «un fils de Manouche», un «MIM»…
«Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous» : le rendez-vous des MIM a eu lieu le 6 septembre 2019…
Le rendez-vous avec «l’artiste fondamental», Kalidou Kassé, a eu lieu le 28 novembre 2020 (le lendemain du vernissage) au Musée des civilisations noires (Mcn) et il va durer – hâtez-vous – jusqu’au 28 décembre 2020.
Tous les rêves ne se ressemblent pas, surtout ceux de «l’artiste fondamental», Kalidou Kassé : «Gis gis bu bees»…
Salve Magister…
Jean Michel SECK

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