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Assez sévère avec l’actuelle gouvernance politique de son pays, le candidat à la Présidentielle récuse pourtant la suggestion qu’il serait le représentant de la communauté négro-mauritanienne aux prochaines joutes. Il estime au contraire que son programme de gouvernement est inclusif et ne laisse aucun Mauritanien au bord de la route. Néanmoins, cela passe, pour lui, par une véritable réconciliation nationale, au regard des problèmes ethniques dont le pays a eu à souffrir

Vous êtes candidat à l’élection présidentielle de la République de Mauritanie. Quelles sont les motivations d’une telle candidature ?
La principale motivation est d’enraciner la démocratie, mais c’est aussi de régler les problèmes qui sont liés à l’identité nationale. La Mauritanie est un pays multinational, mais qui n’assume pas son statut d’Etat multinational, en ce sens que nous sommes dans un pays où les relations entre l’Etat et la communauté négro-africaine ont été particulièrement difficiles, surtout lorsqu’on se souvient des évènements de 1989, 90 et 91. Je dirais même, depuis 1986, ou même l’indépendance du pays. Ces relations se sont aggravées durant les trois dernières décennies. Et nous traînons encore comme un boulet à nos pieds les conséquences des violations massives des droits de l’Homme. Nous traînons également les conséquences de l’évolution de l’Etat vers une posture mono ethnique, dans un contexte multinational. Et cela fait objectivement que l’Etat mauritanien devient un Etat raciste. Alors, il y va de la paix civile, du développement du pays, et également de l’enracinement de la démocratie, dans la mesure où nous avons des composantes majeures qui sont exclues, qui sont marginalisées. Je pense bien sûr à la communauté négro-africaine qui est en train d’être écrémée aussi bien au niveau du commandement de l’Armée que des institutions majeures de l’Etat, particulièrement des institutions à mandats. Il y a aussi la composante harratine elle-même, c’est-à-dire les descendants d’esclaves. Ils restent marginalisés et souffrent d’une oppression que je qualifierais d’historique. Pour toutes ces raisons, je suis, comme qui dirait, le candidat de la rupture, le candidat de la refondation. C’est d’ailleurs le nom porté par mon parti, le Mouvement pour la refondation.
Ma candidature a pour autre objet de réaliser l’unité nationale sur la base d’un certain consensus sur les questions culturelles, celles d’éducation. Nous défendons par exemple l’officialisation des langues nationales, parce que nous pensons qu’un pays doit assumer tout son héritage. Nous sommes en faveur d’une solution aux problèmes liés à la cohabitation, au partage du pouvoir, au partage des richesses. Dans un contexte où on n’aura pas d’exclusion de telle ou telle communauté dans notre programme, mais plutôt d’intégration de différentes communautés, pour qu’il soit bon de vivre en Mauritanie ; d’où le nom de notre coalition, «Vivre ensemble».

On peut justement avoir l’impression que vous développez un discours d’exclusion vis-à-vis des autres communautés. Le fait de vous recentrer de manière presqu’exclusive sur la communauté négro-mauritanienne ne constituerait-il pas un handicap pour votre candidature ?
La coalition «Vivre ensemble» a d’emblée annoncé la couleur en annonçant que nous invitons tous ceux qui partagent nos valeurs dans la coalition. Il n’y a pas d’exclusion d’une communauté quelconque. D’abord, nous avons toutes les communautés dans nos partis, même si elles peuvent être minoritaires. Mais ce sont les conditions historiques du développement de la Mauritanie qui font que quand le leadership est Arabe ou Négro-africain, il y a une tendance pour que la base militante soit également d’obédience arabe ou négro-africaine. Mais nous avons dit que nous ouvrons largement nos bras à tous ceux qui partagent nos préoccupations. Il se trouve tout simplement que des communautés ont été victimes en tant que telles en Mauritanie. Il est normal que lorsqu’une communauté a été victime en tant que telle, elle réagisse de façon à sauvegarder ses propres intérêts. Mais encore une fois, la coalition «Vivre ensemble» est ouverte. Et d’ailleurs, nous sommes en négociations avec d’autres partis d’obédience arabe, harratine, etc. pour qu’ils viennent intégrer la coalition. Mais il faut toujours un début. Et puis, on part au marché avec ce que l’on a dans sa poche, pas ce qui est dans la poche des autres.

N’avez-vous pas le sentiment que le discours que vous tenez puisse faire de vous l’adversaire des autres communautés, autres que les Négro-mauritaniens ?
Il n’y a pas de problème dans notre discours par rapport aux autres communautés. Nous parlons de l’Etat mauritanien, disant que l’Etat est raciste. Mais nous ne disons pas que les autres populations, maures et autres sont racistes. Ce n’est pas cela le problème. Quand on parle d’Etat, on parle d’institutions, des pratiques, de cultures… Et lorsqu’on observe ces différents facteurs, ils fonctionnent à l’exclusion. Nous n’avons aucun problème avec la communauté maure en tant que telle. Et parallèlement, je suis celui que l’on peut le moins accuser d’être anti-Maure ou anti Arabe.

Aujourd’hui, la situation politique en Mauritanie semble indiquer une certaine amélioration, notamment dans les conditions des populations négro-mauritaniennes. Ne partagez-vous pas ce sentiment ?
Peut-être que vous avez des indicateurs que je n’ai pas. Mais ce que je constate, c’est que l’exclusion tend plutôt à devenir structurelle. Pourquoi de conjoncturelle elle passe à ce stade-là ? Je vous donnerai des exemples assez précis. Regardez la question de ce que l’on appelle le passif humanitaire ! Il y a eu plus de 500 militaires négro-africains qui ont été exécutés durant ces années noires. Plus de 3 000 à 4 000 qui ont été chassés de l’Armée. Une politique intelligente aurait consisté à mettre en œuvre des mesures de rattrapage pour réintégrer au moins – on ne va jamais ramener les morts, mais pour réinjecter dans l’Armée des militaires recrutés dans les communautés qui avaient été victimes – tel n’a pas été le cas. Cela explique pourquoi aujourd’hui, quand vous vous regardez la quarantaine de généraux du commandement militaire, il n’y a aucun Négro-africain.

Pour résorber ce passif humanitaire, comment pensez-vous pouvoir gérer les dossiers de ces victimes que vous déplorez ?
Je reviendrai sur ce point, mais je voudrais prolonger un peu sur les exemples dont je vous parlais tout à l’heure, puisque vous dites que la situation s’est améliorée. Quand on regarde le secteur économique, notamment bancaire, vous voyez aussi un système d’écrémage. Les Négro-mauritaniens sont dans le management des institutions bancaires, mais jamais dans le capital. Même la grande majorité de la population qui vit de la terre dans la vallée du fleuve est victime d’expropriations. Cela fait partie des pratiques instaurées par les administrateurs qui, ma foi, violent d’ailleurs la loi.

Avez-vous une crainte pour l’unité nationale en Mauritanie au moment où vous parlez ?
Bien sûr ! L’unité nationale conditionne la paix civile en Mauritanie, elle conditionne le développement et même la démocratie elle-même. Sur la question du passif humanitaire, quelques actions avaient été prises en 2012, visant à organiser une prière à Kaédi, à la mémoire de l’Absent. C’était sans doute une bonne chose, mais elle n’a pas été suivie de beaucoup d’actions. Et il faut aussi écouter les victimes et les ayants droit. Or, qu’est-ce qu’ils disent ? Ils réclament la mise en œuvre de 4 devoirs. Le devoir de vérité, le devoir de justice, le devoir de réparation et le devoir de mémoire. Sur ces 4, on constate que le devoir de vérité n’a jamais été mis en œuvre, pas plus que le devoir de justice. Et le devoir de mémoire est bien timoré. Une loi a été prise, mais elle n’a pas été mise à exécution. Donc, je pense qu’il faut d’abord comprendre que c’est un problème national et non celui d’une communauté. Et si c’est un problème national, il faut le traiter comme tel. Moi, j’ai dit que j’organiserai des Assises nationales qui vont traiter des différents sujets, dont bien sûr celui du passif national. Et nous mettrons les victimes et les ayants droit au centre de toute négociation. Bien évidemment, il faut préparer aussi le grand pardon parce qu’il ne se décrète pas, il se construit, se conquiert. Mon objectif est de soigner cette plaie pour qu’on puisse regarder définitivement vers l’avenir.

Il y a l’humanitaire, mais il y a aussi des questions économiques. Quel programme économique pouvez-vous envisager pour mettre à niveau la communauté négro-africaine qui semble aujourd’hui laissée-pour-compte ?
D’abord, je dirais que ce qui est bon pour la communauté négro-africaine en termes économiques est bon pour l’ensemble du pays. Parmi ces questions, l’une de mes priorités est l’alimentation. La Mauritanie importe 70% de ce qu’elle mange. Il faut renverser cette tendance. Cela veut dire qu’il faut investir dans l’agriculture. Nous pensons que les ressources formidables qui pourront venir du gaz, par exemple, pourraient être investies dans le développement agricole, pour faire en sorte que la Vallée, dans laquelle nous avons un potentiel de 140 mille ha, puisse nourrir enfin les Mauritaniens. Et cela est possible. On a la terre, l’eau, le reste c’est une question de moyens techniques, et on peut les avoir. L’autre aspect, c’est le développement de certains pôles. Il n’est pas normal que la Mauritanie, depuis les années 1940, quand on a lancé ce que l’on appelait à l’époque la Miferma, qui est devenue la Snim, ne fasse que produire la matière brute, à savoir le fer. Il faut passer à une seconde étape. Cela demande de l’énergie, ce qui est possible, grâce (au barrage de) Manantali et d’autres sources d’énergie. Et notre programme est de mettre en place des pôles en tenant compte des dotations factorielles des régions. Il y a des régions qui ont des vocations manifestes, comme la Vallée, d’autres ont une vocation pastorale, comme le Centre et l’Est. Et d’autres également ont une vocation minière. Encore que toutes les régions de la Mauritanie sont devenues des régions à vocation minière. Tantôt c’est le phosphate dans le Sud, ou c’est le fer dans le Nord, parfois c’est l’or dans le centre, etc. Tout cela, je pense, demande une politique industrielle qui fait défaut. Et en même temps, il faudra régler les équilibres macro-économiques. Nous savons que la dette mauritanienne sera un lourd handicap pour nous. Elle a dépassé les 100% du Pib. Il y a une dette dormante du Koweït qui, ajoutée à la dette actuelle, nous fera atteindre les 125% du Pib, ce qui pèsera pour les années à venir. Nous espérons seulement que, grâce aux formidables ressources qui viendront du gaz, on pourra résorber en grande partie ce déficit et s’attaquer au difficile problème du chômage, notamment au chômage des jeunes. Mais tout est lié. L’un des problèmes auxquels nous sommes confrontés est la question des ressources humaines. Or, quand vous avez un système éducatif qui produit à peine 10 ou 15% de bacheliers par an, cela en dit long sur son échec. Je ne parle pas des structures de santé. Vous avez même le sentiment que le Mauritanien, quand il entre dans les structures de santé, a plus peur de la structure que de la maladie elle-même, tant l’état des urgences pose problème. Sur tout cela, nous avons un programme d’ensemble, qui touche aux priorités, à savoir l’alimentation, l’éducation, la santé, les infrastructures, ainsi que la gouvernance politique au sens large.

Votre candidature passe comme étant celle des Négro-mauritaniens…
Je récuse cela. Je suis le candidat des Mauritaniens, pas celui d’une communauté. Maintenant, la candidature est d’inspiration négro-africaine, indiscutablement, mais c’est aussi parce qu’ils ont des problèmes spécifiques qui n’ont pas été réglés. On peut donc comprendre qu’ils puissent susciter une candidature. Mais je ne suis pas dans une dynamique communautaire, je suis dans une dynamique de principe. Et je pense être suffisamment connu pour cela. Mais je ne vois pas pourquoi on me pose cette question. Le candidat du pouvoir par exemple, je n’ai pas vu un parti d’obédience négro-africaine qui le soutient. On aurait pu lui poser cette question, ainsi qu’aux autres candidats également.

L’opposition avait cherché à asseoir une candidature unitaire face au candidat du pouvoir, voire même à générer une candidature unique. Vous n’aviez pas semblé souscrire à une telle logique. Pour quelles raisons ?
D’abord, l’opposition avait cherché une candidature unique alors que nous n’avions pas de programme commun. Je connais des pays qui ont un programme commun et qui n’arrivent pas à avoir une candidature unique. Mais je ne connais pas de pays où l’on trouve une candidature unique alors qu’on n’a même pas de programme commun. De plus, je ne pense pas qu’une candidature unique soit opportune ou efficace. Cela, pour une raison simple, que nous ne sommes pas dans une société homogène. Or, une candidature unique serait supportée par des épaules très peu larges, donc, par une seule tête. Ce qui, en fait, étoufferait la candidature unique. J’étais partisan d’une candidature unifiée, en ce sens qu’il fallait rationaliser les candidatures, en avoir 3 ou 4. Aujourd’hui, la configuration que nous avons est la meilleure, par rapport au candidat du pouvoir, avec 4 candidatures qui se réclament de l’opposition et ont toutes une base sociologique assez forte. Ce qui nous permettrait d’avoir un deuxième tour qui nous paraît inévitable, et de nous retrouver pour gagner la Présidentielle.

Avez-vous vraiment foi au processus électoral en cours ?
C’est difficile à dire, eu égard à l’expérience que nous avons vécue. Mais nous travaillons à ce qu’il y ait plus de transparence. Nous sommes en négociations avec le pouvoir, nous allons entrer dans la Ceni en tant qu’opposition. Nous aurons certainement plus de visibilité, mais jusque-là la Ceni, qui organise les élections, n’était pas à nos yeux un organe transparent, parce qu’il n’y avait que le représentant du pouvoir. Dans quelques semaines, je pourrai répondre à cette question, parce que nous sommes encore dans des négociations qui n’ont pas encore abouti.

Quels sont les atouts du candidat Kane ?
Depuis que j’ai annoncé ma candidature il y a trois semaines environ, il y a un grand engouement. Ma candidature est celle des exclus, des marginalisés. Or, dans un système inéquitable où vous avez une majorité qui se sent exclue et marginalisée, nous avons des atouts naturels. Et nous avons un programme national pour tous les Mauritaniens. Si on veut plus de justice, davantage de démocratie dans le pays, on peut trouver son compte dans le programme que nous allons défendre.

La Mauritanie est en proie à des difficultés économiques et sociologiques, mais le pays est aussi traversé par un péril islamiste. Comment envisagez-vous gouverner le pays dans un tel contexte ?
Vous avez raison. Nous faisons face à de terribles menaces. Mais je dois préciser que la Mauritanie est un pays sunnite, dont la quasi-totalité de la population pratique le rite malékite qui est très tolérant. Maintenant, face aux menaces terroristes, je pense qu’il faut mutualiser les efforts ; il n’y a pas de solutions dans un cadre uniquement national. Il faut également faire en sorte que les raisons qui poussent les gens dans le camp du terrorisme islamiste soient atténuées. Cela passe aussi par l’école. Vous savez qu’il y a des zones d’ignorance, surtout à l’intérieur du pays, qu’il faut combattre. Ainsi que la pauvreté. Dans mon programme, il est prévu d’instaurer la zakat. Parce que je considère que dans un pays islamique, elle ne doit pas être laissée au libre arbitre. Ce n’est pas à l’individu de décider quand et à qui il veut donner. L’Etat a un rôle à jouer pour redistribuer cette zakat de manière équitable au bénéfice des pauvres, des mendiants, ou pour renforcer les écoles coraniques, etc. Cela, sous la tutelle d’un ministère de la solidarité que j’entends créer. Un tel ministère est nécessaire pour assurer un meilleur aménagement des relations entre l’Etat et les communautés certes, mais aussi entre les régions.

Vous n’êtes pas dans une logique de remettre en cause le concept actuel de République islamique…
Cela ne me pose pas de problème. Nous avons un pays à 100% musulman. Nous sommes dans un Etat confessionnel et je n’entends pas en sortir.

A voir la gestion de la question islamiste en Mauritanie, on constate qu’elle peut être moins inquiétante que dans d’autres pays…
Le gouvernement a joué un peu au chat et à la souris avec les islamistes. Il a utilisé tantôt la carotte, tantôt le bâton. Quand on voit le bloggeur qui avait été arrêté, les islamistes avait fait pression pour qu’il soit exécuté. Le gouvernement les a encouragés, avant de reculer et de libérer cet individu, mais il reste toujours porté disparu, et même sa famille ne sait pas où il est. Il faut être clair sur certaines choses, tout en respectant les libertés collectives et individuelles. Or la manière dont le gouvernement a géré la question des islamistes, probablement pour montrer à l’Occident que lui seul pourrait faire face à l’islamisme rampant, n’est pas cohérente.

La Mauritanie est aujourd’hui entre deux chaises, avec une coopération tournée vers les pays arabes et une autre vers les pays africains. Cette politique n’est-elle pas délicate ?
Il faut sortir du Ni-ni et dire «Et-et». La Mauritanie est à la fois un pays africain et arabe. Il doit donc assumer son double héritage. Je pense qu’elle gagnerait à valoriser ce qu’il y a de bon du côté du monde arabe et ce qu’il y a de bon dans l’Afrique sub-saharienne. Elle doit développer la coopération afro-arabe. C’est cela, de mon point de vue, sa vraie vocation. Maintenant, il ne faut pas que ce soit théorique. La première des choses est de réintégrer la Cedeao. L’autre aspect est de devenir un trait d’union entre l’Afrique noire et le monde arabe. Mais elle ne pourra jouer ce rôle de manière efficiente et réelle qu’à partir du moment où elle aura réglé ses problèmes internes.

Vous semblez fonder beaucoup d’espoir sur l’exploitation des hydrocarbures, notamment le gaz et le pétrole découverts en off-shore en Mauritanie. Des accords ont été signés avec le Sénégal pour une exploitation commune de ces ressources. Pensez-vous que les intérêts de la Mauritanie sont préservés dans lesdits accords, et n’avez-vous pas des appréhensions quant à des désaccords qui commencent à transparaître ?
Je pense que l’idée géniale est de vouloir mutualiser les investissements. Cela aura un impact positif sur les deux pays. Personnellement, nous n’avons pas d’appréhension par rapport à cet accord. Il est juste, parce qu’il appartient à deux Etats qui ont tout en partage. Je pense d’ailleurs que c’est un clin d’œil de l’histoire que ces découvertes aient été faites à Saint-Louis qui a été la capitale du Sénégal et de la Mauritanie. A nous tous de préserver ces acquis et de faire en sorte que ce soit un atout pour renforcer la coopération entre les deux pays. Nous partageons déjà le fleuve, et au-delà des questions traitées par l’Omvs, il faudrait que les retombées de cette exploitation puissent bénéficier aux deux pays et renforcer la coopération entre les deux populations.

Quand on regarde par le rétroviseur, les relations entre le Sénégal et la Mauritanie ont été marquées par des situations douloureuses et dramatiques. Ce passé ne risque-t-il pas de peser sur l’avenir ?
Ce que vous dites est vrai. Chaque fois que l’on a deux pays qui partagent autant de ressources, cela crée des tensions. Mais l’intelligence consiste aussi à les prévenir, et de faire en sorte que la solidarité soit celle des peuples, et pas seulement celle des Etats ou des gouvernants. Ce qui s’est passé est dramatique, mais quand on fait une analyse de cette histoire, ce que l’on avait appelé la crise sénégalo-mauritanienne fut d’abord une crise mauritano-mauritanienne. Et cela doit donner à réfléchir.

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