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L’opposition a marché hier dans la banlieue pour dénoncer les «dérives» du Président Macky Sall. Le Frn qui a fortement mobilisé a réclamé, entre autres, la libération de Khalifa Sall, le rétablissement de l’inscription de Karim Wade. Mais il a aussi déploré la pénurie d’eau à Dakar et d’autres régions.

Le Front démocratique et social de résistance nationale (Frn) a remis ça hier. Après sa marche du 13 juillet dernier sur le Boulevard Général de Gaulle, cette plateforme de l’opposition était dans les rues de la banlieue pour dénoncer les «dérives» de Macky Sall. Beaucoup de leaders dont Mansour Sy Djamil, Malick Gackou, Abdoul Mbaye, Oumar Sarr, Aïda Mbodj ont pris part à cette marche encadrée par la police. La foule nombreuse est partie de Tally Boumack au Rond-point Canada, pour arriver au terrain Amadou Barry. Dans sa déclaration, la Conférence des leaders du Frn voit en Pikine et Guédiawaye un «lieu très symbolique et populaire de la banlieue de Dakar». Et parmi la kyrielle de reproches faits au régime, il y a évidemment la question sociale comme le «cruel manque d’eau actuel à Dakar et dans de nombreuses régions». Mais surtout les questions politiques qui se posent à 6 mois de l’élection présidentielle du 24 février 2019. Les cas Karim Wade et Khalifa Sall y figurent en bonne place. «Pour la première fois dans l’histoire du Sénégal, un ministre de l’Intérieur décide de son propre chef d’enlever des listes électorales un citoyen. Ainsi, malgré la décision de la Crei et en totale contradiction avec l’Adminis­tration sénégalaise, Monsieur Aly Ngouille Ndiaye a décidé de supprimer Monsieur Karim Wade des listes électorales pour l’empêcher de porter sa candidature à la prochaine élection présidentielle», fulmine l’opposition. Sur le cas du maire de Dakar, le Frn dit : «Le tribunal de Dakar, complètement dévoué à l’Exécutif, refuse de prendre en considération l’avis de la Cour de la Cedeao relatif au non-respect des droits de la défense et du principe de présomption d’innocence dans le cadre de l’affaire Khalifa Sall. Or ce non-respect du Code de procédure pénale entraîne d’office l’annulation des décisions du Tribunal. Il faudrait alors reprendre entièrement la procédure judicaire. Malheureu­sement, le Tribunal veut aller jusqu’au bout ! Comment ne pas y voir une tentative de neutralisation de la candidature de Monsieur Khalifa Sall à l’élection présidentielle de 2019 ?»
Dans ce qu’ils qualifient de «machiavélique stratégie d’élimination de ses potentiels adversaires», Mamadou Diop Decroix et Cie continuent de dénoncer le parrainage qui est une «hérésie politique et technique» et un «danger pour la stabilité sociale du Sénégal». Ils estiment de toute façon, pour ce parrainage, qu’«aucun régime qui viendra ne pourra conserver cette curiosité législative». L’opposition accuse, en conséquence, Macky Sall et son régime d’être «déterminés à confisquer ces élections». Après ses rencontres avec des religieux et des représentations diplomatiques, le front assure qu’il ne ferme pas pour autant ses portes au président de la République.
latifmansaray@lequotidien.sn

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