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Pendant une certaine époque, la Zone des Palmiers était sous la coupe des rebelles qui favorisaient la coupe abusive de bois et la culture du cannabis. Désormais, la zone reverdit grâce au retour de la paix. Cette localité n’est plus sinistrée grâce au Programme Karoghen 2 qui occupe les populations.

La Zone des Palmiers ? Jadis zone de «non-droit», sanctuarisée par les combattants d’Atika, elle était inaccessible de 1997 à 2004. Mais le blocus a été levé après qu’un véhicule du Procas a franchi pour la première fois les frontières de la Zone des Palmiers. C’était le 16 mai 2004. Et depuis l’éclatement du conflit au sud, la coupe abusive de bois et la culture du cannabis, selon Daouda Boss Sonko, constituaient d’ailleurs les principales activités au niveau de cette contrée de la commune de Djignaky qui polarise 12 villages. Aujourd’hui, grâce aux efforts conjugués du Comité d’action pour le développement de la Zone des Palmiers (Cadp) et des partenaires espagnols, réunis autour du programme Karo­ghen, les populations ont, de l’avis du président de cette structure, réussi à rendre possible l’impossible au niveau de cette zone qui était plus gambienne que sénégalaise. «D’abord, à la faveur de ce programme, la culture du cannabis qui se pratiquait même aux abords des maisons disparaît de plus dans la zone», soutient le président du Cadp. Lequel a été choisi comme partenaire local par le Programme Karoghen et qui a également bénéficié d’un bloc maraîcher de 1,5 ha et d’un poulailler exploités par ses membres. Le Cadp joue un rôle de facilitateur entre les communautés et les partenaires, et entre le programme Karoghen 2 et les populations dans cette zone qui abrite encore des cantonnements rebelles. Son président de féliciter le Programme Karoghen 1 (PK1) et le Programme Karoghen 2 (PK2), car étant d’avis que la  douloureuse crise qui sévit en Casamance n’a pas épargné la frustration des populations casamançaises de manière générale et celles de la Zone des Palmiers de manière spécifique. Zone où les populations avaient fini de prendre conscience que la pauvreté est source d’instabilité sociale. «Aujourd’hui, c’est une satisfaction pour tout le monde, y compris les combattants, car ce programme a des retombées directes sur les populations», estime Daouda Boss Sonko. Selon lui, la mise en place de ces blocs maraîchers a fortement réduit la frustration qui a fini de gagner les populations de cette contrée du département de Bignona. Des réalisations que les populations avaient, reconnaît-il, toujours souhaitées. «Il y avait certes avant le Pk2 des blocs maraîchers, mais qui ne disposaient pas de clôture en bon état ou de puits en bon état ou puits qui étaient d’une profondeur qui accentuait la pénibilité des femmes. Avec ce nouveau programme, c’est toute une logistique avec les bassins alimentés par un système de pompage solaire qui facilite l’accès à l’eau», note-t-il. Il poursuit : «Une amélioration nette du point de vue conditions de vie au niveau des familles et sur le plan nutritionnel. Partout où le programme s’est implanté, les populations consomment des condiments qui étaient loin de leur portée.» Le programme a, en outre, réussi à fédérer les cœurs et promouvoir la paix et la solidarité inter-villageois dans ces contrées du Fogny. Toutes choses qui concourent, selon lui, à une contribution stratégique à la consolidation d’une paix durable dans le Fogny en offrant une alternative aux armes et à l’économie parallèle. Et de l’avis du président du Cadp, l’existence des blocs maraîchers a permis de regrouper davantage les populations de la Zone des Palmiers. Un regroupement et une cohésion sociale qui constituent un acte fondamental pour aller vers une paix durable. «Plus les gens se regroupent plus ils se parlent plus la méfiance qui existait entre eux diminue. Et ce regroupement va dans le sens le rapprochement des cœurs et des esprits», confesse-t-il. Et si Karoghen parvient à créer un bloc pour la Cadp qui regroupe douze villages de la Zone des Palmiers et que chaque dimanche les gens se regroupent pour travailler, partager et manger ensemble, cela est fondamental dans le cadre du processus de paix. «Et cela a un impact sur nous, car ce qui est important, c’est la stabilité, la cohésion sociale, la paix des cœurs et des esprits. Et ce bloc du Cadp est un créneau qui nous a aidés à réduire la méfiance qui existait entre nous», insiste Daouda Boss Sonko.

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