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Le village de Kharakhéna est devenu la destination privilégiée de plusieurs migrants venus de la sous-région. Si pour certains, la motivation est économique, d’autres espèrent y gagner leur vie et repartir sur de nouvelles bases.

Ils sont nombreux les ressortissants de la sous-région qu’on retrouve au site d’orpaillage traditionnel de Kharakhéna à la recherche d’une fortune incertaine et parfois risquée. Croisé dans cette localité, A. Tall (nom d’emprunt) est un jeune Burkinabè âgé de 25 ans. «Je suis venu du Burkina pour chercher de l’or. Une fois que j’obtiendrai de l’argent, je compte repartir pour construire une maison», confie-t-il. Père de deux enfants restés au pays, le jeune homme est arrivé à Kharakhéna en janvier 2017. Il ne désespère pas de toucher le jackpot un jour et de repartir pour se refaire une nouvelle vie. T. Bouraima est un jeune malien qui s’est installé à Kharakhéna depuis 4 ans pour faire aussi fortune. «C’est un ami qui m’a appelé pour me demander de venir. C’est comme ça que je suis venu à Kharakhéna. Personne ne m’a obligé à venir. J’ai payé mon billet moi-même pour venir», avoue-t-il. Avant de venir à Kharakhéna, il était au site d’orpaillage de Diyabougou, situé dans la région de Tamba­counda. Agé de 27 ans, célibataire sans enfant, il a néanmoins réussi à ramasser un peu d’argent. «La somme gagnée a été envoyée à mes parents établis au Mali», dit-il.
A l’opposé de ces quidams, attirés par l’or, B. Ouadraogo et Chantal, respectivement Burki­nabè et Togolaise, vendent leur corps en échange de quelques billets de banque.  B. Ouadraogo se confesse : «Je suis là depuis 2 ans. Je suis une professionnelle du sexe comme vous le voyez. Je fais ce travail pour nourrir ma famille restée au pays.» Pourquoi ? «J’ai besoin d’argent pour subvenir à mes besoins et nourrir ma famille. Seulement,  ce travail on ne le fait pas par gaieté de cœur. Si on n’avait une autre solution, on ne serait pas ici dans ces conditions misérables où on manque de tout. Ma famille ne sait pas où je me trouve. Sinon elle serait déjà venue me chercher.» En attendant, elle espère être atteinte de félicité en touchant beaucoup d’argent dans ce coin improbable. Elle dit : «Je veux rentrer et quitter ce lieu. Si j’ai un financement, je rentre immédiatement.» Son sourire n’a pas contaminé Chantal, assise tranquillement à l’entrée de sa hutte, jambes étalées le long d’une natte installée à même le sol.  Réticente, elle a un regard vif et menaçant.
«Qu’est-ce que vous me voulez», lance-t-elle ? «Nous voulons juste discuter avec vous Mme si vous le permettez», lui ai-je servi pour la convaincre. Etes-vous victime d’un réseau de trafic ? «Je suis là depuis 2 mois. Je suis Togolaise et je suis basée au Mali. Je suis venue de mon propre chef avec le bus. J’ai dépensé 20 000 F pour venir. Je suis là pour travailler comme tout le monde. Je suis orpheline de père et de mère. Il faut bien que je vive», détaille-t-elle. Jusqu’à une période récente, elle s’activait  dans le commerce avant de basculer dans la prostitution. «Ce sont les angoisses de la vie qui font que je suis là. Sinon je suis en règle. J’ai tous mes papiers. Je veux rentrer chez moi. Je voudrais que l’Oim m’octroie un financement pour retourner et travailler chez moi», demande-t-elle.

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