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Célébrée tous les ans le 12 mai, la Journée internationale de l’infirmière a été commémorée samedi dernier à Kédougou. Ayant pour thème : «La profession infirmière, une voix faite pour diriger. La santé est un droit humain», la Journée internationale de l’infirmière a été fêtée cette année à Kédougou par les infirmiers, la mort dans l’âme. En cause, le non-paiement des salaires des infirmiers contractuels de l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica). Ces derniers, en plus des pires conditions de travail dans lesquelles ils exercent, sont restés huit mois sans voir la couleur de leur argent.
Atterré par la situation que traversent ses camardes, Der Cissé, coordonnateur régional de l’Association des infirmiers et infirmières du Sénégal (Aniides), a profité de cette journée pour réclamer «le paiement» des salaires de ces derniers. Mieux, il a demandé à l’Etat de «procéder au recrutement» du personnel sanitaire qui se trouve au niveau local. Der Cissé est revenu, entre autres, sur l’importance de l’infirmier dans le dispositif sanitaire. Mais aussi sur le problème d’organisation auquel fait face cette corporation.
Pour mettre de l’ordre chez les infirmiers, il lance : «Nous revendiquons la création de l’ordre des infirmiers.» Une structure qui, à l’en croire, est un organe qui a pour rôle de réguler et d’orienter les infirmiers. Dans une région au relief accidenté comme Kédougou avec une forte pluviométrie, le coordonnateur de l’Aniides estime qu’il y a beaucoup de défis à relever pour permettre aux populations d’accéder à des soins de santé de qualité et abordables. A cet effet, il plaide pour l’arrêt du paiement tardif des salaires qui peut être source d’insécurité pours les agents de santé en service surtout dans des zones défavorisées, la facilitation de l’accueil et de l’hébergement du personnel sanitaire et la dotation en quantité suffisante de médicaments. Concernant ce dernier point, il trouve «anormal» que certains produits essentiels soient en rupture à Kédougou, notamment en période d’hivernage. Il arrive des périodes où trouver une plaquette de paracétamol relève de la croix et de la bannière en période de forte prévalence du paludisme à Kédougou. Mais aussi trouver un logement est un véritable casse-tête pour les agents de santé en particulier et toute personne en service à Kédougou d’une manière globale, à cause d’un loyer exorbitant et d’une vie excessivement chère. Pour Der Cissé, le logement est un autre problème qui fait que personne «n’aime rester» dans cette région, encore qu’il n’y a pas de «débouchés» ou d’«opportunités» comme dans d’autres régions de l’intérieur du pays.
msdiallo@lequotidie.sn

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