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Le Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers (Puma) a effectué une visite de terrain à Guémédié. Lors de cette sortie, des mesures importantes ont été prises pour reloger les 397 personnes victimes de déguerpissement à Diakha Madina en République de Guinée où elles vivaient depuis des décennies.

397 personnes, déguerpies du village de Diakha Madina en République de Guinée, ont retrouvé le sourire cette semaine. Ces Sénégalais qui s’étaient «inconsciemment» établis en territoire guinéen avant d’être délogés et ramenés chez eux ont été relogées à Guémédié dans la commune rurale de Médina Baffé, arrondissement de Bimbou, située dans le département de Saraya. Ils ont reçu mercredi la visite des membres du comité de pilotage du Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers (Puma), en compagnie du gouverneur de Kédougou, William Manel. L’objectif était de s’enquérir de la situation de ces déguerpis de Diakha Madina. La visite s’inscrit dans une dynamique d’engager rapidement les travaux pour répondre aux aspirations de ces nombreux Sénégalais qui ont accepté de rentrer au bercail.
La première étape de la visite a été le site de recasement installé à quelques kilomètres de village de Guémédié. Les différents services régionaux ont pu étudier les stratégies pouvant faciliter le démarrage des travaux de réinstallation de ces populations. Il s’agit du terrassement pour une installation immédiate de tous les ouvrages afin de rendre le site plus viable. En écho, le général Abou Thiam, chef d’état-major particulier du président de la République, président du comité de pilotage, a laissé entendre que «les choses doivent impérativement aller vite». Il estime qu’il faut atteindre les 10 ha  de terrassement avant le démarrage effectif des travaux. Le général Thiam avance à cet effet que «la société minière Iam Gold, chargée de ces travaux, n’a pas de temps à perdre». D’autant que l’hivernage s’annonce déjà dans cette partie du pays.
Par ailleurs, le maire de la commune de Madina Baffé, Baba Gnakhasso, a énuméré les nombreuses difficultés qui étreignent ses administrés : manque criard d’eau, d’électricité, de salles de classe, de postes de santé, d’un personnel d’encadrement etc. «Les mots me manquent pour exprimer ce que je ressens dans mon cœur», lance-t-il à la délégation pour exprimer la situation de précarité dans laquelle baignent ses populations. Par ailleurs, le chef du village n’a pas manqué de soulever ses inquiétudes par rapport à la future cohabitation entre ses populations et les nouveaux venus. Pour dissiper ses craintes, Moussa Sow, coordonnateur du Puma, soutient qu’il s’agit d’un programme «destiné aux zones frontalières» et qui sera accompagné de toutes les commodités. «Il fallait venir à Guémédié avec le comité régional de suivi du programme dans la région pour organiser une rencontre avec les populations et leur montrer que le chef de l’Etat et le gouvernement ont une pensée pour les zones  frontalières», dit M. Sow. Il poursuit : «Le Puma va réagir et faire ce qu’il faut pour que ces populations puissent disposer d’infrastructures de base.» L’Etat va y ériger un forage, un établissement scolaire, un poste de santé, mettre en place l’électricité, doter les populations de moulins pour alléger le travail de ces braves dames, des périmètres maraîchers, un poste frontalier mixte pour abriter la gendarmerie, la police, la douane et le service des Eaux et forêts. «Bref, l’Etat est prêt à réaliser des infrastructures devant accompagner un lotissement qui répond aux normes d’une cité moderne», expliquent les res­ponsables du Puma.
Il faut savoir que ce site de 10 ha va compter 71 parcelles pour 397 personnes. Soit 32 ménages à reloger.
msdiallo@lequotidien.sn

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