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Le Tribunal de grande instance de Kédougou.

La deuxième affaire jugée par la Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Kédougou a été évacuée. La Chambre criminelle a condamné à 15 ans de réclusion criminelle le sieur Abdoulaye Ouédraogo, reconnu coupable de l’assassinat de son ami Djigui Bakayoko.

De nationalité burkinabè, Abdoulaye Ouédraogo, arrêté pour le délit d’assassinat sur le Malien Djigui Bakayoko, a finalement été condamné à 15 ans de réclusion criminelle pour le délit de meurtre par la Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Kédougou. Les faits remontent à 2018 dans le village de karakhena, site d’orpaillage situé dans le département de Saraya où l’accusé avait asséné un coup mortel à la gorge de son ami à l’aide d’un tesson de bouteille.
Ouédraogo servit Djigui Bakayoko qui demanda à son tour de servir son compagnon. Il s’ensuivit une altercation entre les deux amis de longue date. Djigui Bakayoko aurait donné un violent coup de poing à son ami Abdoulaye Ouédraogo. Les gens qui étaient sur place ont essayé de calmer les esprits en séparant les deux protagonistes. A la surprise générale, Abdoulaye Oué­draogo est revenu quelque temps après, armé d’un tesson de bouteille, pour trancher la gorge de son ami. Le choc a été tellement brutal que Djigui Bakayoko a perdu aussitôt connaissance, giclant dans une mare de sang. Son décès sera constaté plus tard. Après avoir commis l’acte ignoble, Abdoulaye Ouédraogo a pris la fuite.
Interpellé à la barre, les larmes aux yeux, Abdoulaye Ouédraogo a retracé le film de la scène horrible. Il a reconnu les faits qui lui sont reprochés en précisant qu’il était en ce moment en état d’ébriété. Un état d’ivresse que la dame, témoin oculaire des faits, a nié en bloc : «Ce jour-là, Abdoulaye Ouédraogo n’était pas ivre. Ils se sont battus une première fois, nous les avons séparés. Il est sorti quelques instants pour revenir s’attaquer à Djigui Bakayoko. Le pire s’est vite produit. Nous avons essayé de ranimer Djigui Bakayoko en lui versant de l’eau, c’était trop tard.»
Au regard de ses témoignages et des contenus des enquêtes préliminaires, le parquetier Alphonse Ndame Faye a apporté des précisions. «Le meurtre renvoie à un premier interdit. Toutes les religions et toutes les législations utilisent les peines les plus sévères pour punir un meurtre. Pour une simple altercation dans un bar clandestin, comment se fait-il que Abdoulaye Ouédraogo puisse porter un coup mortel sur son ami Djigui Bakayoko ?», s’est interrogé le représentant du ministère public. Qui indiquera : «Le certificat de genre de mort a montré qu’il a sectionné de gros vaisseaux sanguins. Le tesson de bouteille est une arme redoutable. Abdoulaye Ouédraogo a essayé de se déculpabiliser en mettant en avant son état d’ébriété, mais la tenancière du bar a apporté un démenti. Ils n’avaient pas fini de consommer la bouteille de vin de palme». «Tout meurtre commis avec préméditation est un assassinat. Abdoulaye Ouédraogo avait mûrement préparé son plan pour tuer son ami. C’est un fait grave. Au niveau des articles L281, L282 et L289, je requiers la prison à perpétuité», a-t-il dit.
L’avocat de la défense, maître Hameth Moussa Sall, a quant à lui rejeté toute la préméditation dans les agissements de son client. Selon lui, Abdoulaye Ouédraogo a porté certes des coups mortels, mais il n’a jamais cherché à tuer son ami. Il n’a pas prémédité son acte.
Le président de la Chambre criminelle de Kédougou a finalement prononcé une peine de 15 ans de prison ferme contre le condamné Abdoulaye Oué­draogo, reconnu coupable de l’assassinat de son ami Djigui Bakayoko. Ouédraogo a 15 jours pour interjeter appel.

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