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Ils étaient 11 à la barre du Tribunal de grande instance (Tgi) de Kédougou pour association de malfaiteurs, corruption, activités minières illicites, détention et vente de substances sans autorisation et complicité d’activités minières, utilisation illicite du mercure. Le conservateur du parc Niokolo Koba et ses hommes, le chef du Service des mines de Kédougou ainsi que les Chinois risquent 2 ans ferme. Alors que les maires de Tomboronkoto, de Ninéfécha et le correspondant de Sud Fm dans la ville, qui ont obtenu une liberté provisoire, pourraient être blanchis si le juge, qui a fixé son délibéré au 4 juillet, suit le réquisitoire du Parquet.

Renvoyé en audience spéciale pour association de malfaiteurs et corruption, exploitation illicite de l’or, le procès des personnes impliquées dans le scandale du parc national de Niokolo Koba s’est tenu ce vendredi 21 juin 2019 au Tribunal de grande instance de Kédougou dans une ambiance étouffante. Les 11 prévenus, à savoir le conservateur du parc colonel Amar Fall, son adjoint le capitaine Mamadou Marone, Adama Fall, ingénieur-géologue et chef du Service des mines de Kédougou, le lieutenant Sultan Diop, détaché au parc national, Koussi Kwabena, Ghanéen et gérant de l’entreprise sous-traitante de Gold coast, les Chinois Wang Hung Deng et Ken Den, n’avaient pas la même mine à la fin du réquisitoire du Parquet.
Cette affaire qui a plongé Kédougou dans l’embarras est partie d’une dénonciation d’une exploitation illicite de l’or dans le parc national de Niokolo Koba. Saisie pour l’ouverture d’une enquête, la compagnie de la gendarmerie de Kédougou s’emballe. Interrogé, Sultan Diop passe aux aveux en reconnaissant avoir aidé les Chinois à s’installer dans le parc pour mener «les activités minières illicites». Le procureur a requis 2 ans de prison ferme contre lui. «Sultan est un des lieutenants du parc, muté en 2018, qui a décidé de se reconvertir dans les affaires dans le parc», appuie le ministère public. Les enregistrements audio où on l’entend demander de l’argent à Serigne Mbaye, gérant de l’entreprise Eems, qui exploitait de l’or dans un village de Kérékonko, à 350 m hors parc, afin de le remettre au conservateur du parc, le confondent. Au total, c’est une somme de 2,250 millions F Cfa que Serigne Mbaye a remise à Amar Fall par le biais de Sultan Diop. Lui-même n’a pas nié avoir reçu cet argent.

Liberté provisoire pour Boubacar Tamba, les maires de Tomboronkoto et de Ninéfécha.
Quid de l’implication Serigne Mbaye ? Le procureur n’a pas pu établir un quelconque acte de corruption à son endroit. D’après le Parquet, il avait un permis d’exploitation légal. Quant au colonel Amar Fall, conservateur du parc national Niokolo Koba, le procureur a requis 2 ans de prison ferme pour association de malfaiteurs, corruption et complicité d’activités minières illicites dans le parc. Il lui aussi reproché d’avoir reçu 500 mille francs de la part de Serigne Mbaye par l’entraide du lieutenant Sultan Diop comme un soutien au défilé du 4 avril. Le Parquet l’a tancé de n’avoir pas pris aussitôt des mesures pour déguerpir les Chinois dès l’instant qu’il a appris leur présence dans le parc. Dans l’enregistrement, on l’a attendu donner un ultimatum de 2 jours aux Chinois pour qu’ils quittent les lieux. Pour Adama Diop, ingénieur-géologue et chef du Service des mines de Kédougou, le procureur a demandé qu’il soit condamné à 2 ans de prison pour association de malfaiteurs et corruption. Il a reconnu avoir reçu un transfert de 600 mille et 25 mille francs en 2016 alors qu’il était à Dakar. Le capitaine Mamadou Marone, adjoint au conservateur du parc national Niokolo Koba, est poursuivi pour association de malfaiteurs, corruption et complicité d’activités minières dans le parc. Il risque aussi 2 ans de détention. Et il a reconnu que Sultan Diop lui a proposé 3 millions F Cfa lors d’un appel téléphonique à propos de la présence des Chinois dans le parc. Alors que le Ghanéen Koussi Kwabena et les Chinois Wang Hung Deng et Ken Den, poursuivis pour association de malfaiteurs, exploitation illicite de l’or dans le parc, détention et vente de substance minérale sans autorisation, utilisation illicite des produits toxiques dans le parc, pourraient se retrouver avec 2 ans de prison.
Par ailleurs, le procureur a requis la relaxe de Boubacar Dembo Tamba, correspondant de Sud Fm, le maire de Tomboronkoto Nfaly Camara, et de Dondo Camara, maire de Ninéfécha. Lesquels ont finalement obtenu une liberté provisoire. Le délibéré de cette affaire à tiroirs est fixé au 4 juillet 2019.
Correspondant

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