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M. Diakité revenant sur les circonstances de la noyade de son fils.

«Nous souhaiterions que les mesures qui seront prises dans le sens de l’amélioration des conditions de stage à la fois pour les encadreurs que pour les étudiants portent le nom de Mouhamadou Fodé Kaba Diakité.» C’est la déclaration faite mercredi passé par Dembo Diakité, chef de la Division de la promotion de la culture scientifique au ministère de l’Ensei­gnement supérieur, pour qui la mort de son fils ne doit pas être «vaine». Il est le père du défunt étudiant de l’Institut des sciences de la terre (Ist) de l’Uni­versité Cheikh Anta Diop de Dakar qui s’est noyé dimanche 7 mai à Mako sur le fleuve Gambie. Agé seulement de 21 ans, Mohamed Diakité était en troisième année d’études.
Sur le drame, le scientifique lance : «C’est une tragédie qui doit être un creuset de ré­flexions» pour jeter de nouvelles bases en nous donnant toutes les chances que cela «n’arrive plus jamais». Ces propos ont été tenus mercredi passé à Mako où le papa de Mouhamadou Fodé Kaba Diakité s’était rendu sur le lieu du drame pour comprendre la façon dont son fils a pu se noyer.
Prof de sciences physiques, Dembo Diakité n’a pas hésité à se jeter dans le fleuve pour prospecter les lieux et s’expliquer le décès de son enfant. Dans l’eau, il lance : «Je comprends pourquoi on peut se noyer à cet endroit.» Et M. Diakité de poursuivre : «Il y a de la boue. Lorsqu’on s’arrête, les pentes sont abruptes et quelquefois on ne s’en rend pas compte. Il s’y ajoute que le sol n’est pas très stable. On peut s’enfoncer et avoir des difficultés à retirer son pied.» En plus de cela, il y a du courant. Ce qui ne rend pas la tâche facile à quelqu’un qui ne sait pas nager comme ce fut le cas de son défunt enfant. Toutefois, pour parer à pareille situation, Dembo Diakité exhorte les autorités à mettre en place une ceinture de sécurité interdisant toute baignade dans cette zone car, dit-il, l’endroit est «dangereux et on peut se noyer, qu’on soit bon nageur ou pas».
Sur le lieu du drame, le père du défunt n’était pas seul. Il y avait les enseignants de l’école élémentaire et du Cem de Mako et des professeurs du département de Géologie de l’Ucad. Les uns et les autres avaient une mine d’enterrement. Gagné par la tristesse et l’émotion, l’on pleure sans s’en rendre compte, tellement l’endroit est piteux et si innocent dans un calme total.

«Je l’ai cherché dans l’eau pendant plus de 15 mn»
Ignace Bindia, élève en classe de troisième au collège de Mako, avait tenté de sauver le malheureux étudiant. Il explique : «Le drame s’est produit le matin. C’est ma sœur qui était là pour laver ses habits qui est venue m’informer. Il y avait la panique. Les gens criaient de partout.» Le jeune Bindia poursuit sa narration : «Lorsque je suis arrivé sur le lieu, je n’ai pas perdu du temps. Je me suis jeté dans le fleuve pour le rechercher dans l’eau trouble. J’ai fait plus de 15 mn en train de le chercher, en vain.» Par la suite, expliquent les témoins des faits, ils ont fait appel aux pêcheurs, notamment les «Thiouballo» qui ont pu indiquer là où se trouvait le jeune étudiant. Au sortir de l’eau, témoigne Ignace Bindia, «son corps était chaud».
Au niveau de la base de Mako où les étudiants et les professeurs ont l’habitude de camper lors de leurs différentes sorties, le campement ne dispose que d’une latrine que se partagent enseignants et étudiants. A défaut, il faut faire plusieurs mètres pour se rendre à l’école élémentaire pour utiliser les toilettes des jeunes élèves. En plus, il s’y ajoute le manque d’eau auquel étudiants et professeurs doivent faire face durant tout le long de leur séjour.
msdiallo@lequotidien.sn

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