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Puisant dans la culture textile de son pays, le Nigérian Kenneth Izedonmwen a conquis la fashion sphère en à peine trois ans.

Si, en cette année 2019, il est passé tout près du très convoité prix Lvmh, le Nigérian Kenneth Izedonmwen peut d’ores et déjà se targuer d’avoir tapé dans l’œil du premier groupe mondial de luxe. Mais aussi d’avoir vu défiler pour sa griffe Kenneth Ize, Naomi Campbell – devenue l’une de ses plus ferventes clientes – aux côtés du jeune mannequin Alton Mason – nouvelle coqueluche de la fashion sphère – dans le cadre de Arise fashion week de Lagos, en mai. Autre coup d’éclat : son compatriote, le chanteur Burna Boy qui, pour sa prestation au festival californien Coachella en avril, avait opté pour l’une de ses créations, une pièce de sa collection printemps-été 2019. Sans parler de son travail mis en avant par Vogue.

L’aso oke revisité
La signature de ce natif de Lagos de 29 ans, diplômé de l’Université des arts appliqués de Vienne, où il a grandi, est l’aso oke. Un pagne tissé yorouba, reconnaissable à ses rayures colorées, que Kenneth Ize revisite à travers des coupes contemporaines agrémentées de détails créatifs pour les moins originaux. «Je me souviens très clairement, quand j’étais plus petit, de ma mère qui portait, en guise de gele (foulard de tête noué typiquement nigérian), son aso oke à l’occasion d’une fête organisée par sa meilleure amie. C’était une très belle pièce en noir, gris et orange», confiait le créateur – désormais établi dans son pays natal – à Vogue World, en février. Et comme nombre de ses pairs au Nigeria, lui aussi joue sur le trouble des genres alors même que sa griffe est estampillée masculine. Si bien que 70% de sa clientèle est féminine. Place donc aux couleurs vives (le rose en tête) et aux larges échancrures, tant au niveau du col qu’à celui de la taille. Quant aux pantalons, c’est la même histoire : on déstructure les ourlets et on ouvre grand. Celui qui travaille avec quatre tisseurs et bon nombre d’artisans de son pays natal entend «perpétuer la longue tradition de l’artisanat, l’inscrire dans le luxe, en fusionnant l’esthétique du design contemporain avec pratiques et savoir-faire locaux». Pour lui, c’est en explorant les cultures africaines existantes que l’on inspirera les traditions de demain. La marque à laquelle il a donné son nom, il l’a créée en juillet 2016 avec une première collection présentée à la Lagos fashion & design week. Trois ans et six collections plus tard, sa griffe, née dans le cadre d’un projet universitaire, vaut à Kenneth Izedonmwen de figurer cette année sur la prestigieuse liste BoF 500, éditée par le magazine Business of Fashion. Tout récemment, il s’est associé à la maison viennoise Petz pour la création de portefeuilles en cuir, exclusivement disponibles au sein du concept-store de luxe Alara, à Lagos, qui distribue sa marque. Parmi les autres endroits où est présent Kenneth Ize : Londres (Machine-A), Vienne (Park Concept Store) et Tokyo (Idea by Sosu).

Jeune Afrique

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