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La séance préliminaire organisée à Keur Massar jeudi dernier, en prélude à l’organisation du Bukut, l’entrée des futurs initiés au bois sacré, a été une occasion pour Mandégane, village de la Casamance hôte de l’événement, d’étaler sa richesse culturelle. Pour le Bukut prévu en août prochain en Casa­mance, les ressortissants de Mandé­gane lancent un appel à l’aide aux autorités de tous bords.

bukut20170525_170349Le village de Mandégane prépare activement le Bukut, l’entrée des futurs initiés au bois sacré, cette année. Jeudi après-midi, c’est une marée humaine qui a pris part à la séance de danse organisée à Keur Massar en prélude à l’événement. Aucun ressortissant du village à Dakar n’a voulu rater le rendez-vous sous quel­que prétexte que ce soit. Ils sont venus des coins et recoins de la capitale et même de Mbour pour y assister. Mômes, jeunes et vieux ont partagé le terrain sablonneux  avec les femmes, tous âges confondus. Chacun y est allé de son mode d’accoutrement. Masques, gris-gris, perles… toutes les facettes d’une partie de la culture diola étaient visibles.
Sous le battement des tambours, des cris de joie, chants et claquements des instruments, on danse à tue-tête. Les minutes s’égrènent, l’ambiance augmente d’intensité. Les corps aussi s’échauffent. A l’aide de couteaux et de coupe-coupe, les uns essayent de se couper la langue tandis que d’autres tentent de se trancher le corps, sans succès. Les pouvoirs mystiques sont à la base de l’invulnérabilité de ces Casaman­çais, confie Idrissa Edy Bodian. Membre du comité d’organisation, El Hadji Sané avoue que «ce que nous essayons de vulgariser au-delà du Bukut, c’est la culture diola. Parce que ça c’est un aspect fondamental de l’éducation diola, de la culture diola. C’est pourquoi on fait tout pour vivifier cela pour, disons, maintenir cette culture que nous ont léguée nos parents». Selon M. Sané, l’organisation du Bukut «coûte beaucoup», car les ressortissants de Mandégane par famille entière viendront des quatre coins du monde. Et beaucoup d’invités sont attendus à cette fête traditionnelle. «Nous attendons des autorités qu’elles nous soutiennent pour la restauration, la sécurité et même pour les soins, tout ce qui peut contribuer au bon déroulement du Bukut», sollicite le vieux Sané qui renseigne que les autorités au plus haut niveau ont été déjà informées.
Lors de cette séance préliminaire, il est aussi revenu sur l’activité proprement dite. Il déclare «qu’il s’agit d’apprendre aux futurs initiés à savoir se comporter de façon responsable. Comme ça quand ils sortent du bois sacré, ils peuvent être dignes de responsabilité. On peut leur confier des responsabilités. On peut leur faire confiance. Ils sont vraiment ce qu’on peut appeler un homme dans le sens diola du terme». Sané déroule ainsi le calendrier du grand rendez-vous prévu dans moins de trois mois : «Le 29 juillet, nous allons organiser une grande séance traditionnelle où nous allons nous déplacer sur un endroit sacré. Ensuite le 30, c’est la pause et le 31 c’est notre deuxième grande manifestation au village avant le vrai Bukut qui va avoir lieu dans les 5, 6 premiers jours du mois d’août».
msakine@lequotidien.sn

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