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La hantise des inondations gagne les populations des Parcelles Assainies de Keur Massar Rufisque 1. Elles se plaignent de l’absence de canalisation pour évacuer les eaux pluviales. Et accusent la Sn-Hlm de leur avoir «vendu» des maisons qui ne sont pas conformes au Code de l’urbanisme.

La psychose d’une catastrophe imminente continue de hanter l’esprit des habitants de toutes les unités des Parcelles Assainies de Keur Massar Rufisque 1, à cause de l’absence de canalisation pour l’évacuation des eaux pluviales, à un mois l’hivernage. Misère des inondations tatouée sur leur visage, ils se sont réunis à la place publique de leur localité pour alerter les autorités, particulièrement la Sn-Hlm, sur la situation. Le président du Conseil de quartier, El Hadji Daouda Mbaye, soutient : «Ces parcelles qui nous ont été vendues par la Sn-Hlm ne sont pas conformes au Code de l’urbanisme.» D’après le président du Conseil de quartier, aucun programme d’assainissement n’a été exécuté et les terrains vendus sont à quelques centimètres de la nappe phréatique. «C’est la raison pour laquelle les inondations y sont permanentes. La situation des inondations demeurera indescriptible, car nous subirons les affres des inondations accompagnées de maladies et d’insécurité liée à la présence de serpents. Des familles entières vont déguerpir et une partie de nos biens sera encore détruite», regrette M. Mbaye. Ce dernier qui maîtrise la situation de sa localité pense qu’aujourd’hui la responsabilité entière incombe à la Sn-Hlm, car «au-delà de l’équation d’un défaut visible de terrassement vient s’ajouter un sérieux problème de relief. Le Plan jaxaay, comme l’indique le nom d’un oiseau qui vole très haut, culmine à plus de 17 mètres de haut par rapport au niveau de référence zéro, tandis que les Unités 6 et 3 sont à 6 m, soit une dénivellation de plus de 11 m. Toutes les eaux pluviales déversées naturellement en amont vont ruisseler de manière forte vers l’Unité 3 qui n’est autre qu’un réceptacle d’eaux, de rampants et de déchets flottants», explique-t-il.
Devant une telle situation, ces victimes supposées de la Sn-Hlm déplorent cet état de fait, amplifié par une absence totale de systèmes de drainage qui fait que les routes vont rester impraticables alors que l’attribution du marché relatif à leur réfection a été publiée. «Depuis le 8 août 2016, pour un montant de 54 millions 095 mille 033 francs Cfa, nos parcelles nous ont été vendues par la Sn-Hlm qui a violé, de manière flagrante, la loi 1973-36 du 16 juin 1973, notamment en son article 5, relatif au Programme national des Parcelles Assainies, consistant à viabiliser et urbaniser des terrains dans le but de procurer des parcelles équipées à une population qui y construira elle-même son logement», tente de convaincre le président du Conseil du quartier des Parcelles Assainies de Keur Massar Rufisque 1.

Plusieurs démarches ont été entreprises de 2012 à nos jours
Au cours de leur déclaration, le président du Conseil de quartier a fait savoir que plusieurs démarches ont été entreprises de 2012 à nos jours. «Une lettre a été adressée au ministre de l’Hydraulique et de l’assainissement par voie hiérarchique, enregistrée à la sous-préfecture des Niayes sous le n°088 du 2 août 2012 ; un mémorandum en date du 15 juin 2013, déposé dans le bureau du directeur chargé des Inondations/Mrazi suivi d’une audience à la direction technique de l’Onas pendant laquelle notre documentaire sur les inondations a été projetée et d’une autre avec la direction de la Sn-Hlm, le 10 septembre 2013». Il y a aussi «une lettre ouverte du 10 mars 2014, accompagnée du 2e procès-verbal de constat du huissier de justice, de notre documentaire, d’une pétition des populations adressée à Mme le ministre de l’Urbanisme et de l’habitat dont relève la Sn-Hlm pour signaler des manquements au Code de l’urbanisme, avec ampliation au maire de Keur Massar, au sous-préfet des Niayes, au ministre de l’Intérieur, au ministre de la Restructuration et de l’aménagement des zones inondables, au médiateur de la République, au président de l’Assemblée nationale et au président de la République», renseigne en détail M. Mbaye qui informe que le médiateur de la République a réagi en adressant une «lettre le 29 avril 2014 au Dg de la Sn-Hlm». Suffisant pour que le Conseil de quartier se réunisse le dimanche 27 mai 2018. «Il a décidé d’alerter les autorités pour le déclenchement de mesures urgentes d’accompagnement, à savoir le curage immédiat du déversoir OH3 situé à la cité Camile Basse, la mise à la disposition de 3 électropompes submersibles de 300 m3/h, l’exécution du marché Drpo n° T_Dt_029/Ppm 2016 relatif à la réfection de la route Unité 3/Uunité 4 et Unité 5/Unité 6, l’intégration immédiate de notre zone dans la phase d’urgence du Programme décennal de lutte contre les inondations, l’édification dudit projet structurant dont on nous parle depuis 5 ans sans que nous ne voyions le bout du tunnel», dit-il. A ce stade, les membres de la structure du quartier réclament un Plan Parcelles Assainies «assainies» (Plan Paa), «car les inondations sont un facteur retardateur pour l’atteinte d’une croissance économique soutenue et durable. L’urgence est d’extirper la banlieue des inondations récurrentes». «Nous osons espérer que nos préoccupations seront prises en compte et que des solutions idoines et diligentes seront apportées à ces inondations», conclut le président du Conseil de quartier.
latifmansaray@lequotidien.sn

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